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En français ! Épisode no 3435764128

Déclin français
Photo Chantal Poirier

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C’est juste une histoire de côtes levées. Mais on trouve, concentré dans cette anecdote, un résumé de toute la situation linguistique au Québec.

En fin de semaine, Le Journal nous a informés qu’un événement caritatif organisé à Montréal, le fameux RibFest, se déroulait 100 % in English only. 

Dans l’affichage, juste des « Best Ribs », « Best Sauce », « Fabulous Mac and Cheese » et « Corn Roasted ». 

Les réactions à cette nouvelle sont un parfait exemple de la soumission tranquille à l’anglais qui afflige le Québec.

IN ENGLISH ONLY

La nouvelle est publiée dans Le Journal samedi matin. En me levant, j’en prends connaissance et je partage l’info sur mes médias sociaux avec le mot « INACCEPTABLE ! » écrit en majuscule. 

Résultat, je suis inondée de commentaires de citoyens francophones qui vont de « On s’en câlisse », « Décroche ! », à « Get a life, loser », « Bin vas-y pas pis sacre nous la paix !! », en passant par « T’as pas des choses plus graves à dénoncer ? » et « On s’en fout. Les ribs étaient délicieuses ».

Ce n’est qu’un échantillon, bien sûr. Mais c’est quand même révélateur qu’une telle information, qui aurait mis le feu aux poudres dans un Québec amoureux de son français il y a seulement quelques années, soit accueillie par des haussements d’épaules en 2022.

Je vous rappelle que la Charte de la langue française prévoit que l’affichage public et la publicité commerciale doivent se faire en français. 

Je vous ai parlé de la réaction de certains francophones. Maintenant, du côté des anglos... 

La reporter de Global News Elizabeth Zogalis, qui a manifestement le quotient intellectuel d’une sauce BBQ, a gazouillé sur Twitter : « Imagine being this upset over ribs (Imaginez être aussi en colère juste à cause de côtes levées) ». Comme si c’était une controverse alimentaire ! Puis elle a ajouté : « En fait, j’ai pitié de gens comme elle. C’est de l’énergie négative et je ne voudrais pas avoir ça autour de moi ».

Je vous rassure, Madame Zogalis, je n’ai pas besoin de votre pitié. Par contre, je me demande pourquoi vous trouvez positif quand des anglophones se démènent pour défendre leurs droits, mais que c’est de la « mauvaise énergie » quand des francophones se démènent pour défendre les leurs...

L’ACCOUTUMANCE TRANQUILLE

Samedi, après avoir fait mon petit gazouillis de protestation, je me demandais pour la 3435764128e fois où étaient donc les artistes québécois pour défendre leur langue. 

Je n’ai trouvé que Pierre-Luc Brillant, acteur et musicien, qui a réagi fortement en écrivant en majuscules : « LE COMBAT POUR LE FRANÇAIS, PLUS IMPORTANT QUE JAMAIS !

Se présenter dans un événement à Rosemont et constater que l’affichage et le service se font uniquement en anglais. En 2022. À Montréal. Au Québec. Urgent d’agir ! »

Monsieur Brillant est candidat du Parti Québécois dans Rosemont pour les prochaines élections.

C’est quand même fou de se dire qu’il n’y a plus que les artistes se lançant en politique pour mobiliser les troupes autour du français.

REMONTER LA CÔTE

Pourquoi je vous parle de cette histoire de côtes levées ? Parce que ça résume :

1. l’apathie d’une partie de la population francophone ; 

2. le mépris de certains médias anglophones, et... 

3. le petit pourcentage d’artistes prêts à monter au créneau pour défendre la cause linguistique. 

Pas étonnant que le français ait... les côtes brisées.

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