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Un candidat libéral rejette la nation québécoise et sa langue dans la Constitution

Un candidat libéral rejette la nation québécoise et sa langue dans la Constitution

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Le candidat libéral dans Laurier-Dorion conteste la légitimité du Québec d’inscrire dans la Constitution canadienne que le peuple québécois forme une nation et que le français est son unique langue officielle, tout en soutenant que la loi 101 est dépassée. La cheffe du PLQ assure qu’elle n’épouse pas les opinions de son candidat. 

• À lire aussi: François Legault promet d’accélérer le déploiement de la 5G

Dans une lettre au journal anglophone montréalais The Suburban, le 26 mai 2021, Deepak Awasti affirme que Justin Trudeau et son gouvernement ont tort de soutenir que le Québec a le droit de modifier la Constitution canadienne. Il soutient que le gouvernement Trudeau se trompe avec son interprétation de la loi 96.   

Le fédéral se trompe sur «l’interprétation des pouvoirs permettant la modification constitutionnelle du projet de loi 96», écrivait-il. 

Awasti estime que le gouvernement Legault n'a pas la légitimité de définir le Québec comme une «nation» ni celle d'inscrire dans sa constitution que le français est sa « seule et unique » langue officielle et «commune». 

Pourtant, en septembre 2021, le PLQ a reconnu le droit du Québec de modifier la Constitution canadienne pour y inscrire ces deux caractéristiques (nation et français comme seule et unique langue officielle).   

  •  Écoutez la rencontre Dutrizac – Dumont diffusée chaque jour en direct 7 h via QUB radio : 

Risques juridiques

Deepak Awasti soutient qu’il y a des risques juridiques dans l’application des articles inscrits par le Québec dans la Constitution. 

«Si la langue française est la seule et unique langue de l'État québécois, alors pourquoi est-il encore obligé de légiférer, d'opérer ou de servir le public dans des langues autres que la langue de l'État?», s'interroge le candidat.   

Il dit y voir une contradiction, car la Constitution oblige aussi le Québec à permettre l’usage de l’anglais dans les lois, les règlements et le système de justice. 

Une interprétation contestée par le constitutionnaliste Patrick Taillon: «L’article (133) ne dit jamais que l’anglais est une langue officielle au Québec.» 

  • Écoutez la rencontre Gilles Proulx et Richard Martineau diffusée chaque jour en direct 10 h 45 via QUB radio :

Plus radical que Trudeau

«Il est plus radical que Justin Trudeau sur la question. L’écart avec le PLQ est a fortiori plus grand», ajoute le constitutionnaliste. 

L’ancien ministre libéral Benoît Pelletier est d’ailleurs un ardent défenseur des modifications opérées par la loi 96, indique M. Taillon. 

«Le premier ministre Justin Trudeau et le ministre de la Justice du Canada David Lametti ont dit que Québec pouvait faire ça, le PLQ a soutenu ces dispositions et le PLQ a rejeté in fine PL96 pour d’autres motifs», note M. Taillon. 

Il fait remarquer que la cheffe du PLQ «a dit du bien récemment de 90q.1 (nation) elle parle moins de 90q.2 (seule langue officielle)». 

Un candidat libéral rejette la nation québécoise et sa langue dans la Constitution
Photo Nicolas Lachance

Anglade désapprouve

Lors d’un point de presse lundi, Dominique Anglade a affirmé qu’elle n’était «absolument pas» d’accord avec son candidat dans Laurier-Dorion. «Évidemment nous avons voté, même pour le projet de Loi 96, pour cette notion-là (...) Nous étions en faveur», a signalé Mme Anglade, prétextant que Deepak Awasti, qui a été nommé lors d’une investiture ouverte, défend aujourd’hui les positions du PLQ sur la langue. 

La Loi 101 : «une calèche»

Par ailleurs, dans The Gazette en 2016, Deepak Awasti a aussi écrit que la Loi 101 est aujourd’hui une «ancienne calèche à l’ère de la voiture hybride», déclarait-il, demandant plus de protection dans la loi pour mieux protéger la minorité anglophone. 

«Les seuils du « statut bilingue » sont trop élevés, leur atteinte est impossible. La présence de la communauté anglophone se contracte sans relâche. Le mandat de l'Office québécois de la langue française est de promouvoir et de protéger uniquement la langue française. Quel Office protège et promeut la langue anglaise et les droits de sa communauté, une nation fondatrice» du Québec?», affirme Awasti. 

Encore une fois, la cheffe libérale a admis qu’elle n’était pas d’accord avec les propos de son candidat. 

Elle plaide qu’elle a eu «plusieurs» «discussion» avec lui et qu’il est maintenant parfaitement «en ligne avec» la position du PLQ. 

«Absolument pas. La Loi 101 elle est claire par rapport au Parti libéral du Québec», a-t-elle relaté. 

Sur notre entière adhésion de la Loi 101 et l’importance de faire la promotion et la protection du français. D’où les 27 mesures qu’on a mises de l’avant. Je rappelle qu’on est 2% en Amérique du Nord. Si on veut continuer à évoluer de manière forte au Québec, on a besoin de mesures pour aller de l’avant», a-t-elle déclaré.   

Deepak Awasti s’est récemment fracturé un de coude et s’est fait une entorse lombaire en posant des pancartes électorales. Il n’était pas disponible pour une entrevue. 

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