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Échanges musclés aux Communes sur le chemin Roxham

Échanges musclés aux Communes sur le chemin Roxham
AFP

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De nouvelles révélations concernant les contrats accordés par le gouvernement Trudeau en lien avec le chemin Roxham ont créé des échanges musclés à la Chambre des communes mardi après-midi. 

Le gouvernement fédéral a défrayé plus de 500 millions $ pour l’ensemble des efforts visant à accueillir les migrants irréguliers à ce passage du sud du Québec depuis 2017, selon un reportage de «Radio-Canada» publié mardi.

La réputation enviable du Canada comme destination, de même que l’entente des tiers pays sûrs avec les États-Unis, a fait du chemin Roxham un passage reconnu et lucratif pour les passeurs.

Le dossier a rebondi dans l’enceinte du Parlement, où des élus bloquistes et conservateurs ont dénoncé la situation, accusant le gouvernement d’entretenir la situation.

La vice-première ministre Chrystia Freeland, puis ses collègues à la Sécurité publique et à l’Approvisionnement ont tour à tour répondu que le gouvernement «croyait» à son système d’asile et à son système d’immigration et qu’il «travaille en étroite collaboration» avec les États-Unis et avec les «intervenants concernés».

Des excuses réclamées

Le député du Bloc québécois Alexis Brunelle-Duceppe estime que les libéraux ont «choisi de rendre permanent le chemin Roxham», alors que plusieurs contrats accordés pour maintenir les infrastructures en état fonctionnel sur le chemin doivent venir à échéance en 2027.

«Rendre le chemin Roxham permanent, c'est aussi rendre permanents les réseaux de passeurs criminels qui s'enrichissent du désespoir des familles de migrants. Est-ce que le ministre réalise que les passeurs fêtent au champagne aujourd'hui et qu'ils ont payé leur bouteille avec l'argent des migrants?» a-t-il lancé aux banquettes libérales.

Croyant que le député bloquiste qualifiait les migrants comme des criminels, le ministre de la Sécurité publique Marco Mendicino a rétorqué que «nous ne devrions pas supposer que chaque personne qui entre par le chemin Roxham est un criminel. C'est un mauvais stéréotype», a-t-il dit.

M. Mendicino a pointé du doigt sa collègue libérale de London-Ouest, Arielle Kayabaga, qui est elle-même entrée au pays comme réfugiée. «Que dit le Bloc à mon honorable collègue, la députée de London-Ouest, qui est entrée au pays par le chemin Roxham et qui est maintenant une voix très forte pour sa communauté? Il faut arrêter avec ces stéréotypes. Il faut faire les investissements dans notre système d'asile», a poursuivi avec vigueur M. Mendicino.

«Être un réfugié ne fait pas de vous un criminel!», a écrit Mme Kayabaga sur Twitter alors que les échanges avaient lieu.

Piqué au vif, le député bloquiste a demandé au président de la Chambre, tout de suite après la période de questions, qu’il exige du ministre des excuses pour avoir «déformé ses propos» et «induit la Chambre en erreur sur un enjeu extrêmement sensible».

«Je parlais des criminels passeurs qui font en sorte que les migrants se font exploiter pour traverser la frontière et il a dit que j’avais que des criminels traversaient la frontière. C’est deux choses complètement différentes sur un enjeu sensible. Je veux qu’il s’excuse parce qu’il a déformé mes propos et c’est inacceptable».

Le ministre Mendicino avait déjà quitté les lieux, et le président Anthony Rota s’est contenté de demander aux députés de «faire attention à ce qu’ils entendent et ce qu’ils disent».

«Une odeur de corruption»

De son côté, le conservateur Pierre Paul-Hus a relevé qu’une «odeur de corruption» émanait des contrats accordés par les libéraux.

L’article de «Radio-Canada» révélait qu’au moins sept contrats sans appel d’offres pour des espaces à l’hôtel et au camping ont été signés avec l’homme d’affaires Pierre Guay, qui a contribué pour plus de 16 000 $ au Parti libéral du Canada (PLC) depuis 2004.

La valeur des contrats accordés à M. Guay s’établit à 14 millions $.

Les libéraux n’ont pas abordé le dossier dans le détail.

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