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Nos forêts sont laissées à l’abandon, déplorent les travailleurs de l'industrie

Ils demandent à Québec de s’occuper du reboisement

Charles-Philippe Laflamme
Photo courtoisie Charles-Philippe Mimeault Laflamme pose dans une zone qui a été tout récemment déboisée, en Gaspésie. Le président de l’Association des entrepreneurs en travaux sylvicoles du Québec (AETSQ) souhaiterait que ce soit plus facile de reboiser le Québec.

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Le gouvernement du Québec ne s’occupe pas de la forêt alors que le régime forestier en place depuis 10 ans fonctionne de travers, plaident des acteurs du secteur.

• À lire aussi: Reboisement: l’argent n’est pas au rendez-vous

«Le ministre des Forêts veut doubler la production de bois d’ici 2080, mais ils ne sont même pas capables de s’occuper de la forêt maintenant», lance Charles-Philippe Mimeault Laflamme, président de l’Association des entrepreneurs en travaux sylvicoles du Québec (AETSQ). 

Après 18 jours de campagne électorale, il est impatient. 

«Il est plus que temps que les cinq partis politiques fassent connaître leur plan pour la forêt», dit l’ingénieur forestier de formation. 

Depuis 30 ans, Québec a investi des milliards de dollars en travaux sylvicoles pour reboiser et régénérer la forêt. 

«Nous, on sait que ça marche, car la science le prouve. Mais Québec ne le sait pas, car ils ne font pas d’études. Et le budget annuel pour les travaux sylvicoles est le même depuis 10 ans, donc il baisse chaque année», plaide le président de l’AETSQ, en mentionnant l’inflation.

Québec alloue 225 millions $ par année à la sylviculture depuis 2013, quand le nouveau régime forestier est entré en vigueur. 

Dans l’écosystème du bois au Québec, 150 PME s’occupent de reboiser alors que 400 PME s’occupent de couper. 

Le budget de la sylviculture est passé à 250 M$ en 2020, ce qui est toujours moins que les 225 M$ de 2013. Il devrait être de 271,8 M$ en 2022, calcule l’AETSQ, pour refléter le coût de la vie. 

Mais ce n’est même pas une question d’argent. «On pourrait mettre 300 millions $ sans que rien ne change», avoue l’ingénieur forestier. 

Cruel manque d’efficience

Ce qu’il veut avant tout, c’est de l’efficience dans les travaux. Car avant 2013, les forestières elles-mêmes s’occupaient de la sylviculture. 

Depuis, la tâche de tout planifier revient aux fonctionnaires du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.

«Le gouvernement fait la même chose que le privé, mais moins bien», observe le président de l’AETSQ.

Il est appuyé par la Fédération québécoise des coopératives forestières. «Le régime de 2013, c’est une belle stratégie, mais on ne se donne pas les moyens de réussir. On se met des bâtons dans les roues tous les jours», illustre son président, William Lebel. 

Un troisième allié, inusité celui-là, est d’accord. Il s’agit de Henri Jacob, ami proche de Richard Desjardins, grand défenseur des forêts et fondateur de l’organisme Action boréale.

«On est sympathiques aux sylviculteurs. Couper deux fois plus de bois d’ici 2080? C’est d’un ridicule consommé. Ils vont le prendre où, leur bois?», expose-t-il en parlant rapidement et passionnément. 

Pour l’écologiste, les travaux sylvicoles sont le «remède à une mauvaise planification». 

Et cette mauvaise planification, c’est précisément ce que déplorent les acteurs du milieu. 

«Ce n’est pas à nous de s’occuper de la forêt, c’est au gouvernement! Ils se sont désengagés de la forêt depuis 2013», se permet d’affirmer Charles-Philippe Mimeault Laflamme.

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