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Combien vaudra Caufield ?

C’est sûrement le prochain dossier important sur la table de Kent Hughes

Jets vs Canadiens
Photo d’archives, Martin Chevalier Cole Caufield lors d’un match face aux Jets de Winnipeg, en avril dernier, au Centre Bell.

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Si jamais Cole Caufield connaît une saison de 30 à 35 buts avec le Canadien, quelles pourraient être ses exigences salariales ? 

On peut penser à une moyenne annuelle autour de 6 millions $... et peut-être plus. 

Au cours des dernières semaines, quelques équipes ont accordé des contrats faramineux à leurs jeunes identifiés comme des patineurs pouvant faire la différence.

Et Caufield appartient à ce groupe capable de faire partie de la solution.

Ses premiers coups de patin dans la Ligue nationale ont convaincu les sceptiques, ceux qui se questionnaient sérieusement sur son gabarit. Peut-il réussir dans un sport où les athlètes sont de plus en plus imposants, de plus en plus rapides ?

Il a démontré qu’il ne souffrait d’aucun complexe d’infériorité. Au contraire, il aime provoquer la brigade défensive adverse. Il adore la compétition, il veut se mesurer aux meilleurs de sa profession et permettre à son équipe de réaliser des résultats étonnants.

Et les gens l’apprécient.

Priorité au développement

Le directeur général Kent Hughes a pris une petite pause du boulot pour participer au tournoi de golf du Canadien, lundi, à Laval.
Photo Martin Chevalier
Le directeur général Kent Hughes a pris une petite pause du boulot pour participer au tournoi de golf du Canadien, lundi, à Laval.

Kent Hughes sait très bien ce qui l’attend. Le directeur général du CH a vécu des deux côtés de la clôture. Comme agent, il avait à vendre son client. Il préparait une foule de comparaisons pour justifier les exigences salariales.

Il avait également plusieurs arguments pour convaincre un DG qu’il s’apprêtait à faire une bonne affaire.  

Dans son nouveau rôle, Hughes a concocté un plan avec Jeff Gorton. Les deux décideurs du Canadien respectent un modèle d’affaires axé sur le développement des jeunes, sur une nouvelle culture et sur une administration qui ne craindra pas de prendre des risques pour atteindre ses objectifs.

Jake Allen
Photo d'archives
Jake Allen

Un duo gagnant

À leur arrivée, un des joyaux importants de la concession, Nick Suzuki, venait d’accepter une entente de huit ans. Leur mission est donc d’encadrer leur nouveau capitaine avec des effectifs de premier plan et de faire le grand ménage chez les vétérans ne possédant plus autant de ressources et touchant des salaires qui faussent la donne.

Caufield cadre parfaitement dans l’image que veut projeter le Tricolore.

Il forme un dynamique duo avec Suzuki. Il est un joueur ayant gagné le respect de ses coéquipiers. Il se présente à chaque match, il a de l’ambition et, surtout, il mise sur un entraîneur qui, avec le même gabarit que Caufield, a connu une carrière exceptionnelle dans la Ligue nationale.

L’Américain de 21 ans deviendra joueur autonome avec compensation à la fin de la prochaine saison, mais on peut parier qu’une entente sera conclue avant d’arriver à la date d’échéance.

Si on se met dans les souliers de Hughes, on voudrait être davantage rassuré sur le prochain investissement qu’on s’apprête à effectuer. Mais Caufield a laissé une belle carte de visite jusqu’ici et les buts marqués en deuxième moitié du dernier calendrier peuvent chasser en grande partie les inquiétudes.

Reste donc à établir un prix.

L’exemple de DeBrincat

Reste également à savoir ce que convoitent Caufield et ses conseillers. Veulent-ils s’associer avec le CH pour sept ou huit ans ? Veulent-ils imiter Alex DeBrincat et opter pour un contrat pont ? L’ex-joueur des Blackhawks avait préféré un pacte de courte durée sachant très bien que Chicago se lancerait inévitablement dans un processus de relance. 

C’est également le cas pour le Canadien avec la différence que dans le processus qu’ont enclenché Gorton et Hughes, Caufield y tient un rôle de premier plan.

Donc, si jamais il connaît une saison à la hauteur des attentes, quel sera le prix à payer ?

Comme Suzuki ?

Peut-on penser à une entente se rapprochant de celle de Suzuki ?

Ce dernier est un patineur polyvalent. On lui confie plusieurs responsabilités, autant sur le plan offensif que défensif. Il peut évoluer dans plusieurs situations stratégiques.

Caufield n’a pas autant de responsabilités... sauf que sa principale qualité, c’est de marquer des buts.

Est-ce que 6,5 M$ serait un chiffre raisonnable ?

Mais encore là, Caufield optera-t-il pour un contrat de plusieurs campagnes ? 

En 2019, DeBrincat a accepté un pacte de 19,2 M$ pour trois ans. La saison dernière, il a terminé avec 41 buts.

L’ailier de 24 ans ne regrette sûrement pas d’avoir pris une telle décision. 

Une association de plusieurs années 

La tendance veut maintenant que les équipes profitent d’un contexte favorable leur permettant de sortir des millions de dollars. La nouvelle entente avec les diffuseurs américains fournit de belles opportunités sur le plan financier.

Également, les directeurs généraux ont été informés que le plafond salarial pourrait augmenter plus rapidement que prévu en raison des revenus de la LNH. 

À Ottawa

Prenons l’exemple des Sénateurs d’Ottawa.

Il y a deux ans, ils accordaient un contrat de huit ans à Thomas Chabot. L’an dernier, ils s’associaient à Brady Tkachuk pour sept saisons. Cet été, le DG Pierre Dorion n’a pas hésité un seul instant à retenir les services de Josh Norris et de Tim Stützle pour les huit prochaines saisons.

On lance un message clair aux partisans qui, au cours des dernières campagnes, ont déserté l’amphithéâtre devant les insuccès répétés de l’équipe. Les décisions prises par la direction ont regagné la confiance d’une clientèle jadis gâtée par les exploits de Daniel Alfredsson et compagnie.

Dorion joue all-in. Il croit que Chabot, Tkachuk, Norris et Stützle permettront aux Sénateurs d’obtenir un laissez-passer pour les séries éliminatoires.  

Même chose à St. Louis

Doug Armstrong, le grand patron des Blues de St. Louis, emprunte le même parcours que Dorion.

En juillet, il a accordé à Robert Thomas un contrat de huit ans et 65 M$. Et voilà que mardi, Jordan Kyrou a accepté les mêmes conditions salariales que son coéquipier.

Mais les deux directeurs généraux devront se livrer à un exercice encore plus difficile. Celui de donner de la flexibilité à leur masse salariale. Des vétérans devront en subir les conséquences.

Ça s’applique également à Kent Hughes et le CH.

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