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Legault hanté par le 3e lien, même à Rouyn

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La CAQ a beau se dire quasi certaine de l’emporter dans Rouyn-Noranda–Témiscamingue, il fallait que son candidat Daniel Bernard soit assez inquiet pour que François Legault y passe un de ses derniers jours de campagne.

Le chef caquiste ne pouvait échapper aux questions aussi pointues qu’embêtantes sur le dossier de la vieille Fonderie Horne et ses inquiétantes émissions d’arsenic.

Hésitations

En déjeunant à Rouyn hier matin, on a appris qu’il accorderait finalement une entrevue à la matinale locale de Radio-Canada, offre qu’il avait initialement refusée.

En l’écoutant, on a compris cette hésitation !

L’animateur David Chabot ne l’a pas ménagé, confrontant le politicien à ses déclarations passées. Notamment sur la possibilité de fermer la Fonderie, ce qu’il n’avait pas exclu, contrairement à ce qu’il venait d’affirmer. QS n’était donc pas seul à envisager des fermetures d’usine.

Legault a eu vite l’air exaspéré. Il a accusé Chabot de dire des « faussetés » et même, chose étrange, de vouloir fermer l’usine « comme Gabriel Nadeau-Dubois » !

  • Écoutez l'édito d'Antoine Robitaille lors de la rencontre Foisy - Robitaille diffusée chaque jour en direct 12 h via QUB radio :

Dilemme

Le dossier est complexe. Représente un vrai dilemme.

La norme, issue du Règlement sur l’assainissement de l’atmosphère, est de 3 nanogrammes (par mètre cube) d’arsenic dans l’air. La fonderie en émet 100 ! La Santé publique l’a démontré : les risques pour la santé sont graves. Quinze nanogrammes pourraient être acceptables temporairement, mais ce serait possible dans cinq ans seulement.

On comprend la préoccupation du chef de la CAQ pour les emplois bien payés. Il n’est certainement pas le seul.

Joint hier par exemple, le candidat du PLQ Arnaud Warolin était outré de l’entrevue de Legault à R.-C. : « C’était affligeant pour la population d’ici d’entendre tant d’incohérence, tant de mépris. »

Mais lui aussi refuse d’envisager que l’entreprise ferme. Deux mille cinq cents emplois en dépendent, insiste-t-il.

Référendum

François Legault, pour éviter de trancher le nœud gordien, a une solution semblant démocratique : renvoyer la question aux Rouynorandiens. À eux de choisir entre : une fonderie qui pollue, malgré ses promesses contenues dans une proposition finale bonifiée, ou la mort de l’usine.

Y aura-t-il référendum ? Le chef caquiste « n’exclut rien ».

« Décharger cette décision sur la population de Rouyn-Noranda, c’est irrespectueux et [c’est] un manque de responsabilité et de leadership », peste Warolin, qui vit lui-même dans le quartier affecté.

  • Écoutez la rencontre Rémi Nadeau et Antoine Robitaille diffusée chaque jour en direct 17 h 30 via QUB radio :

3e lien

Le Dr Frédéric Bonin, porte-parole du comité IMPACTE (Initiative médicale pour une action contre la toxicité environnementale), était à l’entrée du restaurant où la CAQ se réunissait, hier midi, avec un groupe de manifestants.

Un référendum, « ça crée énormément de tensions ». Au reste, le rôle d’un gouvernement, n’est-ce pas d’abord de protéger sa population ? Quand l’État fixe des normes, c’est précisément pour ça. « Pourquoi nous, à Rouyn-Noranda, on aurait des normes différentes du reste du Québec ? »

Au fond, pourquoi la décision ne serait pas politique ?

« M. Legault, il prend des décisions politiques pour le troisième lien, moi je ne peux pas croire qu’il n’est pas capable de prendre une décision politique pour la protection de la santé des citoyens. » En effet.

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