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La délicate question des étudiants étrangers

La délicate question des étudiants étrangers
Joël Lemay / Agence QMI

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Le Bloc Québécois dénonce avec raison le faible pourcentage de visas accordés aux étrangers francophones qui viennent étudier au Québec en comparaison du pourcentage de ceux accordés aux anglophones. Ils ont raison. Mais le problème est plus profond. 

En principe, tout le monde est d’accord pour que nos universités acceptent des étudiants étrangers. J’ai moi-même eu la chance au niveau universitaire d’aller étudier en France et en Chine et je ne puis qu’encourager ces échanges.

Plus il y aura d’étudiants qui iront se faire former dans des pays différents des leurs, plus les peuples réussiront à s’entendre et mieux les connaissances progresseront.

Malheureusement, la question des étudiants étrangers n’est pas si simple.

Quatre pays

En réalité, au Québec, les étudiants étrangers proviennent, dans une proportion de plus de 80%, des quatre pays suivants: l’Inde (46%), la France (25%), les États-Unis (6%) et la Chine (5%). 

Alors que nos universités sont parmi les meilleures (il existe environ 20 000 établissements universitaires dans le monde), la réciproque n’est pas vraie,

Les étudiants en provenance de nombreux pays n’ont pas de véritables qualifications universitaires. Mais certains programmes universitaires, qui manquent d’étudiants, sont prêts à fermer les yeux sur bien des problèmes de qualification des étudiants étrangers.

Vaches à lait anglophones

Ensuite, c’est bien connu, les étudiants étrangers sont souvent des vaches à lait pour les universités. 

À l’Université McGill, les étudiants étrangers comptent pour près de 25% de l’ensemble des effectifs. À Concordia, c’est 17%. Les universités francophones comptent en général moins de 10% d’étudiants étrangers, sauf pour l’Université du Québec, où ils sont environ 22%. Par ailleurs, la répartition des étudiants étrangers est d'environ 43% dans des universités anglophones et de 57% dans des universités francophones.

Deux problèmes

Deux problèmes sautent aux yeux.

Premièrement, les universités anglophones reçoivent un contingent d’étudiants étrangers beaucoup plus élevé que le poids relatif des anglophones dans la population québécoise. En d’autres termes, les universités anglophones drainent des ressources publiques très au-delà de leur représentativité réelle.

Deuxièmement, les étudiants étrangers occupent une proportion immense dans plusieurs universités, au point où il est permis de se demander s'ils ne prennent pas la place des étudiants d’ici dans certains programmes, en médecine par exemple.

Ainsi, à quoi sert-il de former un Saoudien en médecine dans nos universités en sachant qu’il retournera vraisemblablement pratiquer dans son pays, en Arabie saoudite? Ne prend-il pas la place de Québécois? En contrepartie, combien d’étudiants québécois iront étudier en Arabie saoudite?

Espionnage

De plus, certains pays, comme la Chine, interdisent à leurs étudiants et à leurs chercheurs de partager les moindres données qui pourraient relever de l’intérêt national de la Chine. Dans ces conditions, pourquoi poursuivre les échanges avec les universités chinoises, d’autant plus que, depuis quelques années, le gouvernement chinois peut obliger ses ressortissants à faire de l’espionnage?

Les étudiants étrangers peuvent très certainement être une richesse pour la société québécoise. Cependant, certaines conditions devraient être respectées. La première est de ne pas nuire à l’équilibre entre francophones et anglophones, et la seconde, de ne pas défavoriser les Québécois qui veulent des places dans nos universités. 

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