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Des tests de COVID à l’aéroport qui ne servent à rien du tout

Les résultats arrivent souvent bien après la période normale de quarantaine recommandée

FD-PORTRAIT DE CHARLES LAHITTE-MONTREAL
Photo Agence QMI, Thierry Laforce Charles Lahitte dénonce le fait qu’il a reçu son résultat de test de COVID deux semaines après son retour au Canada

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Mais à quoi peut bien servir un test de COVID effectué à l’aéroport si le voyageur reçoit son résultat des semaines plus tard ? se demandent des experts. 

• À lire aussi: Retour des tests aléatoires obligatoires de retour au pays

C’est ce qu’a vécu Charles Lahitte, un Montréalais revenu de voyage le 21 juillet avec sa copine.  

Bien qu’ils aient suivi à la lettre les indications de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC), il leur a fallu attendre deux semaines avant de recevoir leur résultat, soit un délai plus long que la quarantaine de 10 jours prévus pour les voyageurs positifs. 

« Tout ce gaspillage de ressources pour recevoir mon résultat deux semaines après mon arrivée, c’est quand même incroyable. Si j’avais été positif, j’aurais eu le temps de donner la COVID à tout le monde », dit-il en soulignant que sa copine a vécu la même situation.

Pour le Dr Jean Barbeau, professeur titulaire en microbiologie à l’Université de Montréal, la mesure est un « coup d’épée dans l’eau ». 

« Après deux semaines, c’est certain que l’efficacité de la mesure est complètement perdue », dit-il. 

La mesure avait été suspendue le 11 juin avant d’être réinstaurée le 19 juillet dernier après une recrudescence de cas.  

Pris par surprise

Une quinzaine de minutes après avoir traversé les douanes, M. Lahitte reçoit un courriel de l’ASPC l’informant qu’il est sélectionné. 

« C’est mélangeant parce qu’il n’y a aucun douanier qui te rappelle que les tests aléatoires existent encore. Tu l’apprends un peu par surprise en regardant tes courriels, mais je me demande ce qui se passe avec ceux qui ne les regardent pas régulièrement », dit-il. 

Il choisit l’autoprélèvement à partir de la maison et attend une semaine avant de recevoir la trousse, livrée à partir des laboratoires de Switch Health, situés à Mississauga. 

« C’est un peu stressant parce que dans le courriel, il est clairement écrit que si vous n’avez pas effectué le test au plus tard le lendemain de votre arrivée, il pourrait y avoir des sanctions. » 

Diane Lamarre, professeure titulaire de clinique à la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal, est plutôt d’avis que le dépistage aléatoire peut se justifier dans la mesure où il permet la détection de nouveaux variants. 

« Maintenant, la façon de la faire, ça, c’est inacceptable, dit-elle. Le fardeau à faire porter aux voyageurs ne se justifie pas. Si on applique une mesure, il faut qu’on le fasse de façon qu’elle porte fruit. » 

Un test sur place

Elle estime que « le test PCR devrait se faire à l’aéroport sans que les gens aient à attendre des heures quand ils reviennent de voyage ». 

L’experte remarque par ailleurs que le séquençage, soit l’identification en laboratoire des variants, peut se faire à moindre coût à travers l’analyse des eaux usées. 

  • 4600 : Nombre de voyageurs que l’Agence de la santé publique du Canada veut tester chaque jour, soit 3800 par avion et 800 aux frontières terrestres.

►En décembre, Ottawa avait accordé jusqu’à 631 millions $ pour l’ensemble des mesures associées au dépistage. Interrogé à deux reprises sur le coût estimé de la réimposition des tests aléatoires, Santé Canada a déclaré « ne pas avoir reçu suffisamment de données sur les factures ».

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