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Élisabeth II: le secret de son charme

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On peut conspuer la monarchie, critiquer l’institution, la trouver archaïque, et même souhaiter ardemment sa disparition... mais éprouver quand même de la sympathie pour la souveraine Élisabeth II.

Autrement dit, on peut détester la couronne, mais aimer celle qui la porte.

Et s’il y a une raison pour laquelle tant de gens ont appris à apprécier la reine Elizabeth II, c’est sûrement grâce à la culture populaire. 

Au cinéma et à la télé, on a appris à apprécier la complexité de ce personnage.

  •  Écoutez l'entrevue avec Marion Mertens à l’émission de Philippe-Vincent Foisy diffusée chaque jour en direct 7 h 45 via QUB radio :  

MON ROYAUME POUR UNE SÉRIE

Vous vous souvenez en 2006, dans le film The Queen de Stephen Frears, c’était la formidable Helen Mirren qui incarnait la souveraine. Ça lui avait d’ailleurs valu un Oscar. Avec sa perruque et ses lunettes, elle ressemblait à la reine à s’y méprendre, en plus d’avoir travaillé avec des coachs vocaux pour imiter sa voix.

Helen Mirren dans The Queen
Photo courtoisie
Helen Mirren dans The Queen

Ce film brillant se concentrait sur la période suivant la mort de la princesse Diana, pourchassée par des paparazzis. 

Je me souviens très bien qu’en regardant ce film, j’avais développé un profond dédain de la reine. Sa froideur, son manque d’empathie, tout ça me rebutait. 

Le but de Frears était de montrer que la reine avait su garder la tête froide alors que le royaume tombait dans l’hystérie collective.

Mais la reine m’était apparue comme une femme déconnectée du peuple, comme si elle reprochait à ses «sujets» de manquer de jugement en s’entichant de la «princesse du peuple».

Vous souvenez-vous de cette scène où le premier ministre Tony Blair convainc la reine de réagir à la mort de Lady Di, seulement en lui disant que «70 % du pays croit que ses actions portent atteinte à la monarchie» et qu’«une personne sur quatre est en faveur de l’abolition de la monarchie»? 

Il a fallu la série The Crown sur Netflix, pour que mon opinion de la reine Élisabeth II change du tout au tout. 

Au fil des épisodes de cette série extrêmement bien documentée, j’ai découvert une monarque extrêmement préparée et pertinente dans ses rencontres hebdomadaires avec les premiers ministres. On a vu son sens de l’abnégation, elle qui plaçait toujours son devoir avant sa vie personnelle. Oui elle gardait ses enfants à distance, mais c’est parce qu’elle avait un royaume à gérer ! Oui elle était sévère avec ses proches, mais c’est parce qu’elle avait une haute opinion de ses fonctions.

REINE DE CŒUR OU DE TÊTE?

On vit à une époque où toutes les vedettes, même les plus insignifiantes, dévoilent tous les détails de leur quotidien. Les notions de vie privée, d’intimité, de pudeur ne veulent plus rien dire. 

À mes yeux, ce qui faisait le charme de la reine Élisabeth II, c’est son obstination à maintenir en vie ces valeurs qui lui étaient chères. 

En effet, dans un monde d’émotions, elle représentait la rationalité. Dans un monde de «paraître», elle était l’«être». Et dans un monde d’image, un peu superficiel, la reine représentait le dernier bastion des valeurs traditionnelles.

Aujourd’hui, je vais continuer à détester la couronne et tout ce qu’elle représente, je vais continuer de militer pour l’abolition de la monarchie (et de ses représentants qui nous coûtent une fortune), mais je vais continuer à respecter la reine. 

Par contre, ne me demandez pas de m’enthousiasmer pour le roi Charles III! 

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