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Menaces envers un candidat de la CAQ: «J’ai vraiment l’impression d’avoir été violé», dit Éric Lefebvre

Menaces envers un candidat de la CAQ: «J’ai vraiment l’impression d’avoir été violé», dit Éric Lefebvre

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La Sûreté du Québec (SQ) enquête sur plusieurs tentatives d’intimidation visant le député sortant Éric Lefebvre. Le candidat caquiste dans la circonscription d’Arthabaska a reçu la visite d’un groupe de manifestants devant sa résidence de Victoriaville. 

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Jeudi soir dernier, peu avant la tombée de la nuit, un cortège d’une trentaine de véhicules arborant des drapeaux du Québec et du Canada, à l’envers, se sont présentés devant la résidence de l’ex-whip en chef du gouvernement Legault située dans un cul-de-sac.

«C’était les fuck Legault, fuck Lefebvre et liberté, liberté!» Puis, on prenait le temps de s’arrêter devant chez moi et c’est là que toute la frustration a monté», relate Éric Lefebvre en entrevue avec notre Bureau d’enquête.

M. Lefebvre se trouvait chez lui en compagnie de sa femme et sa belle-fille de 16 ans.

  • Écoutez l'entrevue avec Éric Lefebvre à l’émission de Yasmine Abdelfadel diffusée chaque jour en direct 14 h 15 via QUB radio : 

Deux vidéos 

Dans deux vidéos de moins d’une minute visionnées par notre Bureau d’enquête, les véhicules circulent lentement devant la maison de M. Lefebvre en klaxonnant sans cesse et en criant des paroles inaudibles à l’endroit du candidat de la CAQ.

Bien que la majorité des cris soient couverts par le bruit des klaxons, un conducteur à bord d’un VUS pointe en direction du député sortant en lançant un «What the fuck !» tonitruant.

«Quand on fait de la politique, on se donne corps et âme pour notre population. On sacrifie beaucoup de temps avec nos familles et avec nos amis et le seul petit lieu où on peut se réfugier, c’est notre résidence et là, j’ai vraiment l’impression d’avoir été violé dans mon intimité», se désole-t-il.

Enquête policière 

La scène a été partiellement filmée par l’ancien conseiller municipal de Victoriaville. On y voit sa conjointe se précipiter vers la rue pour aller filmer les plaques d’immatriculation des visiteurs inattendus. «Arrange-toi pour ne pas te faire voir», lui lance son mari pour la protéger.

Le couple a déposé une plainte à la SQ. Depuis le début l’année, 221 cas de menaces à l’endroit des politiciens ont été signalés. Selon nos sources, il y aurait une forte hausse depuis le déclenchement de l’élection.

«Tu vas revoler mon crisse»

Les événements de jeudi dernier sont le point de rupture d’une campagne marquée par les menaces dans cette circonscription du Centre-du-Québec, soutient Éric Lefebvre.

Le 31 août, un véhicule aurait volontairement tenté de provoquer la sortie de route de la voiture conduite par le chauffeur du politicien sur le boulevard Jutras de Victoriaville. Celui-ci voyage dans un VUS peint aux couleurs de la formation politique.

Le 3 septembre, M. Lefebvre aurait trouvé l’une de ses affiches électorales vandalisées en bordure du même boulevard. Elle arborait l’inscription «Freedom» et la Svastika, la croix gammée, symbole de l’idéologie nazie.

Le 4 septembre, au Festival du bœuf d’Inverness, un groupe d’hommes aurait suggéré au député d’écrire son nom sur une piñata afin de pouvoir y donner des coups de batte. «Tu vas revoler mon criss», aurait lancé l’un d’entre eux.

Le même soir au spectacle des Cowboys Fringuant dans le stationnement de Bigarré de Victoriaville, un homme aurait accosté l’élu en lui tenant des propos menaçants.

  • Écoutez le segment judiciaire avec Félix Séguin diffusé chaque jour en direct 8 h 35 via QUB radio :

Dommages irréparables 

Éric Lefebvre, qui sollicite un troisième mandat, déplore les conséquences de ces gestes d’intimidation sur sa belle-fille, le soir de la visite inattendue du convoi de véhicules. L'adolescente est atteinte d’une déficience intellectuelle modérée.

«Depuis quatre ans, elle faisait des petits progrès.... elle était maintenant capable de prendre le taxi-bus (toute seule). Ça va être difficile de savoir combien de pas de recul on va faire à cause de cet événement-là. Déjà, le lendemain, elle ne voulait même pas sortir à l’extérieur de la maison... Quand il passe une voiture devant la maison, elle me dit: Éric, est-ce qu’ils reviennent?» affirme le candidat la gorge nouée par l’émotion.

Sur une vidéo fournie par M. Lefebvre, qui n’est pas destinée à être publiée, on aperçoit la jeune fille de 16 ans en proie à une véritable crise de panique dans les bras de sa mère qui tente de l’apaiser.

Le député, aussi conférencier dans les écoles de son secteur, refuse de blâmer ses opposants politiques pour cette série d’événements menaçants.

«Souvent, ce qu’on dit aux jeunes, c’est de penser aux conséquences de vos gestes. Bien, aujourd’hui, c’est aux adultes que je le demande», conclut-il.

Notre Bureau d’enquête a questionné les cinq principaux partis afin de savoir combien de leurs candidats avaient vécus des menaces semblables ?

Le Parti conservateur du Québec affirme que deux de ses militants auraient été victimes d’attaques à l’arme blanche et certains de leurs candidats intimidés. 

Le Parti Québécois ne déplore que quelques affiches vandalisées. Québec solidaire et le Parti libéral du Québec n’ont pas répondu à nos demandes.

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