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Un accès gratuit à la psychothérapie serait «plus rentable» que l'inaction en santé mentale

Simon Telles
Photo Chantal Poirier À l’aube de la campagne électorale, le président de Force Jeunesse, Simon Telles, souhaite que les partis politiques se prononcent sur une couverture universelle de la psychothérapie. L’organisme publie une étude chiffrant à 5 milliards $ un tel programme.

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Une couverture universelle gratuite de la psychothérapie pour tous les Québécois coûterait près de quatre fois moins cher que l’inaction du gouvernement en santé mentale, plaide une nouvelle étude.

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«Ce serait beaucoup plus rentable de mettre en place un programme comme ça», lance d’emblée le président de l’organisme Force Jeunesse, Simon Telles.

À l’aube des élections provinciales, il appelle les partis politiques à se prononcer sur cette solution.

5 milliards $

Chiffres à l’appui, l’étude de Force Jeunesse, qui a mandaté la firme PBI Conseillers en actuariat, montre qu’une couverture universelle couvrant jusqu’à 20 séances de psychothérapie payées par l’État coûterait environ 5 milliards $ par an.

Or, elle estime que le coût réel de l’inaction en santé mentale pèse sur les finances publiques à la hauteur de 18 milliards $. Un chiffre «conservateur» se basant sur l’étude de la Commission de la santé mentale du Canada en 2010, dit M. Telles.

Simon Telles
Photo Chantal Poirier

S’il offrait une couverture universelle, le Québec emboîterait le pas au Royaume-Uni, à l’Australie et bientôt à la France, qui ont de tels programmes.

Par exemple, les programmes australien et britannique coûteraient respectivement 1,3 et 2,6 milliards $ si Québec les imitait, toujours selon l’étude de Force Jeunesse.

Selon lui, il s’agit du «gros électrochoc» dont le Québec a besoin après plus de deux ans de pandémie qui ont exacerbé les problèmes de santé mentale chez les Québécois et du manque criant de ressources sur le terrain.

Grande disparité

«Il y a une grande disparité, souligne-t-il à propos de l’accès aux services de psychothérapie dans le réseau de la santé. Je ne pense pas que comme société, on veut que l’accès à des soins de santé mentale dépende de notre emploi et de nos assurances privées.»

Il rappelle que, déjà en 2018, l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux du Québec (INESSS) évaluait une retombée économique d’environ deux dollars pour chaque dollar investi en psychothérapie. 

Les différents investissements annoncés par le gouvernement caquiste ces dernières années ne suffisent plus, poursuit M. Telles.

Il s’inquiète notamment de voir les jeunes de 18 à 34 ans surreprésentés dans les indicateurs de mauvaise santé mentale.

«C’est urgent au Québec [la psychothérapie pour tous], mais surtout pour les hommes», plaide à son tour le psychiatre et chercheur Alain Lesage. Ces derniers sont moins enclins à aller chercher de l’aide et plus portés à se suicider, fait-il valoir.

  • Écoutez l’entrevue d’Alexandre Moranville avec Simon Telles, président de Force Jeunesse sur QUB radio :

«Le plus tôt possible»

Selon lui, une psychothérapie couverte pour tous «le plus tôt possible» améliorera aussi l’accès pour les patients.

Les Québécois ne seront plus confinés aux quelques psychologues du réseau public, dans les CLSC. Comme pour la couverture universelle des médicaments, tous les citoyens vont dans les mêmes pharmacies.

Et, grâce aux avancées en téléconsultation à distance, un Montréalais pourrait consulter un psychologue de Gaspé, illustre-t-il.

«C’est pour le bien commun et parce que ça fait du sens économiquement et humainement», lance le Dr Lesage.

Les coûts de la psychothérapie gratuite pour tous

Force Jeunesse a chiffré 5 scénarios pour le Québec, avec un coût de 120 $ par séance en vigueur actuellement.

1,1 G$

Une couverture complète uniquement pour la dépression majeure

1,6 G$

L’implantation d’un programme s’apparentant au modèle australien Better Access, soit de 12 séances individuelles ou de groupe par patient avec des troubles psychologiques diagnostiqués

3,1 G$

L’implantation d’un programme s’apparentant au modèle britannique Improving Access to Psychological Therapies, soit de 14 à 20 séances de thérapie individuelle ou de téléthérapie pour des personnes avec des troubles d’anxiété et de dépression 

2,9 G$

La couverture de 12 séances annuelles de soins de psychothérapie pour des personnes avec de la détresse psychologique

4,8 G$

La couverture de 20 séances annuelles de soins de psychothérapie pour des personnes atteintes de détresse psychologique 

Source : Force Jeunesse

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