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Immigration: le Québec est devenu bipolaire!

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Éric Duhaime trouve qu’ériger un mur entre les États-Unis et le Canada ne serait pas une si mauvaise idée. 

Le ministre de l’Immigration Jean Boulet croit que 80% des immigrants qui s’installent à Montréal ne travaillent pas.

Gabriel Nadeau-Dubois pense que le Québec devrait accueillir 80 000 immigrants par année, soit 30 000 de plus qu’actuellement. 

Le Conseil du patronat, lui, irait jusqu’à 100 000.

Une idée comme ça: et si on arrêtait de parler d’immigration pendant quelques semaines?

Le temps de reprendre nos esprits?

  • Écoutez l'édito de Richard Martineau diffusé chaque jour en direct 8 h 45 via QUB radio :

D’UN EXTRÊME À L’AUTRE

Parce que là, plus ça va, plus on dit n’importe quoi.  

Pour les uns, il faut ouvrir toutes grandes les vannes. Pour les autres, il faut les verrouiller.

Pour les uns, les immigrants représentent la solution à tous nos problèmes. Pour les autres, ils sont la cause de tous nos maux. 

On ne cesse de passer d’un extrême à l’autre.

Et dans ce concert cacophonique qui mêle ressentiment et bons sentiments, paranoïa et angélisme, les voix lucides et modérées éprouvent de plus en plus de difficulté à se faire entendre. 

Tu es contre la fermeture des frontières? Tu es d’extrême gauche!

Tu trouves qu’il est irresponsable de vouloir accueillir toute la misère du monde? Tu es d’extrême droite!

On dirait qu’au sujet de l’immigration, le Québec est devenu bipolaire.

On voit tout en rose, ou tout en noir.

Et si la réalité se situait – comme c’est souvent le cas à propos de nombreux sujets – entre les deux?

Oui, il faut accueillir les immigrants, mais...

Oui, il faut faire preuve de prudence, mais...

On dirait que le MAIS n’existe plus. 

Pourtant, c’est un joli mot.

L’un des plus beaux de la langue française.

«Mais: précision, correction à ce qui a été énoncé.» (Larousse)

«Conjonction introduisant une idée contraire.» (Le Robert)

Un petit mot de quatre lettres qui nous fait faire un pas de côté. Qui nous permet de voir une situation sous un autre angle. De prendre du recul. D’émettre un doute.

D’ajouter une nuance de gris entre le noir et le blanc.

D’inclure une note en bas de page.

De préciser notre pensée.

De bouger l’abat-jour, de réorienter le projecteur. 

Oui, mais...

Le hic est qu’une campagne électorale n’est pas propice aux «oui mais...»

Au contraire, c’est la saison des arguments péremptoires.

Qu’on peut résumer dans des clips de 30 secondes. 

Ça donne ce que ça donne.

  • Écoutez l'édito de Richard Martineau diffusé chaque jour en direct 8 h 45 via QUB radio :

UN SUJET COMPLEXE

Savez-vous combien de demandes d’asile le Japon a accepté en 2020? Dites un chiffre!

Quarante-sept.

Pas de farce. Ça vient du ministère de la Justice du Japon.

Vous me direz que c’est à cause de la pandémie. Non. 

En 2010, le Japon a accepté 39 demandes d’asile. Et 18 en 2012. 

Selon les chiffres officiels, on comptait seulement 2,8 millions d’immigrants au Japon en 2015. Soit 2% de la population. 

La même année, 12 millions d’immigrés vivaient en Allemagne.

Soit 15% de la population. 

Dans un cas, ce n’est pas assez. Dans l’autre, c’est trop. 

L’immigration est un sujet complexe. 

En faire une question idéologique n’est peut-être pas la meilleure idée qui soit. 

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