/investigations/justice
Navigation

Des abus sexuels camouflés par l’église pendant 30 ans

Une juge à la retraite et la nouvelle ombudsman veulent éviter d’autres cas de prêtres pédophiles

Coup d'oeil sur cet article

Pendant plus de 30 ans, l’église catholique de Montréal a camouflé les sévices commis de paroisse en paroisse par un prêtre abuseur en série. Grâce à leur travail acharné, deux femmes s’activent aujourd’hui à faire le ménage pour éviter que de telles situations ne se répètent.

• À lire aussi: Recours collectif contre le Diocèse de Québec: des nouvelles victimes sortent de l’ombre

• À lire aussi: «Secrets et péchés de l’Église»: l’aveuglement volontaire de l’Église révélé au grand jour

Le prêtre Brian Boucher croupit aujourd’hui en prison après avoir été condamné à huit ans de pénitencier en 2019 pour des agressions sexuelles commises sur deux garçons à peine adolescents pendant les années 90 et 2000. 

Mais s’il a pu sévir pendant tant d’années dans au moins trois paroisses de l’Ouest de Montréal, c’est parce que des dirigeants du clergé ont minimisé ses déviances, tantôt balayé les signaux d’alarme sous le tapis, ou encore l’ont transféré de paroisse en paroisse ce qui lui a permis de faire d’autres inocentes victimes. 

Ces constats troublants sont mis en évidence dans un documentaire de notre Bureau d’enquête, diffusé depuis jeudi sur la plateforme de contenus Vrai de Québecor et intitulé Secrets et péchés de l’Église

Le documentaire met en vedette la juge à la retraite Pepita G. Capriolo, qui a signé un rapport sur le cas de Brian Boucher, et l’avocate Marie Christine Kirouack, nouvelle ombudsman de l’archidiocèse de Montréal. 

La juge à la retraite Pepita Capriolo  et l'ombudsman du diocèse de Montréal, Marie Christine Kirouack (Veston rose)
Martin Alarie / Journal de Montréal
La juge à la retraite Pepita Capriolo et l'ombudsman du diocèse de Montréal, Marie Christine Kirouack (Veston rose)

Ces deux femmes ébranlent les colonnes du temple. Les mesures qu’elles ont mises en place ont forcé les autorités religieuses montréalaises à faire preuve de plus d’imputabilité et de responsabilité face aux agissements de leurs prêtres. 

Ces changements ont peut-être fait moins de bruit que la visite récente du pape François au Canada, mais ils risquent d’avoir presque autant d’impact. 

Un documentaire-choc, disponible dès maintenant sur VRAI
Videoreporters-réalisateur et montage :
Manu Chataigner
Journaliste : Jules Richer /
Montage : Stephan Joncas

Un milieu fermé

«Le milieu du clergé est un milieu fermé, de protection», constate l’ancienne juge de la Cour supérieure du Québec dans le documentaire. 

«Les gens se protègent les uns les autres, poursuit-elle. Je crois que c’est une organisation qui a été très dysfonctionnelle. Et comme toute organisation fermée où il y a une certaine omertà, c’est très malsain.» 

Ce fut malsain au point où l’ex-prêtre Brian Boucher a pu multiplier, sans être inquiété par ses supérieurs, des abus de pouvoir auprès de ses paroissiens et des agressions envers des enfants. 

Signaux d’alarme

Pourtant, les signaux d’alarme avaient commencé à résonner avant même que Boucher ne devienne prêtre. Au début de la vingtaine, dans les années 80, Boucher s’était porté volontaire pour donner des cours de catéchisme aux enfants de sa paroisse natale, c’est-à-dire celle de St. Veronica, à Dorval. 

Église St. Veronica, Dorval. Documentaire sur Brian Boucher.
Capture d'écran
Église St. Veronica, Dorval. Documentaire sur Brian Boucher.

«J’ai trouvé, raconte Mme Capriolo, dans son dossier [de l’archidiocèse], une lettre de 1987 [...] qui disait : ce n’est pas normal, il rencontre des jeunes, il les amène à La Ronde, il les ramène à la maison trop tard, il leur montre des films inappropriés, il utilise du langage inapproprié.» 

En dépit de ces comportements douteux, les autorités religieuses décident d’accepter la candidature de Boucher lorsque celui-ci souhaite devenir prêtre. Cependant, il devra s’y prendre à deux reprises avant d’y arriver. D’abord, en 1987, au Séminaire St. Peter, à London en Ontario, où son comportement trop intense avec les autres étudiants à la prêtrise lui vaut une expulsion, puis au Grand Séminaire de Montréal, en 1992, où il finit par réussir son coup. 

«Malgré tous les signaux d’alarme, tous les doutes du passé, quand le dossier de Boucher arrive pour approbation, tout ça est balayé, tout est mis sur le tapis. Mgr [Jean-Claude] Turcotte [alors archevêque de Montréal] décide de permettre à Boucher d’accéder à la prêtrise», déplore la juge.

Mgr Jean-Claude Turcotte, aujourd’hui décédé, est un de ceux qui ont fermé les yeux sur Boucher.
Photo d'archives / Agence QMI
Mgr Jean-Claude Turcotte, aujourd’hui décédé, est un de ceux qui ont fermé les yeux sur Boucher.

Le prêtre avant tout

Mme Capriolo constate que l’Église ne se souciait guère des ravages que peut causer un individu comme Boucher sur son entourage. «Le prêtre avant tout. Et ça on voir ça à travers mon rapport», dit-elle. 

«Le nombre de fois où on dit : il faut sauver le prêtre, il faut voir à sa santé mentale, il faut s’en occuper. C’est bien beau, il faut s’occuper des gens, mais il faut aussi s’occuper du dommage qu’ils peuvent faire autour d’eux.» 

La pièce maîtresse du rapport sur le cas de Boucher de Mme Capriolo est la série étoffée de recommandations qu’on y retrouve. En tout, on en compte 31, dont 30 ont déjà été mises en œuvre par le comité de suivi au rapport. 

«Mes recommandations portent sur plusieurs aspects qui doivent être revus [au sein de l’archidiocèse]. Le premier aspect le plus flagrant est l’imputabilité, la responsabilité, la responsabilisation des individus en autorité», affirme-t-elle. 

Changements importants

Le contenu de ces recommandations très concret, et c’est ce qui fait l’originalité de la démarche de Mme Capriolo. 

Par exemple : le système des dossiers personnels des prêtres a été revu de fond en comble pour éviter la perte d’information, comme ce fut le cas avec Brian Boucher; des sanctions internes sévères ont été prévues pour tout membre du clergé qui a connaissance d’un cas d’abus sur un enfant et qui omet de le signaler à la Direction de la protection de la jeunesse; on a aussi précisé les responsabilités de chacun des dirigeants de l’archidiocèse pour éviter que chacun se renvoie la balle, comme cela s’est produit avec Boucher. 

Autre originalité de la contribution de Mme Capriolo : malgré son nom à consonance italienne, l’ancienne juge n’est pas catholique, mais de confession juive. C’est aussi le cas de Me Marie-Christine Kirouack, dont le poste d’ombudsman de l’archidiocèse de Montréal découle d’une recommandation du rapport Capriolo.

Le cas Boucher : «Il est passé à travers toutes les mailles du filet», dit le journaliste Jules Richer

Aucun comprimis

En entrevue pour notre documentaire, Me Kirouack a souligné qu’elle ne fera aucun compromis comme ombudsman dans la défense des victimes de l’Église. «Je suis la porte-parole des victimes, je suis la représentante des victimes. [...] Je dis aussi que je suis le mur de béton : ne touchez pas à mes victimes!» 

Son mandat comprend la rédaction d’un rapport public deux fois par année. Elle en a produit trois jusqu’à maintenant. Dans celui publié au printemps, elle ne se gêne d’ailleurs pas pour écorcher les responsables de l’archidiocèse en dénonçant les résistances internes face à son travail.

À son avis, il est clair maintenant qu’un cas comme celui de Boucher ne se reproduirait plus à Montréal. «Si ça se passait présentement, à partir du moment où il y aurait des rumeurs, des allégations que quelqu’un touche effectivement à des mineurs, moi je serai tenue d’agir», affirme-t-elle 

«Donc, ajoute-t-elle, les possibilités qu’une chose comme ça puisse se passer sans que personne ne réagisse désormais sont très minces.» 

Travail essentiel

En entrevue pour notre documentaire, l’archevêque de Montréal, Mgr Lépine, a reconnu que le travail de Mmes Capriolo et Kirouack était essentiel pour s’attaquer à la question des abus dans l’église montréalaise. «Pour moi, c’est devenu clair très vite qu’on n’était pas capable de faire ça tous seuls. L’enjeu, c’était de reconnaître qu’on avait besoin d’aide, et d’aller chercher cette aide, qui existe, mais d’aller la chercher», dit-il. 

Ligne du temps Ligne du temps

Le prêtre a semé la terreur

Brian Boucher a même menacé de poursuivre ceux qui auraient pu dénoncer ses abus de jeunes garçons

Homme à la forte carrure, Brian Boucher s’est servi de son pouvoir comme prêtre pour s’en prendre aussi bien à ses paroissiens qu’à des jeunes garçons qu’il agressait sexuellement. 

«C’était un grand monsieur : 6 pieds et 2, 6 pieds et 3, très imposant physiquement, manipulateur à l’extrême», ainsi que le décrit la juge à la retraite Pepita Capriolo. 

«Il n’avait pas de balises de comportement, ajoute-t-elle, et [il] a profité de son rôle d’autorité morale et ‘‘divine’’ pour nuire à des gens, pour leur faire du mal.» 

L’ex-prêtre Brian Boucher lors de son procès pour agressions sexuelles, au palais de justice de Montréal en 2019.
Photo d'archives / Le Journal de Montréal
L’ex-prêtre Brian Boucher lors de son procès pour agressions sexuelles, au palais de justice de Montréal en 2019.

Dès qu’il fut assigné à une paroisse, celle de St. John Brébeuf dans l’arrondissement LaSalle, à Montréal, après avoir été ordonné prêtre en 1996, Boucher n’hésite pas avant d’entreprendre ses abus. «Un règne de terreur commence», souligne Mme Capriolo.

La secrétaire de la paroisse à l’époque, Nancy Gallie, raconte comment elle a dû affronter Boucher qui n’appréciait pas les questions qu’elle soulevait à son sujet. 

Intimidation 

Mme Gallie s’était rendu compte que le prêtre passait beaucoup de temps avec un jeune garçon âgé d’une douzaine d’années. Boucher lui avait donné les clés du presbytère de la paroisse pour qu’il puisse y accéder à sa guise. 

«Je n’étais pas à l’aise avec ça. Je ne trouvais pas approprié que le garçon se trouve là», explique-t-elle. 

Secrétaire à la paroisse de St. Brébeuf, dans l’arrondissement LaSalle, Nancy Gallie a été l’objet de menaces de part de Boucher.
Capture d'écran
Secrétaire à la paroisse de St. Brébeuf, dans l’arrondissement LaSalle, Nancy Gallie a été l’objet de menaces de part de Boucher.

Mme Gallie se confie à une autre paroissienne, qui s’empresse d’en faire part à Boucher. Furieux, Boucher confronte Mme Gallie et la menace de la poursuivre en diffamation – menace qu’il ne mettra pas à exécution. 

«Pour dire la vérité, il m’a fait peur. Vous savez, j’étais seule pour prendre soins de mes deux enfants. Que serait-il advenu d’eux s’il s’était passé quelque chose [avec moi]?» 

Mais l’intuition de Mme Gallie avait vu juste. Le jeune garçon s’avérera être l’une des deux victimes de Boucher. Son témoignage servira plus tard à faire condamner Boucher à la prison. On l’a appelé Jeremy, un nom fictif pour protéger son identité. 

Manipulation 

Le procès qui a eu lieu en 2019 est d’ailleurs révélateur des tactiques de manipulation auxquelles Boucher avait recours pour forcer ses jeunes victimes à avoir des relations sexuelles avec lui. 

Le jeune garçon de LaSalle, maintenant adulte, raconte alors pendant le procès qu’il vient d’un foyer brisé. «Mon père s’est retrouvé en prison quand j’étais très jeune, et [il] n’a jamais été présent auprès de moi», dit-il pendant son témoignage de 2019, auquel nous avons eu accès. 

Paroisse St. John Brébeuf, arrondissement LaSalle, Montréal. Documentaire sur Brian Boucher.
Capture d'écran
Paroisse St. John Brébeuf, arrondissement LaSalle, Montréal. Documentaire sur Brian Boucher.

Avant de passer à l’acte, Boucher agit subrepticement. «Cela a commencé avec des gestes très, très subtils. [...] Nous étions dans [sa] voiture et il mettait sa main sur mes genoux. [...] Sa main a monté lentement, lentement, lentement sur ma jambe [au fil du temps] jusqu’à se retrouver sur mon entrejambe», affirme Jeremy. 

Prétextant la fatigue, Boucher emmène le jeune dans une chambre de motel, un scénario qui se répétera souvent. Et c’est là que les sordides agressions sexuelles ont lieu. 

Boucher changera de paroisse à plusieurs reprises et, chaque fois, il aura des affrontements avec des paroissiens et entretiendra des relations douteuses avec de jeunes garçons et de jeunes hommes. Jamais il ne sera inquiété ou réprimandé par autorités religieuses. 

Son règne de terreur se terminera lors de son arrestation en 2017 à la suite d’une plainte portée contre lui par une de ses victimes, le jeune garçon de LaSalle. 

 

Psychologues complaisants 

Brian Boucher a su bénéficier non seulement de l’attitude indulgente de ses supérieurs à son égard, mais aussi de psychologues complaisants pour commettre impunément des abus sexuels pendant plusieurs années. 

Le Service de police de la Ville de Montréal est à la recherche de victimes potentielles du prêtre Brian Boucher de Montréal.
Courtoisie SPVM
Le Service de police de la Ville de Montréal est à la recherche de victimes potentielles du prêtre Brian Boucher de Montréal.

Il a suivi une thérapie à deux reprises dans un institut de traitement contrôlé par l’Église catholique, l’Institut Southdown, au nord de Toronto, où des psychologues ont a été incapables de détecter l’ampleur de sa personnalité déviante. 

Les responsables de l’institut ont même fait passer à Boucher un test dépassé, facile à déjouer, pour tenter de découvrir sans succès des tendances pédophiles chez lui. 

Or, l’Institut Southdown a une bien triste réputation. 

«Southdown est littéralement un des outils que les évêques de partout dans le monde ont utilisés pour occulter le scandale des agressions sexuelles», souligne le juriste californien Patrick J. Wall, un ancien religieux spécialisé dans la défense des victimes du clergé, interviewé dans le cadre de notre documentaire. 

Pas pédophile, vraiment?

Chaque fois que Boucher y a été envoyé, c’était à la demande des responsables religieux de Montréal qui souhaitaient que l’on soigne sa personnalité difficile. À la seconde reprise, en 2003, on a décidé de lui faire passer un test Abel. Ce test en partie basé sur la mesure du temps qu’une personne testée passe à regarder des photos d’enfants qu’on lui présente. 

Les psychologues de l’Institut Southdown concluent grâce au test et à leurs évaluations que Boucher n’est pas pédophile. 

«C’est un instrument [le test Abel] qui a déjà eu une certaine popularité, mais qui, rapidement, a perdu sa réputation», souligne dans notre documentaire le psychologue Patrice Renaud, chercheur à l’Institut Philippe-Pinel de Montréal et à l’Université du Québec en Outaouais. 

«Le problème avec le [test Abel], poursuit-il, c’est que c’est relativement facile de manipuler les données. À partir du moment où l’on sait, où l’on connaît le rationnel derrière l’instrument [...], il devient facile d’agir de façon à fausser les résultats, surtout si on est moindrement intelligent.» 

Jugé apte

La juge à la retraite Pepita Capriolo affirme qu’elle a été «estomaquée» par le travail bâclé de Southdown. «Je trouve que c’est un manque de responsabilité de leur part», souligne-t-elle. 

Contactés par notre Bureau d’enquête, les responsables de l’Institut Southdown ont refusé de commenter le cas de Brian Boucher. Ils ont néanmoins indiqué qu’ils n’utilisaient plus le test Abel. 

Quand Boucher termine sa thérapie à Southdown, il est alors jugé apte à reprendre ses fonctions par l’archevêque de Montréal Jean-Claude Turcotte, aujourd’hui décédé, qui lui assigne une nouvelle paroisse. Boucher se retrouve donc curé à la paroisse Our Lady of the Annunciation, en 2005, à Mont-Royal. 

Église Our Lady of the Annunciation, ville de Mont-Royal. Documentaire sur Brian Boucher.
Capture d'écran
Église Our Lady of the Annunciation, ville de Mont-Royal. Documentaire sur Brian Boucher.

Dès son arrivée, un comité de paroissiens se forme pour s’opposer à sa venue, à cause de la mauvaise réputation qui le précède. 

Mais les autorités de l’archidiocèse répondent alors que Boucher est «correct» et qu’il a été «réparé» à Southdown, explique Mme Capriolo. 

Boucher, faut-il le rappeler, fera une nouvelle victime lors de son passage dans cette paroisse 

Qu’est-ce que l’institut Southdown?

L'Institut Southdown offre des thérapies aux membres du clergé catholique. On voit ici ses anciens bâtiments d'Aurora en banlieue de Toronto.
ATTENTION : LA LICENCE DE LA PHOTO EST VALABLE SEULEMENT POUR ILLUSTRER LE TEXTE SUR LE DOCUMENTAIRE À PROPOS DU PRÊTRE PÉDOPHILE BRIAN BOUCHER.
Capture d'écran, Vrai
L'Institut Southdown offre des thérapies aux membres du clergé catholique. On voit ici ses anciens bâtiments d'Aurora en banlieue de Toronto. ATTENTION : LA LICENCE DE LA PHOTO EST VALABLE SEULEMENT POUR ILLUSTRER LE TEXTE SUR LE DOCUMENTAIRE À PROPOS DU PRÊTRE PÉDOPHILE BRIAN BOUCHER.

Fondé en 1966 par les évêques canadiens, d’abord pour traiter les religieux atteints d’alcoolisme, l’Institut Southdown a vite été impliqué dans le traitement des prêtres pédophiles. De nombreux religieux américains y ont ainsi séjourné dans les années 80 et 90, sans y être évalués correctement, pour en ressortir et recommencer aussitôt leurs agressions sur les enfants. 

À certains d’entre eux, on faisait passer le test Abel (Abel Assessment for Sexual Interest), du nom de son inventeur, le chercheur américain Gene Abel. Aujourd’hui dépassé, le test Abel était déjà contesté à l’époque.


  • Vous avez des informations d’intérêt public ou des choses à dénoncer concernant l’Église? Contactez-moi en toute confidentialité à jules.richer@quebecormedia.com

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.