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Un petit trottoir surplombant l’abîme: les mots en héritage pour Robert Lalonde et sa fille

GEN - STÉPHANIE ET ROBERT LALONDE, PÈRE ET FILLE
Photo Martin Alarie Robert Lalonde et sa fille, Stéphanie

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Ce ne sera pas une réunion de famille, mais presque. Les 27 et 28 septembre prochains, Robert Lalonde se retrouvera sur scène avec sa fille, Stéphanie Capistran-Lalonde, à la mise en scène dans un spectacle-lettre d’amour à l’écrivaine Virginia Woolf. Un événement et un texte inédit écrit par l’auteur de 75 ans et mis en lecture par sa fille dans le cadre de la 28e édition du Festival international de la littérature (FIL).

Un petit trottoir surplombant l’abîme n’est pas une appropriation de l’œuvre de Virginia Woolf par Robert Lalonde, bien au contraire. 

Déclaration d’amour 

«C’est sa vision, ce que Robert perçoit d’elle et du fait que c’est aujourd’hui que cela se passe», explique Stéphanie qui se joindra ici à son père sur scène pour la toute première fois. «Ce n’est pas une volonté de faire un portrait absolu de cette autrice qu’il adore, plutôt de voir si ses propos résonnent encore aujourd’hui. Une déclaration d’amour d’un écrivain à une écrivaine.»

Il faut dire que Robert Lalonde – écrivain réputé pour aimer d’amour les autres écrivains – connaît bien Virginia Woolf, qu’il surnomme d’ailleurs avec affection SA Virginia.

«J’ai beaucoup d’admiration pour son œuvre et pour son respect de l’incohérence de la vie», dit celui qui s’appuie, en tant qu’auteur, sur ce genre d’écrivains transgressant les règles. 

«J’aime son propos sur l’écriture et la vie des femmes, l’art, la difficulté de continuer quand on est considéré comme une autrice n’écrivant que des petites histoires à l’eau de rose par les hommes de son époque. Je me suis demandé : est-ce que ses propos résonneraient aujourd’hui? Et je suis triste de penser que les choses n’ont pas tellement évolué, quand on voit que la pratique de l’art est passée au second plan...» 

Un thème essentiel 

Pour Stéphanie qui, à 42 ans, a déjà accumulé 20 années d’expérience dans le domaine de la création (assistance à la mise en scène, accompagnement de grands auteurs de théâtre, en plus d’avoir sa propre compagnie de création), parler de la littérature des femmes en 2022 est essentiel. 

«Il est troublant que la portée des écrits de Virginia Woolf soit encore terriblement d’actualité, dit-elle. Elle était très moderne, drôle et ironique et heureusement, elle a pu compter sur l’amour d’un homme [Leonard] qui l’accom-pagnait et ne se sentait pas diminué par son talent. Ses propos touchent aussi maintenant beaucoup les hommes. Cela me réjouit d’ailleurs d’aborder ces thèmes et de faire cela pour la première fois sur scène avec mon père. C’est très excitant!»

Fait intéressant, Virginia Woolf, l’une des premières écrivaines féministes, était aussi l’autrice préférée de la défunte Marie-Claire Blais à qui le FIL rend hommage cette année. 

Se retrouveront avec le duo sur scène les comédiennes Johanne Haberlin et Bénédicte Décary, ainsi que Joseph Marchand à la musique. 


Un petit trottoir surplombant l’abîme sera présenté le mardi 27 et le mercredi 28 septembre à 20 h au théâtre Outremont.

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