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Au Québec, un peuple de locataires

maison a vendre
Photo Adobe Stock La baisse du taux de ménages propriétaires représente un recul historique.

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La réalité de la classe moyenne dans un pays comme le nôtre, c’est qu’il n’est pas facile de mettre des centaines des milliers de dollars dans ses placements à même ses économies. À moins de gagner à la loterie, lorsqu’on arrive à la fin du mois en s’étant acquitté de toutes ses obligations, il ne reste pas grand-chose.

Les plus économes parviendront à en mettre un peu de côté, une bonne habitude, mais bien d’autres peineront à épargner vraiment. C’est encore plus vrai lorsqu’on a des enfants à nourrir, à habiller et à éduquer.

En somme, le patrimoine de nombreuses familles de la classe moyenne se bâtira autour de deux choses : le fonds de pension et la propriété. Payer sa propriété chaque mois, c’est se forcer à épargner tout en se logeant. Payer sa propriété chaque mois, c’est aussi investir dans un excellent actif qui prendra de la valeur.

C’est la raison pour laquelle je suis obsédé, depuis plus de vingt ans, en politique et dans les médias, à voir s’accroître le plus vite possible la proportion de Québécois propriétaires. Et pourquoi aussi je crois qu’il faut créer les conditions pour que les générations montantes aient accès à la propriété le plus tôt dans leur vie.

Chiffres déprimants

Le dernier recensement est vraiment déprimant. Fait exceptionnel depuis la Deuxième Guerre mondiale, l’accès à la propriété a reculé dans la dernière décennie. Le pourcentage de ménages qui sont propriétaires a régressé au Québec comme au Canada. Pire, ce taux a reculé de façon encore plus spectaculaire chez les jeunes de 25 à 29 ans, ayant passé de 38 à 34 %.

Quatre pour cent, c’est énorme dans ce genre de données. On n’achète pas des maisons comme on achète des babioles. Ce sont des données de long terme, qui fluctuent très lentement et généralement toujours à la hausse dans une société qui s’enrichit. Le legs naturel de patrimoine d’une génération à l’autre contribue à cette hausse constante et saine. Le recul de la dernière décennie sonne une réelle alarme.

Deux faits rendent ces données encore plus préoccupantes. Cette décennie a connu des taux d’intérêt exceptionnellement bas, ce qui devrait être un facilitateur de l’accès à la propriété. Aussi, le recensement fait en 2021 ne prend que très partiellement en compte l’explosion de la valeur des propriétés que nous avons connue pendant la pandémie.  

Le cas du Québec

Le plus triste, c’est qu’en matière de taux de ménages propriétaires, le Québec traîne de la patte au Canada. De toutes les provinces canadiennes, nous sommes le peuple de locataires et de loin. C’est ainsi depuis aussi longtemps que nous pouvons trouver des statistiques. En d’autres matières, nous avons fait des rattrapages de géant depuis la Révolution tranquille. Sur cette variable, nous sommes restés une dizaine de points de pourcentage derrière.

Voilà un facteur majeur d’appauvrissement de la classe moyenne à long terme. Fiscalité, taxation, règles du marché immobilier, tous les partis qui se disent soucieux d’économie devraient s’obséder de ce recul. 

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