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Premier essai de Véronique Alarie: question de bienveillance

Véronique Alarie
Photo courtoisie Véronique Alarie

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On dit des personnes bienveillantes qu’elles sont emphatiques et font preuve de compassion et d’altruisme. Choisir d’être bienveillant serait tendance selon l’auteure Véronique Alarie, qui signe son premier essai, s’est penchée sur la question tout en donnant son opinion franche.

Véronique Alarie
Photo courtoisie

Tendance, certes, mais la bienveillance est-elle un choix? Véronique Alarie constate toute la frénésie autour de l’idée d’être bienveillant et de donner au suivant, citant même l’animatrice américaine Ellen DeGeneres qui, devant ses téléspectateurs, tenait à venir en aide à des personnes dans le besoin. 

Néanmoins, nous sommes en droit de nous demander si ces gestes étaient une manière d’augmenter ses cotes d’écoute ou sa notoriété. De fait, des employés du talk-show d’Ellen ont dénoncé des comportements d’intimidation et de harcèlement sexuel à leur égard de la part de producteurs exécutifs. «Un climat de travail pour le moins toxique, que l’animatrice aurait passivement laissé s’installer, selon eux», indique l’auteure. 

En milieu de travail

Véronique Alarie, qui a été durant de longues années travailleuse autonome, raconte quantité de situations où ses employeurs n’ont aucunement fait preuve de bienveillance à son égard. 

«Combien de fois ai-je dû patienter pendant des mois pour recevoir le paiement d’un mandat complété depuis des lunes», souligne-t-elle. 

Discuter de cette question avec ses gestionnaires n’a pas été bien perçu.

Ainsi, il serait légitime de se demander si la bienveillance doit être à sens unique selon la position occupée dans une entreprise. Un employeur qui demande à son équipe de faire preuve de bienveillance devrait pourtant prêcher par l’exemple. Mais force est de constater que la menace du siège éjectable au travail est bien présente. 

«La vérité c’est que certains patrons n’hésiteront pas à nous réduire en un employé interchangeable dénué de toute valeur intrinsèque lorsqu’ils auront tiré tout de ce qu’ils pouvaient de nous et qu’il sera temps de réduire les effectifs pour finir de juicer la poignée de chanceux qui pourront demeurer en force», fait remarquer Véronique Alarie dans son livre. 

Nombreux sont ceux qui ont fait face à cette situation lors de la pandémie, perdant leur poste malgré des années de bienveillance vouée à l’entreprise pour laquelle ils œuvraient. 

En lisant ce livre, on comprend que pour la majorité des employeurs, la bienveillance est un beau concept, mais qu’il est appliqué à géométrie variable. 

Pas étonnant non plus que dans le cadre de l’actuelle pénurie de main-d’œuvre on constate un désengagement de la part des employés.

Si le vent doit tourner, les employeurs devront offrir plus qu’une flexibilité d’horaire et une table de billard au bureau. Il faudra faire preuve de bienveillance envers les employés, sinon ceux-ci finiront par choisir des entreprises dont la culture correspond à leurs valeurs.

Une très belle réflexion s’impose avec ce livre qui porte une certaine ironie envers le constat de la bienveillance.

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