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Faisons de la lutte au décrochage scolaire une priorité nationale

Bloc école
Photos d'archives, Daphnée Dion-Viens

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Nous traversons malheureusement une tempête parfaite qui ébranle aujourd’hui les pas de géant faits ces dernières décennies pour combler le retard accusé en matière de diplomation et de réussite éducative. 

D’abord, la pandémie et les nombreux bouleversements qu’elle a entraînés dans la vie des jeunes ont eu un impact significatif sur la santé mentale de plusieurs élèves et ont fait bondir l’anxiété, notamment chez les jeunes filles.  

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Les fermetures successives de nos écoles ont également provoqué des retards d’apprentissage affectant leur engagement et leur motivation scolaire et pouvant mener au décrochage, particulièrement chez les garçons. 

Des effets néfastes qui, dans bien des cas, se feront sentir sur plusieurs années.

En parallèle, la pénurie de main-d’œuvre frappe de plein fouet tous les secteurs de l’économie québécoise. 

Dans ce contexte, le marché de l’emploi est davantage attrayant pour les jeunes. 

La tendance est visible, que ce soit dans nos commerces, nos restaurants ou nos épiceries. Les jeunes qui nous servent sont... de plus en plus jeunes. Ils avaient 16 ans. Ils en ont maintenant 14, parfois 12. 

Certains le font par choix, d’autres par nécessité, alors que l’inflation accentue la précarité financière des familles à faible revenu. Certains jeunes délaissent même leurs études pour se consacrer pleinement à un emploi rémunéré, alors qu’ils sont à deux pas de l’obtention de leur diplôme.

Les données révélées récemment par Le Journal laissent présager une hausse notable du décrochage scolaire depuis le début de la pandémie. Ce portrait préliminaire confirme la nécessité d’avoir la mesure juste du nombre de sortants sans diplôme ni qualification afin de saisir rapidement l’ampleur du décrochage scolaire et d’agir en conséquence.

  • Écoutez l'entrevue avec Andrée Mayer-Périard à l’émission de Richard Martineau diffusée chaque jour en direct 9 h 23 via QUB radio : 

S’unir pour traverser cette tempête parfaite

L’accumulation de facteurs de risque a rendu la situation de plusieurs jeunes extrêmement fragile, en plus d’exacerber les inégalités sociales déjà existantes. 

Afin de traverser cette tempête, nous devons offrir aux jeunes des possibilités autres que celles de travailler. 

Comprenons-nous bien : il n’y a rien de mal à ce qu’un jeune occupe un emploi durant ses études. Le travail à temps partiel peut même avoir des effets bénéfiques sur la réussite. 

Sauf que plusieurs recherches démontrent qu’un déséquilibre entre le temps dédié aux études et celui à un emploi expose les jeunes à de nombreux risques, dont une baisse de motivation et du rendement scolaire.

Plus largement, il nous faudra lutter contre la pauvreté, réduire l’insécurité alimentaire, écouter nos jeunes, qui ont des solutions à proposer, maintenir le contact avec les jeunes qui ont malheureusement décroché et soutenir celles et ceux qui, à quelques crédits d’obtenir leur diplôme, font le choix de travailler. 

Il faut trouver le chemin de la bienveillance pour tous.

Le Québec n’a présentement pas le luxe de se passer d’un seul de ses talents. Nous avons la responsabilité d’agir collectivement pour renverser la vapeur. L’avenir des jeunes doit être une priorité pour tous. 

Andrée Mayer-Périard, présidente, Réseau québécois pour la réussite éducative

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