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La police de Laval a trouvé une recette pour contrer la violence armée

La police a vu le nombre d’événements par arme à feu diminuer de 52 % en un an

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La police de Laval a réussi à stopper la montée de la violence armée sur son territoire et a fait chuter de 52 % les décharges d’armes à feu au cours de la dernière année, tout en augmentant les saisies.

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«Ce qui est déplorable, c’est qu’il y a un petit noyau de 50 personnes violentes et qui n’hésitent pas à prendre une arme à feu pour insécuriser 450 000 citoyens. Donc on a vraiment ciblé ces individus, et ils ont senti la pression», a lancé le chef de police de Laval, Pierre Brochet. 

Comme d’autres grands corps de police en Amérique du Nord, il a constaté une augmentation accrue du nombre de coups de feu sur son territoire en 2020 et 2021.  

  • Écoutez la rencontre Gilles Proulx et Richard Martineau diffusée chaque jour en direct 10 h 45 via QUB radio :

«On comprend qu’un citoyen qui se fait tirer une dizaine de balles dans sa maison ne trouve pas ça drôle. Et ses voisins non plus ne trouvent pas ça drôle. Ça crée un sentiment d’insécurité élevé», a-t-il dit hier lors d’une rencontre avec les médias.

Or, en 2022, le nombre de coups de feu a diminué de plus de la moitié comparativement à l’an dernier. 

Cela est assurément attribuable aux efforts déployés par les policiers sur le terrain, a insisté hier Pierre Brochet, en présentant le bilan du projet Paradoxe.

Photo d'archives, Agence QMI, Thierry Laforce

Mobilisation

Cette initiative consiste en une mobilisation de l’ensemble des escouades déjà en place vers un même objectif : la lutte à la violence armée. 

Le projet Paradoxe a été créé au début de l’été, en réaction à trois événements par coups de feu en autant de jours, survenus en mai dernier dans des quartiers résidentiels. 

«On était un peu exaspérés. J’avais rencontré les patrouilleurs, je leur avais dit : “Vous vous en allez sur le terrain, vous allez voir ces bums-là et vous leur dites que le territoire lavallois n’appartient pas aux bandits”», a expliqué M. Brochet, décrivant cette série de fusillades comme un « tournant » dans leur façon de lutter contre la violence armée.

Comme actions concrètes, les policiers sont ainsi très insistants auprès des criminels connus du service.

Par exemple, dès qu’un suspect est arrêté avec une arme à feu puis relâché dans l’attente de son procès, des policiers vont cogner à sa porte pour s’assurer du bon respect de ses conditions. 

«Le but est de s’assurer que ces gens qui sortent de prison sentent qu’on est derrière eux, qu’ils ne sont pas laissés libres sur le territoire», a renchéri Jean-François Rousselle, directeur adjoint du secteur des enquêtes criminelles.

Mais en plus de la répression, la police de Laval a aussi maximisé ses efforts sur la prévention.  

  • Écoutez l'entrevue avec Pierre Brochet à l’émission de Philippe-Vincent Foisy diffusée chaque jour en direct 7 h 51 via QUB radio :  

Écouter les jeunes

«On va chercher les noyaux durs, mettre les criminels violents en prison. Mais il faut aussi travailler auprès des jeunes qui sont sur la ligne, qui regardent ces criminels et pensent embarquer avec eux. Avec la COVID, il y a vraiment un filet social qui s’est détérioré», a exposé le chef Brochet. 

Les policiers ont ainsi rencontré des centaines de jeunes dans des parcs, ont joué au basketball, au soccer ou ont fait de la boxe avec certains d’entre eux, se sont assis avec eux afin d’avoir leur avis sur la violence armée. 

«Parmi eux, on est convaincu qu’on a été chercher des jeunes très proches du milieu, peut-être même déjà un peu criminalisés, et on est en train d’en sortir de là», a-t-il expliqué. 

Changer les perceptions

«On voulait améliorer les perceptions des jeunes envers la police, surtout sachant que les plus vieux, les plus violents, vont souvent recruter des jeunes, leur faire faire des coups», a-t-il ajouté.

Si ces actions ont donné de bons résultats à ce jour, M. Brochet est conscient que les criminels sont très imprévisibles et que d’autres fusillades pourraient survenir.

«Mais ces gens doivent savoir que si tu tires du gun à Laval, tu vas trouver le temps long. On va tout faire pour diminuer le phénomène», a insisté M. Brochet.  


Au total, 13 policiers supplémentaires ont été engagés pour travailler en front commun sur le phénomène de la violence armée, en plus de ceux embauchés pour remplacer les départs à la retraite.

Décharges d’armes à feu en 2021 en bref

68 % des fusillades sont survenues de jour et de soir

  • Les suspects étaient âgés de 17 à 21 ans
  • Les victimes étaient âgées de 14 à 42 ans

87 % des victimes sont associées à des organisations criminelles

45 % des armes saisies l’ont été lors d’interceptions

36 % des armes saisies l’ont été à la suite d’un appel au 911

Des données encourageantes

Événements de décharges d’armes à feu sur le territoire

2022: 13 %

2021: 27 %

Armes à feu saisies

2022: 39 %

2021: 31 %

Arrestations effectuées

2022: 29 %

2021: 27 %

Douilles retrouvées sur les scènes de décharges

2022: 37 %

2021: 124 %

*Les données présentées ciblent les mois de janvier à août 2021 et 2022

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