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Une molécule extraterrestre trouvée par pur hasard

La découverte a été faite par le télescope spatial James Webb

Planète
Photo courtoisie, Space Telescope Science Institute Voici à quoi pourrait ressembler la planète WASP-39b renfermant une molécule mystérieuse.

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Des chercheurs d’une équipe internationale d’astrophysiciens en partie basée à Montréal viennent de découvrir une molécule extraterrestre inconnue sur une planète située hors de notre système solaire 

• À lire aussi: Le télescope James Webb détecte pour la première fois du CO2 dans l’atmosphère d’une exoplanète

« Cette molécule ne correspond à aucune autre que nous nous attendions à trouver. Ç’a été une surprise » explique l’astrophysicien Björn Benneke, professeur au Département de physique de l’Université de Montréal et membre de l’Institut de recherche sur les exoplanètes.

Lui et cinq autres Québécois ont travaillé en collaboration avec 125 scientifiques répartis dans 12 pays dans le cadre du premier mois d’activité du télescope spatial James Webb, en juillet. 

La planète WASP-39b où se trouve cette molécule est située à 700 années-lumière de la Terre, dans la constellation de la Vierge.

Toute forme de vie y est impossible en raison de sa proximité avec son étoile : la température est de 900 °C en moyenne. Celle de la Terre est de 15 °C.

Molécule mystère 

Les astrophysiciens cherchaient une preuve de la présence de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère de la planète, ce qu’ils ont obtenu au terme de quatre heures d’observation.

Mais leur plus grande surprise a été de constater la présence d’une molécule non identifiée en quantité assez importante pour être prise en considération.

Lorsqu’ils ont comparé la signature spectrale de cette molécule aux plus fréquents composés des planètes lointaines (monoxyde d’azote, méthane, oxygène, sulfure d’hydrogène et vapeur d’eau), au début du mois d’août, ils n’ont trouvé aucune similitude.

Pour l’instant, les chercheurs ne peuvent évoquer aucune hypothèse sur la composition chimique de cette molécule et sur son rôle dans l’atmosphère de la planète ciblée, mais ce travail vient de passer en tête de liste des priorités scientifiques des chercheurs. 

« Nous avons analysé de façon indépendante chacun de notre côté les données de la mission d’observation. Nous sommes arrivés à la même conclusion. Cette planète semble posséder une molécule jamais décrite » s’enthousiasme le professeur Benneke.

À suivre

Concernant la molécule « mystère », l’astrophysicien Robert Lamontagne croit qu’il est « trop tôt pour dire qu’elle est nouvelle pour la science ». 

Il se pourrait que les comparaisons qui vont se réaliser dans les prochains mois révèlent une parenté avec des molécules connues ailleurs dans l’univers ou sur Terre 

LA PLANÈTE WASP-39B 

  • Elle est parmi les quelque 5000 planètes hors du système solaire (exoplanètes) identifiées par les astrophysiciens.
  • Elle était une cible de choix pour le nouveau télescope spatial en raison de sa masse d’environ le quart de celle de Saturne et de sa taille, de 1,3 fois supérieure à celle de Jupiter.
  • On étudie la composition de l’atmosphère de ce type de planète afin de mieux connaître la signature chimique du CO2. On sera mieux outillé pour découvrir des planètes permettant la vie.
  • La recherche était dirigée par Natalie Batalha, de l’Université de Californie à Santa Cruz. Plus de 130 chercheurs signent l’article de Nature qui paraît lundi.
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