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5 questions à Pierre-Yves Bernard, créateur et auteur principal de Comme des têtes pas de poule

Comme des têtes pas de poule
Photo courtoisie, Télé-Québec

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Pierre-Yves Bernard a marqué notre imaginaire. D’abord, il a créé avec Claude Legault la désormais mythique série Dans une galaxie près de chez vous. Puis il y a eu Minuit le soir, qui suivait le quotidien aussi sombre que chargé de trois portiers d’un bar. Une référence. Cette écriture à quatre mains a aussi donné naissance à Appelle-moi si tu meurs. Tout en enseignant la scénarisation à l’INIS, Pierre-Yves a été le script-éditeur de séries autant pour la jeunesse que pour les adultes, de Fée Éric à Boomerang. Cet automne, il signe Comme des têtes pas de poule, une série quotidienne rassembleuse qui met en vedette une famille imparfaite qui nous ressemble parfaitement. 

Quand on crée une série jeunesse, diffusée à l’heure des repas, a-t-on en tête d’engendrer le co-viewing? 

C’est un but avoué de la part de Télé-Québec d’amener les parents à regarder la série avec leurs enfants. C’est pour ça que les personnages des parents vivent des choses et ne sont pas juste les faire-valoir des jeunes. Ils ont des problématiques d’adultes avec le point de vue des jeunes. On veut faire le pont entre les générations, rassembler à une époque où le rapport à la communauté est moins là. Mais pour moi, l’écriture relève toujours d’une même approche. À l’époque de Dans une galaxie avec Claude [Legault], il y avait des gags politiques qui permettaient par la suite au jeune d’aller voir son père en lui demandant ce qu’est un référendum. Il y avait une connexion. 


Y avait-il des valeurs importantes à tes yeux à véhiculer dans la série?

C’était important de refléter le monde dans lequel on vit et qui change énormément. J’avais aussi envie d’inverser les rôles. La mère fait des rénovations alors que le père est super inquiet. Je suis moi-même un papa poule. Je trouve que ça traduit bien les changements dans lesquels on navigue. Comme des têtes pas de poule est une comédie et le pacte qu’on s’est fixé est d’avoir à chaque demi-heure quelque chose d’émotif, d’affectif et du rire.

Pierre-Yves Bernard
Photo courtoisie
Pierre-Yves Bernard


Parle-moi des membres de cette famille imparfaite.

Yan est le papa un peu fataliste. Dès qu’une menace se profile, il réagit. Évelyne est plus spontanée. Elle est dans le vivre et laisser-vivre. Elle prouve qu’il est possible de réaliser ses rêves. Ce sont deux parents aux énergies contraires. Elle est plus du genre vas-y essaye de faire du skate alors que lui va vérifier si tu as bien un casque certifié ! Ils ont trois enfants. Flavie est en 6e année, elle est impulsive et agit souvent avant de réfléchir. Félix est en secondaire 2, il est plus introverti. Je trouvais ça important de mettre un gars comme ça à l’écran parce que dans la vie il y en a plein des gars tranquilles. Victoria est en secondaire 4, c’est la drama queen. Avec elle, tout est exagéré.


Y a-t-il des contraintes à écrire pour les jeunes?

Les budgets sont minuscules. C’est une contrainte énorme. Il faut faire avec moins de personnages, moins de lieux. Malgré tout le talent de notre équipe, il n’y a pas beaucoup de monde dans le café étudiant. Il y a aussi beaucoup moins de couvertures médiatiques pour les séries jeunesse que celles pour adultes. Par contre, nous avons une grande liberté. Et moins de pression. Ça nous donne l’occasion de réfléchir beaucoup au monde dans lequel on vit. Avec moins de moyens, on ne fait pas de poursuite en auto, mais ça a l’avantage de nous ramener au niveau des personnages et de leur vie intérieure.


Les enfants sont bombardés d’informations dès un jeune âge. Comme trouve-t-on le juste ton pour s’adresser à eux tout en étant en phase avec la société dans laquelle on vit?

On ne veut pas gruger la lucidité de nos jeunes. Nous sommes dans un monde en mouvement, complexe, menaçant. La guerre, la COVID, l’inflation, l’anxiété, les attaques armées, on doit affronter ces sujets comme citoyen et comme auteur, je n’ai pas de crainte. On ne tente pas de faire oublier aux jeunes le monde dans lequel ils vivent, mais c’est important de contre-balancer et de leur rappeler qu’ils peuvent agir sur le monde et sur leur vie. Nous, on fait du feel good. C’est le contraire de l’impuissance qu’on peut avoir par rapport aux gros sujets en étant des agents de bienveillance. Montrer qu’on peut s’entraider. C’est une série qui donne cette impression-là, je l’espère. 


Comme des têtes pas de poule Lundi au jeudi 18 h 30 à Télé-Québec

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