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Un ex-fonctionnaire de l’Agence du revenu du Canada ruiné par le système de paye Phénix

Le retraité du fisc fédéral a raconté au Journal son très long parcours du combattant

GEN - UN EX-FOCTIONNAIRE ET PHÉNIX
Photo Martin Alarie Un retraité de l’Agence du revenu du Canada (ARC) dit ne plus pouvoir joindre les deux bouts à cause de l’effet domino des déboires du système de paye Phénix.

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Un ex-fonctionnaire de l’Agence du revenu du Canada (ARC), qui a dû prendre une retraite anticipée pour s’occuper de sa femme malade, vit un véritable calvaire financier depuis que le système de paye Phénix l’a privé de son argent au pire moment.

«Phénix a bousillé mes payes de mes deux dernières années de travail avant ma retraite. Phénix a gobé ma dernière paye lors de ma retraite. Phénix a coupé de moitié ma pension», confie le retraité de l’Agence du revenu du Canada, sous le couvert de l’anonymat.

«Phénix a ruiné mes finances et mon crédit. Je suis toujours au dernier sou», soupire l’homme en colère contre son ancien employeur.

Dans le jargon fédéral, le terme «Phénix» n’a rien à voir avec le nom donné à un oiseau fabuleux, c’est plutôt un système de paye élaboré par IBM, qui a privé certains fonctionnaires fédéraux de leur chèque de paye.

Or, hier, l’un d’entre eux, amer, s’est vidé le cœur pour raconter son calvaire, qui n’en finit plus.

Après avoir travaillé une trentaine d’années à l’ARC, il a vécu son passage à la retraite à la dure en raison des nombreux ratés du système de paye Phénix.  

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Proche aidant

Deux ans avant sa retraite, celui-ci décide de continuer à travailler trois jours par semaine pour s’occuper de sa femme malade clouée dans un fauteuil.

«Elle tombait souvent. Je devais prendre plusieurs heures dans mes congés de maladie pour l’aider», raconte-t-il.

«Elle était sur une machine à oxygène. Elle ne pouvait plus rien faire. C’est moi qui faisais tout», souffle-t-il.

Pour rester auprès d’elle, il annonce donc à l’ARC qu’il prendra peu à peu sa retraite en restant en poste quelques jours par semaine.

C’est là que les déboires du système de paye Phénix commencent.

«À un moment donné, paf ! J’avais une demi-paye, ensuite un trois quarts de paye, une autre de trois jours. C’était l’enfer», se souvient-il.

«Arrivé à ma retraite, pas de paye. Pas de paye pour mes deux dernières semaines de travail. J’ai dû emprunter de l’argent», poursuit-il.

Fausse dette de 10 000 $

Pour ne rien arranger, Phénix lui crée «une fausse dette de 10 000 $». Et malgré une proposition avec l’ARC, on continue de charcuter ses chèques.

«Le système a continué de bouffer mes remboursements d’impôt et les augmentations de salaire rétroactives», laisse-t-il tomber.

Après quatre plaintes en ligne à l’ARC, trois lettres à la ministre et une mise en demeure, il finit par recevoir une lettre d’excuses lui disant que sa dette avait finalement été radiée.

Jointe par Le Journal, hier, l’Agence du revenu du Canada n’a pas été en mesure de répondre aux questions du Journal.

Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) n’a pas pu dire combien de plaintes de Québécois ont été reçues à ce sujet parce que le ministère «ne fait pas le suivi des mouvements de paye par régions géographiques».

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