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Attention à l’abus de cartes de crédit en période de chômage

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Illustration Adobe Stock

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Martin, 33 ans, est journalier et doit composer avec quatre mois de chômage par an. Le manque à gagner durant ces périodes sans emploi l’a poussé à s’endetter. La dette accumulée atteint maintenant plus de 53 000 $ et est devenue littéralement incontrôlable...

Huit mois par an, Martin empoche un revenu de 3010 $, mais pendant les quatre mois restants, c’est plutôt un montant de 2734 $ qu’il reçoit en prestations d’assurance-emploi. 

Ayant beaucoup de difficulté à gérer son budget, il ne réduit pas ses dépenses durant ses périodes de chômage. Il ne peut pas non plus compter sur un coussin financier puisqu’il est incapable d’économiser, et ce, d’autant qu’il a également développé un problème de dépendance. Enfin, il doit également rembourser son prêt étudiant dont le solde est encore de 19 509 $.

Endettement accéléré

Pour joindre les deux bouts, Martin a donc recours à ses cartes de crédit et obtient même un prêt de son institution financière. 

Mais les chèques sans fonds s’accumulent et les dettes aussi. Pour se sortir de ce mauvais pas, il a sollicité un prêt de consolidation de dettes à sa banque, mais sans surprise, compte tenu de sa mauvaise cote de crédit, il lui a été refusé.

En dernier recours, il contacte une société de crédit qui accorde des prêts rapides et s’endette de 26 000 $ supplémentaires. Le hic est que le taux d’intérêt pratiqué par ce type de prêteurs est très élevé, dans le cas de Martin, il est de 32 %.

Au bout du compte, uniquement en paiements mensuels minimums, il doit verser un montant de 1680 $. Mais avec des dépenses de base qui atteignent 1984 $ par mois, il accuse un déficit de 654 $ et même de 930 $ durant ses périodes de chômage. Endetté et qui plus est souffrant de diverses dépendances, sa conjointe lui demande de changer radicalement de cap s’il veut sauver son couple. En plus d’entamer une thérapie de désintoxication, il est donc allé consulter des spécialistes de l’insolvabilité.

Deux options

« Lors de la rencontre préliminaire, nous avons fait la liste de tous les biens de Martin, mais même en disposant de ceux-ci, le montant obtenu n’était pas suffisant pour rembourser ses créanciers », explique Rachel Bouchard, syndique autorisée en insolvabilité chez Raymond Chabot. 

Deux options s’offrent donc à lui : la proposition de consommateur et la faillite. Il a préféré éviter cette dernière, car il souhaitait se reprendre en main et rembourser en partie ses créanciers. C’est donc la proposition de consommateur qui s’est imposée. Là encore, il s’est retrouvé face à un choix. 

« Soit il payait un certain montant pendant huit mois par an et un montant inférieur durant ses quatre mois de chômage annuel, soit on calculait une moyenne de revenus annuelle qui servirait de base au paiement de la proposition de consommateur », indique Rachel Bouchard. 

C’est cette deuxième solution qu’a choisie Martin, de façon à effectuer des versements identiques sur une période de 60 mois, soit 750 $, et ce, sans intérêt. Les créanciers ont accepté la proposition et cette bouffée d’oxygène lui a permis de reprendre le contrôle de son budget et de retrouver son équilibre financier. 

Dans cinq ans, il sera entièrement libéré de ses dettes, y compris son prêt étudiant puisque les études ont été achevées il y a plus de sept ans, la condition pour que cette dette puisse être incluse dans une proposition de consommateur ou une faillite.

SA SITUATION FINANCIÈRE

Actifs :

Camion de 2004, hors d’état de rouler : 4000 $

Motoneige, 2015 : 7900 $

Moitié de la résidence principale : équité de Martin estimée à 5235 $

Dettes de consommation :

Prêt étudiant : 19 509 $

Prêt personnel : 1733 $

Prêt d’une société de crédit : 26 000 $ (32 % de taux d’intérêt)

Cartes de crédit : 6119 $ (19 % de taux d’intérêt)

Total des dettes : 53 361 $

Revenus mensuels :

Revenus d’emploi : 3 010 $

Dépenses mensuelles :

1984 $ (incluant hypothèque, téléphone, électricité, assurances, épicerie, permis et immatriculation, essence, etc.), mais excluant le versement minimum mensuel de remboursement des dettes de 1680 $

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