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Québec 2022: le PQ et le PLQ en arrachent et misent sur des candidatures moins prestigieuses

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Les deux vieux partis tentent de faire peau neuve pour survivre, mais ne parviennent pas à recruter des candidats d’envergure à l’aube du déclenchement des élections. 

L’analyse des quelque 580 candidats des principaux partis politiques annoncés à ce jour (d’ici la mi-septembre, ils seront 625) prouve que le Parti Québécois (PQ) et le Parti libéral du Québec (PLQ) ont presque complètement renouvelé leur équipe par rapport à 2018.

« Ils sont obligés de se réinventer, car ils ont de la misère », explique le politologue de l’Université Laval, Éric Montigny.

Le PQ compte seulement 11 candidats qui étaient sur les bulletins de vote au dernier scrutin, et le PLQ en compte 19. Il y a eu moins de départs à la Coalition Avenir Québec (CAQ), ce qui est peu étonnant étant donné les sondages favorables. 

Le chef du Parti Québécois, Paul St-Pierre Plamondon, compte sur une équipe avec beaucoup de jeunes candidats encore aux études.
Photo Agence QMI, Thierry Laforce
Le chef du Parti Québécois, Paul St-Pierre Plamondon, compte sur une équipe avec beaucoup de jeunes candidats encore aux études.

Tout au long de l’été, nous avons récolté des données qui nous permettent aujourd’hui de dresser un portrait des candidats de chaque parti politique et de décortiquer les tendances. (voir la Radiographie des candidats)

« Ce qu’on sent vraiment cette année, c’est que c’est plus difficile pour les vieux partis de recruter et il y a plusieurs symptômes : le PQ qui fait appel au Bloc ou des candidatures libérales qui tardent à être annoncés », souligne M. Montigny.

En mode rattrapage 

Le PLQ, qui a accusé un retard tout l’été dans l’annonce des candidats, est en mode rattrapage. Il lui manque encore deux douzaines de candidats. Quant au PQ, c’est le parti où l’on compte le plus de jeunes candidats encore aux études. Une trentaine ont milité, se sont présentés ou sont d’ex-employés du Bloc Québécois.

« C’était aussi l’inverse dans certaines campagnes du Bloc quand ça allait moins bien », explique Thierry Giasson, professeur de communication politique à l’Université Laval.

La cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, qu’on voit ici le 13 août lors d’un rassemblement militant, dirige un parti qui tarde à annoncer ses candidatures.
Capture d'écran, TVA Nouvelles
La cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, qu’on voit ici le 13 août lors d’un rassemblement militant, dirige un parti qui tarde à annoncer ses candidatures.

« C’est un signal d’un changement des forces politiques. Ça se traduit avec des difficultés dans les sondages, des difficultés dans le recrutement et dans le financement », ajoute M. Montigny.

Pour ces partis en difficulté, « on n’est pas dans la recherche de candidats vedettes ou la crème de la crème », ajoute Mireille Lalancette, professeure en communication politique à l’Université du Québec à Trois-Rivières.

Véritable changement

C’est un changement complet en quelques années à peine. Les petits partis (Québec solidaire, Coalition Avenir Québec) qui avaient le plus de difficulté à recruter sont maintenant ceux qui ont le plus de facilité. Les deux formations ont également annoncé très tôt la composition de leur équipe.

« QS est à la croisée des chemins, estime Mme Lalancette. Il est en train de s’institutionnaliser, de devenir un parti qui peut devenir l’opposition officielle et une alternative à la CAQ. »

« Les vieux partis politiques sont sur de vieux clivages en déclin comme le oui/non à l’indépendance, poursuit M. Montigny. C’est comme si au Québec, avec le débat référendaire, on jouait au baseball. Maintenant, on joue au soccer. Le PLQ et le PQ doivent apprendre à jouer au soccer alors que la CAQ et QS ont appris dès le départ. »

Nouveaux chefs

Dominique Anglade du PLQ et Paul St-Pierre Plamondon du PQ ont aussi un défi supplémentaire puisqu’ils occupent tous deux leurs fonctions de chef depuis peu.  

« Quand un nouveau chef arrive, il y a une période où il doit s’approprier le parti, il doit rapprocher la marque de commerce du parti de sa marque à lui et on va essayer de trouver des candidats qui vont soutenir cette marque », explique M. Giasson.

Diversité au PLQ

Par exemple, Mme Anglade a vraiment amélioré la représentation de la diversité au PLQ. Son parti est passé de bon dernier à premier de classe au chapitre des candidats issus des minorités visibles, entre 2018 et 2022. 

« Ça témoigne peut-être aussi d’une volonté de rattrapage par rapport au dernier scrutin où le PLQ était en retard. Il y a peut-être eu un réveil qu’il ne fallait pas tenir pour acquis certaines clientèles », croit M. Montigny.

« Le fait d’avoir une cheffe issue de la diversité peut faire en sorte que des gens se reconnaissent. On avait vu ça quand Barack Obama s’était présenté », explique Mme Lalancette. 

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