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Le vrai suspense, c'est pour l'opposition

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Avez-vous déjà regardé les Olympiques pour savoir qui gagnera la médaille d’argent dans les différentes catégories ?

Moi non plus. 

C’est pourtant ce qu’on va faire lundi.

On va regarder le résultat des élections pour savoir qui arrivera deuxième. 

Ça va être ça, le gros suspense. 

Comme dans le dernier roman de David Foenkinos (Numéro deux), qui raconte ce qui est arrivé au jeune comédien qui aurait pu être Harry Potter si Daniel Radcliffe ne s’était pas présenté aux séances de casting.

UN MODE DE SCRUTIN BIZARROÏDE

Parce que le grand gagnant de la soirée de lundi, on sait déjà c’est qui.

C’est François Legault. 

Même s’il a fait une très mauvaise campagne et même si les sondages affirment que son parti risque de n’attirer que 37 % des voix. 

Pensez à ça : vous pouvez diriger les destinées du Québec pendant quatre ans et faire passer des lois qui auront un impact profond sur la vie quotidienne de tous les citoyens, même si 63 % des Québécois (et même plus, si on compte ceux qui ne se sont même pas déplacés) n’ont pas voté pour vous !

Après ça, on se demande pourquoi autant de gens ne vont pas voter...

« Pourquoi je me donnerais la peine d’aller voter si le candidat et le parti que j’appuie n’ont aucune chance de gagner dans ma circonscription ? »

On participe au processus démocratique, car on a l’impression que notre vote compte. 

Qu’il pèse dans la balance et peut faire une différence. 

Malheureusement, avec notre mode de scrutin bizarroïde, un parti politique peut obtenir 15 % du vote populaire – ce qui est fort honorable –, mais se retrouver avec zéro député à l’Assemblée nationale. 

Quelle est ta légitimité comme premier ministre si plus de six Québécois sur 10 n’ont pas voté pour toi ?

La question se pose. 

Les adversaires de la proportionnelle mixte disent que le morcellement du vote rendrait très difficile l’élection d’un gouvernement majoritaire, affaiblissant ainsi la position du Québec dans ses négociations avec Ottawa.

Ça fait quatre ans que François Legault dirige un gouvernement largement majoritaire. Cela a-t-il amené Ottawa à être plus à l’écoute des demandes du Québec ?

Comme l’a rappelé PSPP, le Québec a fait 21 demandes au gouvernement fédéral.

On a essuyé 21 refus. 

Et si 63 % des électeurs refusent de voter pour toi, il doit bien y avoir une raison, non ?

La composition de l’Assemblée nationale devrait refléter cet état de fait ! 

LES JOYEUX NAUFRAGÉS

Mercredi, je disais qu’un mandat de la CAQ, c’est comme faire un tour de ponton. 

Pas de vagues, pas de nausées.

Je ne sais pas ce qui s’est passé pendant cette campagne, y avait-il trop de coolers dans la cale ? Toujours est-il que le ponton de la CAQ a failli connaître le même sort que le S.S. Minnow, le bateau de Gilligan qui était censé faire une mini-croisière de trois heures, mais qui s’est retrouvé échoué sur une île déserte avec le capitaine (Legault), le professeur (Drainville), le millionnaire (Fitzgibbon), Mary Ann (Guilbault) et Ginger (St-Hilaire). 

Qu’importe : la CAQ va gagner pareil. 

Car un ponton, même sans boussole, va plus vite que quatre chaloupes.

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