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Jean Boulet doit quitter le Conseil des ministres

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Il a fallu neuf jours à Jean Boulet pour présenter ses excuses aux Québécois issus de l’immigration. Neuf jours pour qu’il tente d’exprimer sa pensée. Neuf jours avant de prendre le courage de faire face à la musique.

Il a fallu que l’information soit diffusée une semaine après le fameux débat pour que le ministre Boulet soit pris en flagrant délit de mensonge.

Un silence inexplicable

À ce que je sache, le ministre ne débattait pas avec lui-même, il était entouré de représentants des différents partis politiques en lice, d’animateur(s), etc. Comment se fait-il que toutes ces personnes aient gardé le silence aussi longtemps? Comment se fait-il qu’il n’ait pas été rappelé à l’ordre sur place? Comment se fait-il que cette affirmation soit passée comme dans du beurre, sans que personne ne lève le petit doigt? Sommes-nous devenus imperméables à l’inacceptable? La question se pose. 

Les excuses présentées par le ministre Boulet arrivent trop tard. Elles arrivent alors qu’il n’est jamais intervenu auprès de son patron pour lui demander de cesser d’établir des liens entre violence, extrémisme et immigration. Ces excuses n’expliquent pas le schème de pensée du ministre et ce qu’il essayait d’exprimer. Ce n’est ni une bourde ni une maladresse: ce sont des mensonges qui visent à davantage stigmatiser une partie de la population. 

Entretenir les préjugés de l’immigrant paresseux qui ne parle pas français et n’adhère pas aux valeurs québécoises, c’est souffler sur les braises de l’intolérance. 

  • Écoutez la rencontre Marie Montpetit et Patrick Déry diffusée chaque jour en direct 14 h via QUB radio :

Il doit partir

Le premier ministre a disqualifié le ministre Boulet du poste de ministre de l’Immigration. Soit. La question est de savoir si les propos le qualifient pour de nouvelles responsabilités. Si tel est le cas, lesquelles? 

La vérité, c’est que Jean Boulet s’est disqualifié du Conseil des ministres tout court. Il n’a plus la crédibilité et l’autorité morale pour accéder aux plus hautes fonctions de l’État. Maintenir Jean Boulet au Conseil des ministres deviendrait une plus grande insulte envers les Québécois issus de l’immigration. À moins que cela soit exactement le but recherché. 

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