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Réjean Giroux: la carrière dont il ne rêvait même pas chez les Nordiques

Giroux n’espérait même pas faire le saut chez les pros

Réjean Giroux
Photo d’archives Réjean Giroux dans l’uniforme des Nordiques en 1972.

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Après trois saisons à porter les couleurs des Remparts, Réjean Giroux ne rêvait pas d’une carrière professionnelle. L’arrivée des Nordiques et de l’Association mondiale aura fait dévier le parcours du jeune attaquant.

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« En 1972, j’avais 19 ans. J’ai été repêché par les Black Hawks dans la LNH et par les Nordiques dans l’AMH, se souvient Giroux, qui a aujourd’hui 70 ans. La maison familiale était à Québec, je venais de passer trois ans chez les Remparts. Disons que je n’ai pas hésité ! »

« Je n’ai pas vraiment eu de discussions avec Chicago. Je ne prévoyais pas réellement de jouer au hockey professionnel », ajoute-t-il.  

Le meilleur des deux mondes

En demeurant à Québec, l’ailier obtenait le meilleur des deux mondes. Il pouvait s’essayer dans le hockey professionnel tout en demeurant dans un environnement connu.

Chez les Remparts, Giroux avait côtoyé Marius Fortier et Maurice Filion, qui étaient devenus entre-temps directeur général et recruteur chez les Nordiques, respectivement.

L’attaquant Réjean Giroux âgé aujourd’hui de 70 ans
Photo courtoisie
L’attaquant Réjean Giroux âgé aujourd’hui de 70 ans

« J’étais parmi les plus jeunes joueurs de l’équipe. C’était donc sécuritaire et rassurant de me retrouver entouré de gens que je connaissais de près ou de loin », pointe-t-il.

L’aventure que constituaient l’Association mondiale et son avenir incertain n’a donc jamais vraiment inquiété le jeune athlète. Si le projet ne fonctionnait pas, il aurait au moins essayé...

Le slap shot de Hull

Mais finalement, 50 ans plus tard, Giroux qualifie encore ses deux années passées à Québec de « belle aventure ».

« Quand je suis arrivé avec l’équipe, c’était très impressionnant de rencontrer et de jouer avec des gars comme Jean-Claude Tremblay et Jean-Guy Gendron, des joueurs que je suivais depuis longtemps, souligne-t-il. Ce n’était pas facile pour moi de rentrer dans ce monde-là, j’étais un des plus jeunes. »

« Quand tu arrives dans un camp comme celui-là à 19 ans, tu t’assois, tu regardes et tu écoutes ! » poursuit-il en riant.

L’ancien attaquant se souvient aussi de ces fameuses rencontres face à Winnipeg, durant lesquelles il apercevait le légendaire Bobby Hull assis sur le banc de l’équipe adverse.

« Pendant un match, Hull y était allé de son fameux slap shot. La mitaine de Serge Aubry avait revolé tellement c’était puissant ! » se souvient-il.

Des points et de la violence

Giroux a peu joué avec les Nordiques durant la deuxième saison. Il a porté les couleurs de leur club-école installé à Lewiston, où il a découvert la North American Hockey League, une ligue encore plus violente que pouvait l’être l’AMH.

« Plusieurs joueurs de la ligue n’étaient même pas des hockeyeurs, raconte Giroux. C’étaient des matraqueurs. Il y avait aussi beaucoup de drogue. »

Même si le style de jeu préconisé était loin du sien, le jeune attaquant a terminé au sommet des pointeurs de l’équipe cette année-là, avec 122 points.

Une production qui a attiré le regard des Black Hawks, qui ont été « plus sérieux dans leurs négociations », explique l’ancien joueur.

Mais après deux saisons dans les filiales de l’équipe, une sévère blessure au genou le forcera à accrocher ses patins, à seulement 23 ans.

Ce mal, il le traînera durant plusieurs années, pendant lesquelles il occupera différents emplois : serveur, propriétaire de restaurants, représentant pour une compagnie de vins et spiritueux, en plus de se lancer dans l’immobilier.

Le tout à Québec, la ville où il a grandi et qui lui a permis de toucher à une carrière à laquelle il ne rêvait même pas.


Comme la naissance d’un bébé 

Pierre Roy venait de disputer trois saisons avec les Remparts lorsque les Nordiques sont nés. Il n’a pas hésité à faire le saut dans l’AMH, même s’il avait aussi été repêché par les Flames d’Atlanta.

« La première saison, c’était comme la naissance d’un bébé, illustre le défenseur. Il y a eu des moments cocasses, mais aussi des passages difficiles. Des équipes déménageaient, parfois on devait s’habiller dans le corridor à l’aréna ! »

Il chérit encore les rencontres disputées contre Bobby Hull ou Gordie Howe. Des matchs qu’il qualifie « d’extraordinaires ».

Roy a longtemps évolué dans l’AMH. Après avoir été échangé par les Nordiques en 1976-1977, il a porté les couleurs des Stingers de Cincinnati. Il a ensuite joué durant deux ans dans la Ligue américaine, avant de conclure sa carrière avec les Whalers.

« J’ai ensuite fait plusieurs autres carrières. J’ai réparé des moteurs de bateau sur la côte ouest. J’ai aussi travaillé dans une compagnie de vente au Québec, puis ils m’ont transféré en Colombie-Britannique [où il vit depuis 24 ans]. » 

La série LIV du hockey 

Robert Guindon jouait dans les filiales des Red Wings depuis deux ans quand il a appris qu’il avait été sélectionné par les Nordiques, dans l’AMH, en 1972. Une ligue qu’il compare aujourd’hui à la LIV Golf, qui crée depuis quelques mois de fortes tensions dans le golf professionnel.

« C’était un peu comme la nouvelle ligue qui est née au golf. D’ailleurs, quand j’ai vu ça, j’ai dit à mon épouse : “Regarde, c’est l’association mondiale du golf !” Sauf qu’eux, ils ont beaucoup d’argent. Ça pousse dans le sol », lance-t-il en riant.

L’ex-attaquant se souvient de l’AMH comme d’une ligue où « tous les joueurs tentaient de se prouver, car seulement quelques-uns avaient joué dans la LNH ». 

Il l’a appris dans le Hockey News

C’est par un article publié dans le magazine Hockey News que l’attaquant Guy Dufour a appris que les Nordiques l’avaient sélectionné lors du repêchage inaugural de l’AMH.

L’attaquant a grandi à Québec. Il avait déjà porté l’uniforme des Citadelles juniors et des As. Il était content de revenir à Québec, même si son passage avec l’équipe a été bref.

Durant la première saison, il a été limité à neuf matchs avec l’équipe.

Sa carrière de hockeyeur prendra fin trois ans plus tard. Il travaillera ensuite pour Labatt, puis il est devenu camionneur et chauffeur d’autobus, avant d’être embauché par la laiterie Etchemin et le moulin de papier de Beaupré.

« Au moins, ça m’a donné un fonds de pension. Parce que celui des Nordiques me rapporte 99,96 $ par année », rigole-t-il. 

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