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«Il fallait absolument remporter la Série du siècle»

Paul Henderson goal 1972
Photo d’archives Yvan Cournoyer a sauté dans les bras de Paul Henderson après que celui-ci ait marqué le but victorieux fasse aux Russes, lors de la Série du siècle de 1972.

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Il y a des dates qui demeurent dans notre mémoire à tout jamais. L’après-midi du 28 septembre 1972, alors que le Canada a défait les Soviétiques pour remporter la Série du siècle, est gravé dans ma mémoire à tout jamais. Aujourd’hui, je vais partager avec vous des souvenirs d’Yvan Cournoyer, qui a marqué le but égalisateur et qui a obtenu une mention d’aide sur le but victorieux historique de son coéquipier Paul Henderson.

Il venait de terminer ses exercices quotidiens sur un tapis roulant, lorsqu’il s’est assis pour partager sa Série du siècle. 

C’est incroyable comment les années passent rapidement.

Il y a 50 ans aujourd’hui, il fallait absolument qu’on remporte la Série du siècle. Nous étions obligés. La victoire était tellement importante, premièrement pour la fierté de notre peuple, et aussi pour prouver notre supériorité. Mais commençons par parler de notre manque de respect envers les Russes. Durant le camp d’entraînement, je voyageais entre Toronto et Montréal pour y participer. Les recruteurs nous avaient dit que les Russes étaient pitoyables et que leur gardien de but, Vladislav Tretiak, était bien ordinaire. Il était tellement ordinaire qu’en réalité, c’était l’un des meilleurs de l’histoire du hockey. 

Étiez-vous ébranlés après le premier match en Russie ?

Lors de notre première rencontre à Moscou, nous menions 4 à 1, mais la remontée des Russes leur a permis de remporter la victoire. Ils n’étaient plus qu’à un match nul de remporter la série. Cependant, les Russes à leur tour ont manqué de respect envers nous. Après notre défaite, ils ont commis la même erreur que nous avions commise, c’est-à-dire un manque total de respect envers leurs adversaires.  

Est-ce que tu compares la Série du siècle à une finale de la Coupe Stanley ?

Absolument pas. La coupe Stanley est tout comme une médaille aux Jeux olympiques ; tu as une chance de réussir l’exploit à une autre occasion. La Série du siècle, il n’y avait pas de lendemain, nous étions obligés de remporter la victoire.

Quelle était l’influence de tes coéquipiers avec le Canadien ?

Serge Savard, Guy Lapointe, Ken Dryden, les frères Pete et Frank Mahovlich, John Ferguson, l’entraîneur adjoint et moi avions vécu des finales de la Coupe Stanley. Notre expérience dans les séries nous a permis de stabiliser l’atmosphère dans le vestiaire. La crainte de perdre n’a jamais existé dans nos esprits, c’était plutôt le désir de gagner que nous avions inculqué.

Quel était le message dans le vestiaire après la deuxième période ?

C’était le huitième et dernier match et nous tirions de l’arrière par deux buts. Le message était clair, il ne fallait pas allouer un autre but et on devait marquer tôt dans la période. Phil Esposito a marqué pour réduire l’avance des Russes. 

C’est à ton tour de répliquer.

Après avoir marqué le but égalisateur, je savais que nous étions pour gagner la série, car les Russes n’avaient jamais vécu une telle expérience auparavant.

Relate-nous le jeu vers le but de la victoire. 

L’entraîneur, Harry Sinden, nous demandait de faire de courtes présences sur la patinoire. Cependant, j’étais tellement épuisé et loin du banc des joueurs que j’ai décidé de demeurer sur la patinoire.

Tu as longé la bande pour intercepter une passe.

Je me suis appuyé près de la bande dans la zone offensive. Je récupère la rondelle et je vois Paul Henderson qui se dirige rapidement dans la zone des Russes et je lui fais une passe. La suite, c’est l’histoire de notre Série du siècle, Paul Henderson marque le but de la victoire. Paul craignait d’ailleurs de m’avoir cassé le dos lorsqu’il a sauté dans mes bras. Je lui ai crié : « Paul, tu es moins lourd que la coupe Stanley ».

Il n’y a eu aucune célébration dans le vestiaire après le match !

Nous étions trop épuisés. Les trois derniers matchs que nous avions remportés étaient notre célébration. Il ne faut pas oublier que notre victoire a ouvert les portes aux joueurs des autres pays pour évoluer dans la LNH.

Tu as fêté le 25e anniversaire de la victoire à Moscou.

La délégation russe avait invité seulement mon épouse et moi pour célébrer cette série historique. Tous les joueurs de la formation soviétique étaient présents. En les taquinant, je leur ai dit qu’ils m’avaient invité, car mon nom en russe était IVAN.

Tu as une photo avec un chandail de la formation russe.

Je n’ai pas eu le temps de finir de les taquiner que le maire de Moscou m’a remis un chandail de la formation russe avec mon nom inscrit sur le chandail. J’ai mis le chandail par-dessous celui du Canada et j’ai une photo sur laquelle je suis assis en plein milieu du groupe des joueurs russes. Plusieurs années après cette série, le gardien de but Vladislav Tretiak était en escale à Montréal entre deux vols. Je l’ai invité chez moi et on en a profité pour faire un saut dans ma piscine. Je le regardais et on s’est mis à rire après que je lui ai déclaré : « Un Russe dans ma piscine ». Qui aurait pensé à cela en 1972 ! 

Pourquoi me dis-tu que 50 ans plus tard vous auriez encore remporté la Série ?

C’est facile, je visionne présentement la Série du siècle à la télévision et nous gagnions le dernier match ce soir. 

À quel moment aviez-vous réalisé l’importance de votre victoire ?

Nous étions à bord de l’avion d’Air Canada qui nous ramenait chez nous, alors que le pilote attendait ses directives de la tour de contrôle. L’avion n’avait pas encore décollé. Spontanément, tous les joueurs se sont levés pour interpréter le Ô Canada

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