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Dernier pour le financement, le PLQ forcé d'hypothéquer ses biens pour payer ses dépenses de campagne

La formation de Dominique Anglade a pris une hypothèque sur deux immeubles

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Le Parti libéral du Québec, qui peine à mobiliser les donateurs, a récemment emprunté 4,7 M$ sur ses immeubles pour payer ses dépenses de campagne, a découvert notre Bureau d’enquête. 

• À lire aussi: Autrefois rois du financement électoral, les libéraux maintenant bons derniers

La formation dirigée par Dominique Anglade a pris une hypothèque sur deux immeubles qu’elle possède à Montréal et à Québec.

Dominique Anglade, cheffe du Parti libéral du Québec.
Photo d’archives
Dominique Anglade, cheffe du Parti libéral du Québec.

Le 17 août dernier, elle a notamment emprunté 3,6 M$ à la Banque Nationale, avec pour garantie l’immeuble qui lui sert de siège social, sur la rue Queen du centre-ville de Montréal. 

Le Parti libéral du Québec vient d’hypothéquer son siège social au centre-ville de Montréal, sur la rue Queen, pour 3,6 M$.
Photo Martin Alarie
Le Parti libéral du Québec vient d’hypothéquer son siège social au centre-ville de Montréal, sur la rue Queen, pour 3,6 M$.

 Le bâtiment était auparavant libre de dettes. Le Parti libéral du Québec (PLQ) l’avait acheté pour 3 M$ comptant en 2015, après la vente de son ancien siège social de la rue Waverly pour plus de 6 M$. 

Lors de sa visite du 17 août dernier chez le notaire, le PLQ a également emprunté un peu plus de 1 M$ sur un immeuble du boulevard Wilfrid-Hamel de Québec.

Le Parti libéral du Québec a aussi hypothéquer un autre immeuble lui appartenant situé sur le boulevard Wilfrid-Hamel de Québec, pour 1,1M$.
Photo Stevens Leblanc
Le Parti libéral du Québec a aussi hypothéquer un autre immeuble lui appartenant situé sur le boulevard Wilfrid-Hamel de Québec, pour 1,1M$.

Lundi, notre Bureau d’enquête révélait que par rapport aux quatre autres grands partis, le PLQ est bon dernier en matière de financement populaire. 

Il a par exemple récolté trois fois moins que la Coalition Avenir Québec depuis le début de l’année, environ deux fois moins que le Parti Québécois et Québec solidaire, et 200 000 $ de moins que le Parti conservateur du Québec. 

Emprunter pour payer

Le PLQ a par contre l’avantage de pouvoir emprunter sur ses immeubles pour payer l’épicerie. Il est le seul des cinq principaux partis qui déclare posséder des bâtiments et des terrains. 

Julie Martel, directrice générale du PLQ, assure que la formation a présenté un plan pour tout rembourser «en moins de 6 mois».

«On devait mettre en place une facilité de paiement pour la campagne électorale [...] et on a choisi de se servir de nos bâtisses», explique-t-elle en entrevue.

Mme Martel prend «très au sérieux» la situation financière de son parti. 

«Ce que je veux, à la fin de la journée, c’est que ma cheffe ait tout ce qu’il faut pour faire la campagne qu’elle veut faire», promet-elle.

«C’est la première fois que j’entends qu’ils vont hypothéquer de l’immobilier à Montréal pour faire campagne», observe Éric Montigny, professeur de science politique à l’Université Laval.

Selon lui, le PLQ a l’avantage de pouvoir puiser dans son «vieux-gagné». 

M. Montigny rappelle qu’un parti «peut se faire refuser son accréditation officielle s’il ne rembourse pas ses dettes de campagne» en moins de 120 jours. Cet emprunt donne donc au PLQ une marge de manœuvre supplémentaire.

Réflexion pour vendre

Le PLQ ouvre même la porte à vendre ses immeubles à moyen terme, dans le contexte du télétravail postpandémie. 

«Il y aura une réflexion à avoir après la prochaine élection, explique Mme Martel. Si on vend les permanences, il va falloir se reloger.»

Moins d’argent au niveau local

  • La situation financière délicate du Parti libéral du Québec pourrait se faire sentir dans quelques associations locales, reconnaît la DG du parti.
  • «Il y a des associations qui, plutôt que d’avoir 35 000 $ ou 40 000 $, vont peut-être avoir un peu moins de sous», convient Julie Martel.
  • «Tous nos candidats vont avoir leur pancarte, leur accroche-porte, tout ce dont ils ont besoin», assure-t-elle cependant.
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