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Ni homme, ni femme, bien au contraire

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Le prochain gala des prix Écrans canadiens, l’événement qui célèbre le meilleur du cinéma et de la télévision au Canada, sera non genré.

Au lieu de remettre des prix pour le meilleur rôle féminin et le meilleur rôle masculin, on remettra juste un prix pour le meilleur rôle. 

Pourquoi? Parce qu’on est en 2022. Et qu’en 2022, c’est très vilain, dans les milieux progressistes, de parler d’«hommes» et de «femmes». Mais je vous prédis déjà qu’au lieu de régler des problèmes, cette initiative va au contraire en créer des nouveaux. Les wokes ne sont jamais contents et on n’est jamais assez wokes à leurs yeux. 

GALA TOUT INCLUS

Le directeur de l’Académie canadienne du cinéma et de la télévision (qui organise le gala) a déclaré que cette décision visait à «mieux soutenir les candidats potentiels qui sont non binaires et/ou qui ne s’identifient pas à un seul sexe». 

On est rendu là. Juste le fait de prononcer les mots «masculin» et «féminin» est considéré comme rétrograde, intolérant et assimilé à un manque d’ouverture. 

Si tu es non binaire, tu ne t’identifies à aucun genre. Donc, tu ne sais pas si tu dois t’inscrire comme meilleur rôle masculin ou meilleur rôle féminin.

Mais si tu es transgenre, il me semble au contraire que tu veux t’inscrire dans la catégorie du genre vers lequel tu as transitionné ! Par exemple, Elliott Page, le comédien homme transgenre, il ne voudrait pas s’inscrire dans la catégorie «meilleur rôle masculin»? Il me semble que ce serait la consécration de sa transition.

Il faudrait se décider : est-ce qu’on encourage les individus qui font une transition d’un genre à l’autre ou on élimine complètement les notions de genre?

L’annonce du gala non genré venait à peine d’être divulguée que déjà, elle était contestée. Jo Vannicola, qui a déjà remporté un Gémeaux comme meilleure comédienne, est maintenant non binaire. Cette personne est à la tête du comité LGBT de l’Actra et a déclaré aux médias qu’il ne fallait pas enlever des catégories, il fallait au contraire en rajouter ! Une catégorie meilleure comédienne transgenre, par exemple, et une femme transgenre pourrait à la fois s’inscrire dans la catégorie «meilleur rôle féminin» et «meilleur rôle transgenre». 

Bref, en voulant être «inclusive», l’Académie se fait déjà reprocher... de ne pas être assez inclusive!

Au prochain gala, la première fois qu’on va remettre un prix non genré, si c’est un homme qui gagne, les femmes vont-elles crier au sexisme? Faut-il s’assurer que les prix ne sont remis qu’à des femmes pour compenser toutes les discriminations dont les femmes ont été victimes? Si le prix est remis à une femme hétérosexuelle, les personnes non binaires bisexuelles vont-elles crier à l’«hétéronormativité»?

LE GALA DES DIVIDUS

J’ai une idée. Pour éviter la chicane dans la cabane, assurons-nous qu’à partir de maintenant tous les galas (musique, cinéma, télé, etc.) honorent simplement des «dividus», une expression empruntée à Claude Poirier. Un «dividu» c’est un être humain non identifié, une patente qui respire. «Dividu», c’est neutre, ça n’a pas de visage, pas de race. 

Maintenant, la grande question : on dit un dividu ou une dividu? 

Faudrait surtout pas mégenrer les dividus.

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