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Microbrasseries: un premier permis de brassage artisanal était accordé il y a 35 ans

Microbrasseries: un premier permis de brassage artisanal était accordé il y a 35 ans
PHOTO AGENCE QMI, Geneviève Quessy

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Il y a 35 ans, la microbrasserie Le Cheval Blanc obtenait le premier permis de brassage artisanal au Québec. Depuis, toute une industrie s'est mise en place autour de la bière de microbrasserie, et l'engouement des consommateurs ne faiblit pas. 

Située sur la rue Ontario au coin de la rue Saint-Hubert, la taverne Le Cheval Blanc appartenait à la famille Catelli depuis 1940, quand Jérôme Catelli Denys en a hérité en 1981. Il a commencé par donner le droit aux femmes de pénétrer dans son bar, puis rapidement, a souhaité brasser sa propre bière afin de la servir sur place. 

«À l'époque, il n'existait que le permis industriel de brassage. J'ai entamé les démarches pour inciter le gouvernement à créer un permis artisanal de brassage de bière, comme ils étaient en train de le faire pour les producteurs de vin et de cidre. C'est pour ça que j'ai obtenu le permis artisanal 001, dès qu'il a été créé en 1987», raconte Jérôme Catelli Denys, aujourd'hui copropriétaire du Cheval Blanc avec Luc Sénécal. 

Au même moment, d'autres projets de microbrasseries étaient en branle, et le monopole quasi absolu des deux grandes brasseries, Molson, fondée en 1786, et Labatt, à LaSalle depuis 1956, tirait à sa fin. 

Deux établissements de l’Estrie, la Microbrasserie Lion d'or et la brasserie Massawippi (plus tard achetée par Unibroue), étaient déjà actives dans le créneau, mais avec un permis industriel, tandis que la Brasserie Inox obtenait le deuxième permis artisanal. Dans les années suivantes sont apparues les brasseries McAuslan (St-Ambroise, Griffon), Brasseurs GMT (Belle Gueule) et Les Brasseurs du Nord (Boréale). 

Depuis, le nombre de microbrasseries n'a cessé d'augmenter. Leur part de marché tourne autour de 15% des ventes de bière, estime Marie-Ève Myrand, directrice de l'Association des microbrasseries du Québec (AMBQ). «Aujourd'hui, on compte 307 permis de brassage en vigueur, incluant les sept grandes brasseries», indique-t-elle. 

Jérôme Catelli Denys a assisté à toute cette révolution. «J'ai finalement fondé une usine, que j'ai vendue à Brasseurs RJ en 1998, et où j'ai travaillé 19 ans comme brasseur. On brassait 100 000 hectolitres par année. Parfois les gens pensent que c'est comparable avec ce que font les grandes brasseries comme Molson, mais eux, c'est 4 millions d'hectolitres qu'ils brassent.» 

Tandis qu’encore aujourd'hui Brasseurs RJ continue à brasser la bière blanche nommée Cheval Blanc, M. Denys est revenu à une production plus artisanale, avec 1000 hectolitres de bière brassée annuellement au bar de la rue Ontario et majoritairement servie sur place. 

Pour ses 35 ans, Le Cheval Blanc de la rue Ontario lancera plusieurs cuvées spéciales en collaboration avec d'autres microbrasseries telles Lagerbräu et Bières Tamarac, l'Auberge Sutton Brouërie, ainsi que la Barberie qui fête ses 25 ans cette année. 

Vers des bières de terroir 

Dispersées dans toutes les régions, les microbrasseries québécoises sont à la recherche d'ingrédients locaux pour fabriquer leurs bières, ce qui ouvre la voie à un style de bière typiquement d’ici, selon un expert.

«La chance qu'on a au Québec, c'est la variété, soutient le biérologue Serge Noël. On va dans tous les styles de bière, tchèque, allemand, belge, et tranquillement on développe un style d'inspiration terroir québécois. C'est vraiment ça la nouvelle vague, on veut avoir des bières qui nous parlent de nous.» 

Plusieurs agriculteurs réservent déjà une partie de leurs terres à la filière de la bière. 

En 2021, 50 fermes produisaient de l'orge brassicole, selon les Producteurs de grains du Québec, tandis que selon les statistiques du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ), 41 producteurs cultivaient du houblon, l'aromate qui sert à donner son amertume à la bière.

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