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Le monde à l'envers: le pari de TVA

Stéphan Bureau
Photo courtoisie, TVA Stéphan Bureau

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Ce n’est pas si fréquent qu’un réseau fasse pareil appel à l’intelligence des téléspectateurs en heure de grande écoute.

C’est le parti que prend TVA avec Le monde à l’envers, l’émission-débat animée par Stéphan Bureau. Même s’il avait été quelque temps chef d’antenne du téléjournal de 22 h à TVA, cet animateur hyper doué, qui ne cesse d’explorer les diverses avenues qu’offrent les médias, semblait avoir pris racine à Radio-Canada. Le légendaire manque de grâce du diffuseur public envers ceux qui l’ont le mieux servi a ramené Stéphan Bureau « chez lui », pour reprendre l’expression qu’il a employée pour annoncer son retour à TVA.

Malgré une feuille de route qu’auraient enviée une Barbara Walters ou un Dick Cavett, fils d’enseignants lui aussi, c’est un animateur fébrile qui a pris les rênes de l’émission de 90 minutes en direct, vendredi soir à 20 h. Il y avait de quoi chausser des espadrilles. La course à obstacles que Bureau s’est imposée en passant de ses invités à son auditoire en studio, à celui de la maison ainsi qu’à des entretiens particuliers avec Gérard Deltell, supporteur de Jean Charest dans la course à la chefferie du parti conservateur, et Fady Dagher, chef de police émérite de Longueuil, tenait de la haute voltige. Que Bureau ait réussi un sans-faute en dit long sur son habileté.

DIRE DES CHOSES QUI CHOQUENT

Fabien Cloutier, l’invité principal, a bien servi l’émission. L’homme de théâtre de la Beauce, auteur et vedette de la série Léo, n’a pas la réputation d’avoir la langue dans sa poche. Dans ce format, plus l’invité principal prendra sa place, plus l’animateur pourra reprendre son souffle. Comme Bureau, toutefois, Cloutier est resté un peu trop sur son quant-à-soi. Dans une émission « où chacun doit assumer son rôle citoyen en disant des choses qui choquent », avait déclaré Bureau à la chroniqueuse Catherine Richer du 15-18, j’ai été étonné de l’entendre préciser que les mots qu’il venait de dire « étaient une boutade ». Il voulait s’assurer qu’on ne le prenne pas au premier degré ! Et puis ?

Le choix des collaborateurs qui doivent revenir ne m’a pas déçu. Je serais surpris de me lasser de la faconde de Yasmine Abdelfadel, aussi brillante que vive, des opinions pragmatiques de Louise Deschâtelets, teintées par sa longue expérience de courriériste, ou des propos incisifs de Raed Hammoud, l’âme de la série Immigrants de souche, diffusée à TV5. J’ai hâte d’entendre les autres collaborateurs. 

UN CONCEPT MADE IN QUEBEC

Quand les responsables de l’émission feront leur post mortem, ils verront qu’il y a place pour plus d’humour, que les trop nombreuses « surimpressions » distraient et agacent, que l’éclairage des entrevues particulières n’est pas à son mieux et que les sujets manquaient un peu de variété. Il y a une vie au-delà de la politique dont nous saturent les réseaux d’information en continu.

Si le concept du Monde à l’envers a quelque parenté avec certaines émissions de débat de la télévision française, il s’agit tout de même d’un concept original made in Quebec. Radio-Canada aurait économisé plusieurs millions de dollars si elle avait planché sur un concept original plutôt que d’acheter servilement celui de Tout le monde en parle de Thierry Ardisson et Catherine Barma.  

Vendredi est-il le meilleur soir pour Le monde à l’envers ? L’avenir le dira. Chose certaine, précédée des Chanteurs masqués, de Révolution ou de Star Académie, l’émission de Stéphan Bureau constituerait plus que l’arsenal qu’il faut pour que TVA reste en tête de l’écoute le dimanche soir.

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