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Mort d'Élisabeth II: le début d’un temps nouveau

Plusieurs pays pourraient mettre fin à leur allégeance à la couronne

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La mort de la reine Élisabeth II après 70 ans de règne signale l’arrivée d’une nouvelle ère, où de nombreux pays comme le Canada pourraient remettre en question leur adhésion à la couronne britannique, selon des experts.

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« Le choc sera terrible, aussi terrible que le choc qu’a ressenti la population avec la mort de la princesse Diana [il y a 25 ans] », prédit l’historien britannique James Jackson.

La monarque de 96 ans s’est éteinte « paisiblement » jeudi dans sa résidence écossaise de Balmoral, entourée de ses quatre enfants.

« Nous pleurons profondément la disparition d’une souveraine chérie et d’une mère bien-aimée », a déclaré par écrit son fils aîné Charles III, devenu roi immédiatement après le décès de sa mère.

« Pendant cette période de deuil et de changement, ma famille et moi serons réconfortés par [...] le respect et la profonde affection dans lesquels la reine était si largement tenue. »

Et le changement sera important, prévient Estelle Bouthillier, analyste de la monarchie britannique. 

Non seulement pour la monnaie de plusieurs pays, mais aussi pour d’innombrables documents légaux au nom de la reine ou pour le fameux hymne national, God Save The Queen.

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Une figure marquante

Car Sa Majesté était non seulement la cheffe d’État du Royaume-Uni, mais aussi de 14 autres pays du Commonwealth, dont le Canada.

« 90 % de la population britannique [et du Canada] n’a jamais connu d’autres monarques que la reine Élisabeth », ajoute-t-elle.

Même si les Canadiens étaient attachés à Élisabeth II, qui a visité le pays 22 fois durant son règne, soit plus que tout autre territoire du Commonwealth, sa mort risque de remettre en question l’allégeance à la famille royale britannique.

« Plus de Canadiens seraient favorables [à quitter le Commonwealth] au moment de son décès », croit Benoît Pelletier, professeur de droit à l’Université d’Ottawa et ex-politicien.

Un débat inévitable

« C’est un débat auquel le Canada n’échappera pas, poursuit l’avocat constitutionnaliste. Même si le gouvernement canadien ne le souhaite pas, il va s’imposer de lui-même dans la population. J’anticipe même un référendum sur la question . »

Ces dernières années, la Barbade est devenue une république et d’autres pays des Antilles, comme la Jamaïque, comptent lui emboîter le pas.

Selon André Binette, qui a notamment écrit un livre en faveur d’une république au Québec, l’Australie et la Nouvelle-Zélande pourraient aussi choisir de couper les ponts avec la monarchie.

« Ce qui va créer une pression sur le Canada et poser problème plus que jamais », fait-il valoir.

Sur une note plus légère, il souligne aussi que le prénom Charles est un « mauvais présage » pour la couronne.

Charles I fut décapité au 17e siècle et son fils, Charles II, est mort sans héritier, mettant fin à leur lignée.

Quoi qu’il en soit, l’historien James Jackson entrevoit déjà de grands changements au sein de la famille royale.

Il rappelle la volonté de Charles « d’élaguer » l’arbre familial, en limitant le nombre de membres actifs de la famille royale pour restreindre les coûts, notamment. 

Élisabeth II sera aussi la dernière reine pour de nombreuses décennies puisque tous ses successeurs sont masculins, jusqu’à son arrière-petit-fils, le prince Georges.

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