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Nouvel opus de la journaliste Dominique Scali: un roman d’aventures maritimes

ART-PORTRAIT-DOMINIQUE SCALI-LES MARINS NE SAVENT PAS NAGER
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits La journaliste et romancière Dominique Scali

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Après s’être intéressée au Far West dans un premier roman très remarqué, À la recherche de New Babylon, la journaliste et romancière Dominique Scali a créé tout un univers à saveur maritime dans son nouvel opus, Les marins ne savent pas nager. Ce roman d’aventures est campé dans un XVIIIe siècle alternatif sur une île lointaine où le vent souffle, impitoyable, et où les hommes et les femmes tentent de vivre, et surtout de survivre.

Orpheline, Danaé Berrubé-Portanguen, dite Poussin, possède un don qui est rare sur Ys, une île perdue dans l’Atlantique où vit un peuple obsédé par l’honneur et le courage : elle sait nager. 

Les hommes et les femmes qui peuplent l’île d’Ys n’ont pas tous les mêmes privilèges. Certains vivent sur les plages, d’autres trouvent refuge dans la cité fortifiée, à l’abri des grandes marées d’équinoxe. Danaé Poussin doit se soumettre comme tous aux cycles et aux caprices de la mer et faire face aux humeurs tourmentées des habitants de l’île.

Tout un univers maritime est sorti de l’imagination de Dominique Scali dans cette brique de plus de 700 pages qui lui a demandé plusieurs mois de travail intense.

«J’avais cette fascination pour l’eau, pour l’océan, pour l’univers marin, sans vraiment savoir ce que je voulais faire exactement. J’étais beaucoup habitée par les questions qui tournent autour de la puissance, de l’impuissance, de l’échec. Je trouvais que la puissance de l’océan, l’impuissance qu’on vit quand on est sur l’océan, et toutes les images autour du naufrage et de l’échec, on dirait que ça s’est un peu marié dans ma tête.»

C’était une période où elle a redé-couvert le conte La petite sirène d’Andersen, qu’elle trouvait très pertinent et très juste comme métaphore des sacrifices qu’on est prêts à faire pour atteindre ce qu’on veut, autant le succès que l’amour.

«Tout ça s’est mélangé et j’ai eu envie de créer un monde dans lequel je pouvais recréer la dynamique et les thèmes de ce conte. Un monde dans lequel il pouvait y avoir des sirènes, sans le côté fantastique, sans qu’il y ait des vraies sirènes avec des queues de poisson, disons.»

Un défi de taille

Petit à petit, le roman a pris forme. Ce fut un défi de taille. 

«Ce qui m’a le plus surpris, ça a été la difficulté de la recherche. C’était très difficile de trouver de l’information sur la période historique qui m’intéressait. Tout ce qui concerne la navigation, le monde marin, déjà c’est très compliqué, très technique. Juste comprendre comment fonctionne la navigation à voile aujourd’hui c’était déjà un défi. En plus, comprendre ça dans un genre de 18e siècle, où les sources d’information sont assez rares, ça a été un défi. Ça m’a pris plus de temps que je pensais, et déjà, je trouvais ça plus dur que ce que je pensais.»

Son processus a été basé sur la recherche, explique-t-elle. 

«Je fais de la recherche, je lis, et pendant que je lis et que je prends des notes, il y a des choses qui émergent. De ne pas trouver ce que je cherchais, ça a été un gros défi. Il y a un moment où j’ai senti que je maîtrisais le sujet et où j’ai pu commencer à m’amuser.»

Trip littéraire

Les marins ne savent pas nager est un vrai «trip littéraire», un « rip imaginaire», dit-elle. 

«Il y a des moments où je me suis trouvée folle un peu. À la base, je savais que c’était ambitieux et tant que je n’étais pas rendue à la moitié, il y a des moments où c’était une grosse montagne. Il y avait un petit côté “mission impossible” : l’idée est bonne, mais arriver à le faire jusqu’au bout, il y a des moments où j’ai douté que c’était possible. Mais j’ai décidé de continuer jusqu’à ce que j’y arrive.»

  • Dominique Scali est née à Montréal en 1984.
  • Elle est romancière et journaliste.
  • Son premier roman, À la recherche de New Babylon (2015) a été traduit en anglais et en espagnol.
  • Elle participera au festival littéraire Québec en toutes lettres en octobre.
  • Elle entreprendra ensuite une tournée de 2 semaines en Europe.

EXTRAIT

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Photo courtoisie

«Avec la mi-septembre venait la fin de la saison. Les chaloupes qui abondaient sur la grève, quille en l’air, avaient pour lors disparu du paysage. On les avait empilées à bord de la goélette de l’avitailleur en même temps que les derniers quintaux de morue. On démantelait quais et chafauds. On barricadait les lucarnes, les ouvertures. On ne savait jamais dans quel état on allait retrouver les chaumières après l’équinoxe. Elles avaient été construites en pierres pour faire face au vent du large et à l’invasion des flots. Les murs résistaient assez bien. La dévastation venait en général des toitures de varech, arrachées par les rafales ou défoncées par les trombes.»

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