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Le danger de se taire

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S’il y a un thème qui transcende les élections dans toutes les démocraties, c’est celui de l’immigration. Ce thème est d’autant plus important que les démocraties subissent une forte baisse de la natalité depuis plusieurs décennies.

C’est en grande partie l’insatisfaction des Italiens face aux politiques d’immigration qui explique la montée des Frères d’Italie, qui promettent des solutions radicales. L’Italie dont le taux de natalité est un des pires au monde.

En France, le Front national carbure à la lutte contre l’immigration. Le Brexit repose en bonne partie sur le rejet des politiques de l’Union européenne en immigration. Les élections récentes en Suède ont, elles aussi, porté au pouvoir un parti très anti-immigration. Aux États-Unis, l’immigration est un des chevaux de bataille favoris des républicains.

  • Écoutez l'édito de Loïc Tassé à l'émission de Benoit Dutrizac diffusée chaque jour en direct 11 h via QUB radio :

Immigration et religion

Derrière le thème de l’immigration se cache en Europe un autre sujet qui est abordé avec pudeur par les politiciens : celui de la religion, et en particulier, de l’islam.

La forte religiosité de beaucoup d’immigrants entre en collision avec le christianisme fondamentaliste d’une partie des populations locales et la faible religiosité des autres citoyens.

Dans un monde idéal, tout un chacun pourrait et devrait vivre en bonne intelligence. Mais la religion interfère avec la politique, en particulier avec des questions très actuelles comme l’avortement ou la morale sexuelle.

Pour les fondamentalistes religieux, elle interfère avec les institutions démocratiques elles-mêmes, puisque ceux-ci placent les décisions des dirigeants religieux au-dessus de celles des élus.

Le résultat net est que dans de nombreuses démocraties, des partis très à droite, soutenus par des fondamentalistes religieux chrétiens, proposent des politiques anti-immigration et pronatalistes.

Silence au centre et à gauche

Une des caractéristiques les plus étonnantes des démocraties est que les partis de centre et de gauche ont tendance à se taire face aux problèmes d’immigration et de religion.

Quand François Legault refuse de se prononcer sur l’immigration, sous prétexte que le sujet est « trop délicat », il suit le courant dans lequel baigne la majorité des dirigeants des démocraties. Ce faisant, il renforce l’extrême droite d’Éric Duhaime.

Paul St-Pierre Plamondon ne craint pas d’aborder cette question, ce qui le distingue parmi les modérés.

À force d’éviter ces sujets, les rangs des partis extrémistes se gonflent de citoyens de plus en plus inquiets.

Au Québec, l’immigration dépasse le problème de la survie du français. Comme ailleurs, elle touche la place de la religion dans la société de demain et les valeurs avec lesquelles les sociétés vont vivre.

Elle touche aussi le fonctionnement de l’économie, après des décennies de dénatalité.

Elle ébranle les fondements de la démocratie.

Malheureusement, le multiculturalisme exacerbé empêche de discuter de ces enjeux de manière posée. Sans compter certaines féministes qui s’imaginent que parler de natalité implique un asservissement des femmes. De même, plusieurs lobbies religieux profitent de l’immigration pour se renforcer.

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