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Échangées à la naissance, elles sont réunies 53 ans plus tard

Échangées à la naissance, elles sont réunies 53 ans plus tard
Capture d'écran Facebook

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Deux femmes de 53 ans ont passé leur vie dans la mauvaise famille après une confusion à la naissance, en 1969, au Springdale Cottage Hospital de Terre-Neuve-et-Labrador. 

Le matin du 24 septembre 1969, Ruth Lush a donné naissance à une petite fille qu'elle a appelé Dora Arlene Lush, du nom d'une cousine. Pendant sa convalescence à l'hôpital, on lui apporte sa fille. À sa grande surprise, Mme Lush ne la reconnaît pas. Ce n'était pas le même bébé qu'elle avait caressé la veille, a-t-elle pensé. Mais l'infirmière l'a aussitôt rassuré: les bébés peuvent changer rapidement. C'était bel et bien son bébé.

Or, en grandissant, les différences entre Dora Arlene et les autres enfants des Lush étaient de plus en plus évidentes. Dora était rousse et pleine de taches de rousseur, alors que ses sœurs étaient blondes à la peau laiteuse.

De son côté, l'autre bébé, maintenant devenu grand, Caroline Weir-Greene, s'est toujours questionné par rapport à son identité. Adoptée par sa tante, elle se trouvait trop différente de ses cousines, qui aimaient la narguer en lui disant que son père n'était peut-être pas son vrai père.

C'est donc la tête pleine de questions qu'elle a un jour ouvertes un courriel contenant les résultats d'un kit généalogique qu'elle avait fait. C'est ainsi qu'elle vit apparaître une liste de noms de famille qui n'avaient rien à voir avec son nom actuel. Elle apprit également l'existence d'une de ses sœurs, quelque part à Halifax, qu'elle s'est empressée de contacter. Sa sœur, qui était en fait la fille aînée de Mme Lush, les mit en contact.

Ruth Lush était sous le choc. Elle apprit que sa fille biologique avait été élevée dans un hameau de pêcheurs à une heure de là et que les parents biologiques de Dora Arlene étaient tous les deux décédés.

Des expériences partagées

L'histoire de l'échange s'est vite propagée dans la municipalité et d'autres ont partagé des expériences semblables au Springdale Cottage Hospital.

Joan Bugdell, par exemple, s'est fait tendre un bébé dans une couverture rose après la naissance. Pourtant, elle avait donné naissance à un garçon. L'infirmière, qui était d'abord sceptique, est disparue pour enquêter et est finalement revenue avec son fils.

Même histoire pour Jenetta Burton, qui a elle aussi reçu une fille au lieu du fils auquel elle avait donné naissance, quelques heures plus tôt.

À l'époque, le seul moyen d'identifier les bébés à la naissance dans les hôpitaux ruraux de la région était à l'aide de petits bracelets identifiés, qui pouvaient être mélangés de temps en temps.

«Je suppose que ces choses-là peuvent arriver n'importe où, mais je suis vraiment surprise d'apprendre que ça s'est produit là-bas», a déclaré une infirmière qui travaillait au Springdale Cottage Hospital à l'époque, Valerie Combden.

«Je ne peux pas imaginer le traumatisme qu'ont vécu les parents. Mes pensées et mes prières les plus profondes vont vers eux. C'est vraiment terrible», a-t-elle ajouté.

D'autres cas semblables au Canada?

Bien que les cas d'échange à la naissance soient rares, ils ne sont pas inexistants au Canada. En 2015 et en 2016, deux cas distincts ont été découverts dans un hôpital fédéral du nord du Manitoba, dans les années 70.

En réponse, Santé Canada a offert des tests d’ADN gratuits aux personnes nées à l'hôpital au cours de cette période et a ordonné une enquête indépendante, qui a révélé que les changements étaient accidentels et résultaient du non-respect des procédures d'identification standards.

Le ministre provincial de la Santé et des Services communautaires de Terre-Neuve, Tom Osborne, a offert ses sympathies aux familles touchées, sans toutefois présenter ses excuses. Il affirme examiner ce qui a été fait au Manitoba pour voir s'il est possible de faire quelque chose de semblable dans le cas de Terre-Neuve. Il ne pense cependant pas qu'une enquête indépendante soit nécessaire.

Ce n'est pas l'avis du porte-parole progressiste-conservateur en matière de santé, Paul Dinn, qui insiste sur le droit des familles à savoir si c'est un incident isolé et si les changements ont eu lieu délibérément ou en raison d'une faille dans le système. «Au minimum, ces familles ont droit à des excuses», a-t-il déclaré.

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