/news/society
Navigation

Un centre de loisirs 24h pour les jeunes qui passent des nuits dehors, plaide un intervenant

Un intervenant de Rivière-des-Prairies propose une solution pour aider les jeunes qui traînent dehors la nuit

Pierreson Vaval
Photo d'archives, Chantal Poirier Pierreson Vaval est un intervenant communautaire de longue date dans l’arrondissement Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles à Montréal.

Coup d'oeil sur cet article

À l’intérieur de Montréal, le journaliste Louis-Philippe Messier se déplace surtout à la course, son bureau dans son sac à dos, à l’affût de sujets et de gens fascinants. Il parle à tout le monde et s’intéresse à tous les milieux dans cette chronique urbaine.


Parce que des jeunes en brouille avec leur famille passent des nuits dehors à la merci des exploiteurs et des tentateurs de gangs de rue, il leur faut des lieux adaptés où se socialiser en sécurité et où bouger à leur guise 24 h sur 24, plaide un intervenant qui œuvre avec eux. 

En cette période électorale, les politiciens soucieux du sort des quartiers marqués par la pauvreté et par la violence prêteront-ils l’oreille à cette idée ?

«Chaque fois que je parle de centres de loisirs communautaires jeunesse ouverts 24 h, les gens s’étonnent. Surtout de l’idée que ce soit ouvert la nuit. Mais bientôt ils me disent: c’est vrai que ça ferait une différence!» raconte Pierreson Vaval, le directeur d’Équipe RDP, un organisme qui travaille auprès des jeunes du secteur Rivière-des-Prairies à Montréal.

Je suggère l’acronyme «CLCJ24» (Centres Loisirs Communautaires Jeunesse 24 h) pour désigner le projet préconisé par M. Vaval. Un tel centre comporterait un gymnase accessible n’importe quand.

Un groupe veut faire une partie de basketball à 3 h 30 ? Ce serait le lieu désigné pour ça.

«Ça éviterait aux policiers de faire la tournée des parcs pour dire aux gens de partir parce que c’est fermé.»

«Ça éviterait à des jeunes de s’attarder dans un McDo parce que c’est la seule place accessible.»

La demande est là...

M. Vaval se souvient qu’à ses débuts comme intervenant, un gymnase d’école de son quartier était ouvert jusqu’à 2 h du matin... et il y avait des jeunes jusqu’à la fermeture!

Pour d’obscurs motifs bureaucratiques, cette initiative d’un gymnase nocturne fut abandonnée au milieu des années 2000.

«Nous, on se dit que le sport, c’est le jour, et que la nuit, c’est le moment de dormir, mais il y a des adultes qui s’abonnent à des gymnases 24 h pour accommoder leur horaire atypique, alors moi je dis : pourquoi pas une salle de jeu et de sport pour ces jeunes atypiques?» 

Dans tous les quartiers où de nombreuses bandes de jeunes squattent nuitamment les lieux publics, parfois en dérangeant le voisinage, des centres de loisirs 24 h pourraient être utiles.

Influençables 

En plus d’un gymnase, un CLCJ24 comporterait une offre alimentaire à prix modique, un salon où se socialiser (ou jouer à des jeux vidéo) et un dortoir.

«Quand un jeune de ma communauté se brouille avec sa famille, il tombe habituellement en itinérance logée, il trouve un toit chez des pairs qui disposent d’appartements ou de maisons souvent pour abriter des activités pas toujours recommandables.»

«Le jeune qui dort et qui mange là finit par se sentir redevable pour cette hospitalité et, bientôt, si on lui demande des services, il se croit tenu de dire oui...» 

C’est donc important que des lits soient offerts dans le centre.

«Ce serait adapté aux jeunes, donc archi-différent d’un refuge pour sans-abri.»

«Le jour où les jeunes disposeront d’un endroit conçu pour leurs besoins même à des heures incongrues, où des adultes bienveillants les écouteront et les orienteront vers des solutions, on fera un grand pas», croit M. Vaval.

«La police ne peut pas faire de miracles avec ces jeunes qui n’ont pas d’endroits où aller.»

M. Vaval espère que le probable gagnant des élections, François Legault, va noter sa suggestion, particulièrement pour Montréal.

«Il y a des Maisons des aînés. Pourquoi pas des Centres de loisirs 24 h?»

Vous avez un scoop à nous transmettre?

Vous avez des informations à nous partager à propos de cette histoire?

Vous avez un scoop qui pourrait intéresser nos lecteurs?

Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.