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Premier but des Nordiques: François Lacombe n'a jamais oublié son exploit

Premier buteur de l’histoire de l’équipe, François Lacombe parle encore avec affection de Québec

François Lacombe
Photo d'archives Le défenseur François Lacombe s’est assuré que son passage chez les Nordiques reste gravé à jamais en inscrivant le tout premier but de l’histoire de la concession.

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Quand il a levé les bras vers le plafond du Colisée pour célébrer son premier but dans l’uniforme des Nordiques, le 13 octobre 1972, François Lacombe ne croyait jamais qu’on lui parlerait encore de ce fameux filet 50 ans plus tard.

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« Sur le coup, tu ne penses pas à ça, se remémore l’ancien défenseur. Ce n’est que quelques jours plus tard, quand les journalistes ont commencé à m’appeler à ce sujet, que j’ai réalisé que j’avais inscrit le premier but de la concession. »

Un but comme on en voit souvent dans une saison, raconte Lacombe, qui, même cinq décennies plus tard, n’avait aucune idée de la raison pour laquelle il s’était retrouvé dans l’enclave, aussi loin de son territoire.

Mais un but historique tout de même, grâce aux passes de Michel Harvey et de Paul Larose. Blanchis 2 à 0 à leur premier match à Cleveland, les Nordiques remporteront finalement le deuxième 6 à 0.

Avec du recul, même s’il n’était pas le plus prolifique buteur, la rondelle était sans doute tombée sur le meilleur bâton possible en celui de François Lacombe.

Car malgré les années qui passent, le défenseur demeure un ambassadeur de choix pour la défunte concession.

« Ç’a été toute une aventure, raconte-t-il avec un sourire dans la voix. J’ai adoré mes années à Québec. Dans l’Association mondiale, il y a eu des moments où ce n’était pas joli. Mais à Québec, ç’a toujours été facile. Ils ont bien pris soin de nous. On était bien traité, les voyages se faisaient bien. »

« Demandez, vous recevrez »

Lacombe appartient aux Sabres lorsque naît l’AMH. Après avoir disputé 74 matchs dans la LNH, avec les Seals d’Oakland et les Sabres, il a partagé sa campagne 1971-1972 entre trois circuits mineurs.

Quand il entend parler de l’Association mondiale, son intérêt est immédiat. Pas nécessairement en raison des contrats plus onéreux qui y sont versés, mais plutôt parce que le natif de Lachine y voit l’occasion de se rapprocher de la maison en allant jouer à Québec.

Comme bien d’autres joueurs prêts à faire le saut dans la nouvelle ligue, Lacombe passe parfois pour un illuminé. Mais il se rappelle avoir toujours eu « confiance » en l’Association mondiale. Même s’il savait très bien qu’en cas d’échec, les chances que les Sabres le reprennent dans leurs rangs étaient très minces.

« Plusieurs personnes m’ont demandé qu’est-ce que je faisais là. Elles me disaient : “Voyons François, tu pars dans une ligue qui ne s’en va nulle part !” Si ça n’avait pas marché, je crois qu’il y aurait eu beaucoup de joueurs dans la ECHL. »

Ce sont toutefois les Oilers d’Alberta, et non Québec, qui appellent son nom lors du repêchage. Ce qui pourrait prendre des allures de mélodrame aujourd’hui se règle facilement.

« À l’époque, il n’y avait pas vraiment d’échanges. C’était plutôt “demandez, vous recevrez”, explique Lacombe. Quand j’ai dit aux Oilers que je n’avais pas envie d’aller jouer à Edmonton, ils m’ont demandé si je préférerais jouer à Québec. »

Traités comme des rois

Ainsi est née une histoire d’amour qui allait durer sept saisons. Car François Lacombe a non seulement marqué le premier but de l’histoire des Nordiques, mais il a également disputé la première partie du club dans la LNH. 

« Je n’ai pas réussi à inscrire le premier but de la LNH, mais bon, j’ai le premier but de l’histoire », lance-t-il en riant.

Devenu par la suite analyste des rencontres des Nordiques à la télévision, puis entraîneur, surtout dans les rangs amateurs, Lacombe profite à 74 ans de sa retraite dans la région de Montréal.

Mais malgré les années qui passent, ses souvenirs de Québec, eux, sont toujours frais dans sa mémoire.

« Les gens étaient très sympathiques, très gentils. C’étaient de bons partisans, qui nous aimaient profondément. On a été traité comme des rois. »

« On allait au restaurant et on se faisait payer la bière, le repas par des amateurs. On a été gâtés. » 

Le moment idéal pour partager de vieux souvenirs 

François Lacombe aura l’opportunité de renouer avec plusieurs anciens coéquipiers dès vendredi prochain, dans le cadre de festivités visant à célébrer le 50e anniversaire de la naissance de l’Association mondiale de hockey.

Plusieurs événements, organisés par la Société d’histoire du sport de la Capitale-Nationale, se tiendront à Québec le week-end prochain, en présence d’ex-Nordiques, mais aussi de légendes du circuit telles que Bobby Hull.

Un banquet se déroulera au Château Frontenac le 1er octobre au soir. Le repas sera d’ailleurs le même que celui offert en marge du premier match des étoiles de l’AMH présenté à Québec, en janvier 1973.

Des souvenirs odorants

Lacombe agira comme président d’honneur de l’événement. Un titre qui « remue des émotions » chez l’ancien défenseur, qui y voit l’occasion de ressasser de vieilles anecdotes de l’époque de l’AMH. 

Comme ces voyages à Chicago, dont le premier buteur de l’histoire des Nordiques se souvient encore de... l’odeur.

« À Québec, c’était facile, souligne-t-il, mais il y avait d’autres endroits dans la ligue où c’était broche à foin. À Chicago, on jouait à un endroit où se trouvaient les entrepôts pour les animaux. Ça sentait le bœuf ! »

Une chance pour les Québécois

Mais ces voyages aux allures d’épopée en ont valu la peine pour Lacombe. Et pour plusieurs Québécois des Nordiques, à qui le « circuit rebelle » a permis de faire leurs preuves dans les rangs professionnels, devant famille et amis de surcroît. 

« Dans la LNH, dans les années 1970, il y avait beaucoup d’Ontariens, de joueurs de l’Ouest. Mais des Québécois, il n’y en avait pas tant que ça », pointe-t-il.

« T’as eu de bons joueurs qui sont passés à Québec. Jean-Claude Tremblay, qui a quitté le Canadien pour venir avec les Nordiques, c’était spécial. [...] Michel Parizeau, René LeClerc... ça offrait la chance aux Québécois de jouer chez eux. »

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