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Et si les chefs en campagne parlaient de science?

Et si les chefs en campagne parlaient de science?
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La quasi-absence de la science dans la présente campagne électorale est déplorable, surtout après presque trois ans de pandémie où elle a été au centre de nos vies, selon le président de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS).  

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«Les gens pensent que ça a pris six mois pour mettre au point un vaccin à l’ARN contre le coronavirus. C’est faux. Sans les 30 ans de recherche fondamentale qui ont précédé cette découverte, on n’aurait jamais pu lancer de campagne mondiale de prévention. Dans une société fondée sur le savoir, il faut mettre plus d’accent sur la culture scientifique», lance Jean-Pierre Perreault.

Jean-Pierre Perreault
Photo courtoisie
Jean-Pierre Perreault

Appelé à commenter l’initiative du Journal visant à questionner les cinq principaux partis provinciaux aspirant à former le prochain gouvernement du Québec, le biochimiste et biologiste moléculaire – également vice-recteur à la recherche à l’Université de Sherbrooke – rappelle que la pandémie a fait ressortir partout à travers le monde le besoin de connaissances scientifiques.

Largement financée par des fonds publics, la recherche est essentielle ici comme ailleurs, souligne-t-il. Et ça ne vaut pas seulement pour la science qui se joue dans les laboratoires avec des microscopes et des béchers. 

«Quand la Russie a envahi l’Ukraine, on avait des dizaines de spécialistes capables de répondre aux questions des journalistes sur la géopolitique de cette région du monde.»

La plus grande force scientifique du Québec est la créativité de ses chercheurs et chercheuses. De plus, on trouve ici une rare capacité à s’organiser en réseaux interdisciplinaires et interuniversitaires.

À son avis, il faut investir massivement dans la recherche en gardant pour 3% du produit intérieur brut (PIB), une cible recommandée par l’Organisation du commerce et du développement économique (OCDE). «On est en recul depuis quelques années», déplore-t-il, mentionnant qu’après avoir frôlé les 3% en 2003, on est sous les 2% aujourd’hui.

Le Journal a donc demandé aux différents partis ce qu’ils proposent en matière de sciences s’ils sont portés au pouvoir.

Québec solidaire 

L’expertise dans le domaine de l’environnement – changements climatiques, qualité de l’air et de l’eau, technologies vertes, causes sociales des problèmes environnementaux – est la principale force du Québec scientifique, selon Québec solidaire. Les travaux du Consortium Ouranos, de l’Institut des sciences de la mer de Rimouski, de l’Institut IREQ d’Hydro-Québec sont cités comme des exemples de réussite.

Si QS forme le prochain gouvernement, la recherche fondamentale, la recherche appliquée et le transfert de connaissances seront soutenus. «Outre le domaine prioritaire de l’environnement, la réduction des inégalités de richesse et de genre font aussi partie intégrante de notre plateforme. Nous maintiendrons les programmes de recherche sur les causes et les solutions pour s’attaquer aux inégalités.»

Les budgets prévus actuellement à la Stratégie québécoise de recherche et d’investissement en innovation de 7,5 G$ sur cinq ans seront reconduits, et bonifiés par des sommes non précisées «dans les secteurs de l’environnement, de la recherche sociale sur les inégalités et de la santé curative et préventive».

Parti libéral

Pour le PLQ, le «réseau universitaire et collégial» est la plus grande force du Québec en matière de science. «La qualité de l’écosystème de recherche au Québec est donc le pilier essentiel sur lequel l’innovation repose.»

La priorité d’un gouvernement libéral serait de s’attaquer à la crise climatique. «C’est le défi no 1 que nous devons surmonter. L’une des solutions pour y arriver, c’est de faire en sorte d’avoir de l’énergie propre pour changer les sources d’énergie fossile.»

Le parti souhaite intensifier la recherche en matière d’énergie et d’économie d’énergie, notamment en développant l’hydrogène vert, «une réponse au problème énergétique du transport lourd».

La plateforme politique prévoit la création d’une société d’État pour le développement des technologies qui nécessite des investissements importants en recherche.

Les fonds de recherche du Québec seront maintenus et éventuellement bonifiés. 

Parti Québécois 

Le réseau des universités du Québec est la plus grande force du Québec en matière de science, selon le Parti Québécois (PQ). «En termes de pouvoirs de recherche, les universités sont concentrées sur les besoins des régions elles-mêmes et à la fine pointe des technologies.» 

Un gouvernement péquiste soutiendra la «recherche pour faire face aux changements climatiques et adapter nos industries». Objectif: diminuer les émissions de GES de 45% d'ici 2030. Dans le secteur industriel, le PQ veut augmenter les budgets de recherche et développement et stimuler le déploiement de nouvelles technologies. Il y aura, par exemple, création d'un institut de robotique.

Le budget que le PQ veut consacrer à la recherche et au développement devrait atteindre 3% du PIB, mais pour le prochain mandat le Parti Québécois compte se concentrer sur l'accélération des investissements des entreprises dans leur transition technologique et en innovation. Le secteur manufacturier doit accroître l’acquisition de technologies existantes et stimuler l’automatisation des entreprises.

Coalition Avenir Québec 

La plus grande force du Québec scientifique est son écosystème universitaire et collégial, particulièrement dans des domaines d’avenir comme l’électricité, les sciences de la vie et l’intelligence artificielle. Les 19 universités du Québec et les 59 centres collégiaux de transfert de technologies font de la recherche fondamentale et appliquée et du transfert de connaissances. 

Via la Stratégie québécoise de recherche et d’investissement en innovation (SQRI) 2022-27, un gouvernement caquiste entend investir 7,5 G$ pour doter le Québec d’une base encore plus solide en recherche et innovation. «Nous allons favoriser plus d’interaction dans l’écosystème, soutenir l’entrepreneuriat technologique innovant et stimuler la commercialisation des innovations. »

S'ils sont réélus, les caquistes créeront de nouvelles «zones d’innovation» visant à rapprocher le milieu du savoir du milieu des entreprises afin de faire avancer la science. Deux zones ont vu le jour, à Sherbrooke (sciences quantiques) et l’autre à Bromont (électronique intelligente). La plateforme prévoit des budgets supplémentaires en sciences humaines. Une annonce viendra plus tard en campagne.

En plus des 7,5 G$ en dépenses directes et en incitatifs fiscaux prévus par la SQRI, d’autres investissements proviendront de la Stratégie des sciences de la vie 2022-25, que l’on a aussi mise en place. En 2019, les dépenses en R&D en provenance des gouvernements et des entreprises au Québec représentaient 2.18% du PIB du Québec. Nous étions au premier rang des provinces canadiennes.

Parti conservateur du Québec

«Les meilleures technologies pour préserver l’environnement seront le fruit de la recherche et de l’innovation sur un marché concurrentiel», peut-on lire dans le programme du Parti conservateur du Québec, qui n’a pas répondu à nos multiples demandes pour exposer aux lecteurs du Journal sa politique scientifique.

Sur le site du parti d’Éric Duhaime, la plateforme présentée est la transcription des positions adoptées au congrès national des 20 et 21 novembre dernier.

Le mot «science» n’apparaît pas une seule fois dans le texte de 88 pages. Pour ce parti qui veut avant tout «favoriser l’activité économique», l’environnement et la santé sont des secteurs clés du Québec de demain, mais la recherche scientifique est surtout tournée du côté de l’innovation. 

Le programme est muet en matière d’investissements en recherche et lorsqu’il est question des universités, c’est pour dire qu’un gouvernement conservateur augmentera les admissions en médecine et pour préciser les visées du parti en matière de liberté d’expression.


  • Le 21 septembre de 17h à 19h, l’ACFAS organise à Montréal un bar des sciences où des représentants des cinq principaux partis viendront expliquer leur vision publiquement. Entrée libre.
  • Information: https://www.acfas.ca/evenements/barsciences2022
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