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L'affaire Lisa LaFlamme: pas noir ou blanc

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Une chose me frappe après avoir lu des dizaines de chroniques, en anglais et en français, sur Lisa LaFlamme, renvoyée de CTV news : beaucoup de gens commentent le dossier sans savoir quelle est la VRAIE cause du départ forcé de Lisa LaFlamme. 

Brian Lilley du Toronto Sun a parlé à une douzaine de personnes qui ont travaillé avec Lisa LaFlamme et il en conclut : « Ceux qui cherchent une histoire tranchée au couteau avec un vilain facile à détester et une héroïne facile à aimer seront déçus ».

50 nuances de gris

La conclusion de Lilley en décevra en effet plusieurs : le renvoi de Lisa LaFlamme serait lié à une guerre d’ego entre elle et ses patrons et une volonté d’économiser des sous de la part de Bell en engageant un animateur à un salaire moindre. (Oui, vous avez bien lu, un homme payé moins cher qu’une femme !)

Mais ce qui ressort aussi de l’enquête de Lilley, c’est que LaFlamme aurait, selon ses sources, créé un environnement de travail toxique. 

Laflamme et sa collègue étaient qualifiées de mean girls, les méchantes filles, par plusieurs employés. 

Vous vous souvenez quand on a appris qu’Ellen DeGeneres avait un environnement de travail toxique ? Un ex-collègue de Lisa LaFlamme dit que c’était exactement la même chose à CTV news...

On est loin du narratif : « Elle a été renvoyée à cause de la couleur de ses cheveux »...

Au-delà des cheveux gris

Hier, Wendy’s, la chaîne de restauration rapide, a changé son logo pour une Wendy aux tresses grises, en appui à Lisa LaFlamme. 

Dove avait lancé la veille une nouvelle campagne avec le mot-clic #keepthegrey (#gardezlegris).

Est-ce un vrai engagement pour la diversité capillaire ou de l’opportunisme de marketing ?

Ces compagnies veulent-elles vraiment dénoncer une situation ou juste vendre du shampoing et des hamburgers?

Dove a décidé de donner 100 000 $ à Catalyst Canada, un organisme qui vise à rendre les milieux de travail plus inclusifs pour les femmes. 

Or, qui siège au conseil consultatif de Catalyst ? Mirko Bibic, PDG de Bell, qui possède CTV, qui a renvoyé Lisa LaFlamme.

De quoi lui donner des cheveux gris !

Les cabochons de Bell

Quoi qu’il en soit, une chose est sûre, CTV et les hautes instances de Bell ont géré « l’affaire Lisa LaFlamme » en cabochons. 

Mettre à la porte une animatrice hyper populaire, bardée de prix, sans expliquer clairement pourquoi, ça va être enseigné dans les facultés de gestion comme un cas exemplaire de mauvaises relations publiques.

Dans le National Post, Kelly McParland a écrit que la direction de Bell avait géré une situation délicate en « tapant dessus comme une bande de singes armés de marteaux ». 

Dans le Toronto Star, Amira Elghawaby a analysé l’affaire LaFlamme avec un point de vue surprenant. Elle trouve déplorable que la controverse ait occulté un événement qui devrait être célébré. 

« Un homme musulman aux commandes de la plus grosse émission de nouvelles nationales au pays, c’est historique », a-t-elle écrit à propos de Omar Sachedina, 39 ans, qui prendra les rênes de CTV news le 5 septembre en remplacement de Laflamme. 

En quoi est-ce que ça devrait être célébré ? 

Les croyances personnelles d’un chef d’antenne, je m’en fous comme de mon premier cheveu gris. 

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