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De bons souvenirs

Les anciens joueurs réunis à Québec hier ont profité de la présence de Bobby Hull pour souligner son apport au hockey

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Photo Agence QMI, Marcel Tremblay Bobby Hull était ému hier quand on lui a rendu hommage dans le cadre des retrouvailles de l’AMH qui se déroulent à Québec toute la fin de semaine.

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Bobby Hull a essuyé une larme, hier, quand il s’est remémoré ses premiers moments avec ses compagnons de la « Hot Line », avec qui il a fait la pluie et le beau temps dans la défunte Association mondiale de hockey.

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À maintenant 83 ans, sa première rencontre avec Ulf Nilsson et Anders Hedberg, fraîchement débarqués de leur Suède natale, est encore bien gravée dans sa mémoire.

Et vu la façon dont Hull l’a racontée, il s’agissait d’un véritable coup de foudre. 

« Ils jouaient au hockey exactement comme je croyais que le hockey devait être joué », a raconté le « Golden Jet » lors d’une conférence tenue à l’occasion du 50e anniversaire de la création de l’Association mondiale de hockey (AMH), au Château Frontenac de Québec.

Le « Golden Jet » avant d’embarquer sur la glace.
Photo d’archives
Le « Golden Jet » avant d’embarquer sur la glace.

« Quand ils sont arrivés en 1974 [avec les Jets de Winnipeg], ils m’ont redonné le goût de jouer. Ce sont les meilleurs avec qui j’ai partagé la patinoire », a-t-il poursuivi. 

Visiblement, le coup de foudre était partagé. Dans un éclat de rire, Nilsson, le joueur de centre du trio le plus mémorable de l’AMH, a parlé d’une rencontre « orgasmique ».

« C’était magique, a-t-il ajouté au Journal. Dans une carrière, c’est rare d’évoluer aux côtés de deux joueurs avec lesquels on a immédiatement une telle connexion. »

Celle-ci a perduré dans le temps. Les trois comparses se sont réunis à plusieurs reprises au fil des années, jusqu’à ce que la pandémie les empêche de voyager. 

« Anders et moi, on joue encore ensemble au golf, on reste assez près l’un de l’autre, a raconté Nilsson. Mais Bobby, lui, n’est pas très porté sur la technologie. Il n’a même pas de cellulaire ! »

Si Hull semblait touché par ces retrouvailles, le plus ému du lot était toutefois Hedberg, venu de Suède même s’il a été affecté par la maladie dans les derniers mois. 

La première grande prise

Les larmes coulaient sur les joues de l’attaquant lorsqu’il a évoqué la chimie instantanée entre les trois joueurs, qui allaient amasser près de 1400 points dans la défunte ligue. 

« Je ne l’avais jamais rencontré, même si je savais qui il était », s’est remémoré l’ex-attaquant, aujourd’hui âgé de 71 ans. 

« Après notre premier entraînement, Bobby a immédiatement appelé l’agent qui nous a fait venir à Winnipeg, pour lui dire qu’il avait trouvé ça incroyable. Et on avait vécu la même chose ! » a-t-il ajouté.

Il y a 50 ans cette année, Hull devenait la première prise majeure de l’AMH. La légende des Blackhawks de Chicago, grande vedette de la puissante Ligue nationale, acceptait de faire le saut dans le « circuit maudit » en échange, notamment, d’un boni à la signature de 1 million $. 

Bobby Hull avec en main le chèque d’un million de dollars qu’il a obtenu en faisant le saut de la ligue nationale à l’Association mondiale de hockey avec les Jets de Winnipeg.
Photo d’archives
Bobby Hull avec en main le chèque d’un million de dollars qu’il a obtenu en faisant le saut de la ligue nationale à l’Association mondiale de hockey avec les Jets de Winnipeg.

Son après-carrière a été marquée par des controverses, dont des accusations de violence conjugale qui ont ensuite été abandonnées par l’une de ses ex-épouses.

Grande contribution

Sa contribution à l’avancement des droits des joueurs demeure toutefois très pertinente aux yeux de ses anciens coéquipiers et adversaires, même cinq décennies plus tard. 

« De nombreux hockeyeurs, mais aussi de nombreuses autres personnes qui gravitent dans l’univers du hockey doivent dire merci à Bobby, a déclaré Nilsson hier. Sans le courage dont il a fait preuve en rejoignant l’AMH, ils n’auraient pas été aussi nombreux à avoir un travail dans le domaine, ils n’auraient pas été aussi bien payés. » 

Lorsque Hull a fait son arrivée au Château Frontenac en fauteuil roulant vers 11 h, l’ex-ailier aux 1808 points en carrière – tous circuits professionnels confondus – a été assailli par les admirateurs venus lui demander photos et autographes. 

« Merci, Bobby »

Gordie Howe et Bobby Hull à Toronto dans le cadre de la série du siècle de 1974 alors que le Canada était représenté par l’Association mondiale de hockey qui affrontait les Soviétiques.
Photo d’archives
Gordie Howe et Bobby Hull à Toronto dans le cadre de la série du siècle de 1974 alors que le Canada était représenté par l’Association mondiale de hockey qui affrontait les Soviétiques.

Du lot, on retrouvait plusieurs anciens porte-couleurs de l’AMH venus lui glisser « merci, Bobby » à l’oreille.

À ses débuts professionnels, l’ancien Nordique Louis Sleigher portait les couleurs des Bulls de Birmingham, l’un des clubs du « circuit rebelle ». Les années ont passé, mais il se souvient encore très bien de son premier match. 

« C’était contre les Jets et Bobby Hull, a-t-il raconté. À la première mise au jeu, Hull était sur la patinoire. Il est venu me saluer et me souhaiter bonne chance dans le circuit. J’ai encore ces mots en tête, c’était tellement gentil. » 

« C’est bon de le revoir, même s’il vieillit, comme nous tous, a poursuivi Sleigher. Il a été un pionnier. C’est grâce à lui que les propriétaires ont sorti de leur poche l’argent qui y était depuis longtemps. » 

Réaliser un rêve

Le montant pour lequel Hull s’était entendu avec les Jets était incroyablement élevé pour l’époque, rappelle Richard Racine, le fils de Paul Racine, le premier président des Nordiques qui a aussi été trésorier pour la nouvelle ligue. 

« Mais l’arrivée de Bobby donnait une crédibilité au circuit, a-t-il expliqué. Alors toutes les équipes ont accepté de cotiser et les Jets de Winnipeg [auxquels Hull se joignait] ont payé la différence. » 

S’il semblait touché par ces bons mots, Hull, lui, s’est surtout dit heureux de l’impact que son transfert dans l’AMH a pu avoir sur certaines villes, dont Québec. 

« J’ai pu réaliser mon rêve d’amener du hockey professionnel dans de plus petits marchés de hockey au Canada et aux États-Unis », s’est-il réjoui.   

Les souvenirs à dédicacer oubliés à l’aéroport

Ulf Nilsson et Anders Hedberg ont fait 18 heures de vol à partir de Stockholm pour prendre part à cette rencontre qui célébrait les 50 ans dans l’Association mondiale. 

Un voyage qui a laissé les deux Suédois de la « Hot Line » un peu fatigués, a raconté Nilsson, 72 ans, hier. Au point où jeudi, à leur arrivée, il a confondu l’un de ses bagages avec celui d’un autre passager une fois rendu à l’aéroport de Montréal. 

« C’était une valise remplie d’articles à dédicacer, a expliqué l’ancien joueur de centre des Jets. Je m’en suis rendu compte une fois qu’on avait quitté l’aéroport et je me sentais vraiment mal ! » 

Nilsson a immédiatement rapporté le bagage pris par erreur à l’aéroport. Et par chance, l’autre passager a fait de même.

À trois pour battre Hull au tir au poignet

Même cinq décennies plus tard, Bobby Hull n’avait pas oublié la famille Racine, dont le paternel, Paul, a été l’un des premiers hommes d’affaires à investir dans les Nordiques, en plus d’être le trésorier de l’AMH.

L’un des fils de M. Racine, Richard, s’est présenté au Château Frontenac avec, dans les mains, une photo de son père riant avec le « Golden Jet », lors du banquet du match des étoiles de 1972, qui s’est déroulé au même endroit. 

Hull l’a accueilli avec un grand sourire, posant avec cette photo historique. 

Bobby Hull et Richard Racine
Photo Agence QMI, Marcel Tremblay
Bobby Hull et Richard Racine

« Quand j’avais 11 ans, nous étions allés manger au Continental en famille avec Bobby. Il avait proposé à moi et à deux de mes frères de faire un concours de tir au poignet. Nous étions les trois contre lui ! » s’est remémoré M. Racine. 

« Pendant qu’il terminait les desserts de tout le monde, nous forcions tous les trois, mais son bras ne bougeait pas. Quand il a eu fini, il nous a dit : “Êtes-vous prêts ?” Il nous a immédiatement battus ! »

En autobus scolaire, les patins à la main 

Pendant ses sept saisons dans l’Association mondiale, le meilleur pointeur de l’histoire du circuit, André Lacroix, a porté les couleurs des Knights de Jersey, qui jouaient dans l’infâme aréna de Cherry Hill. 

Un amphithéâtre, si on peut appeler l’endroit ainsi, qui n’était pas doté d’un vestiaire pour l’équipe visiteuse...
« Je me rappelle encore avoir vu Bobby Hull, l’un des meilleurs joueurs de l’histoire, descendre de l’autobus scolaire habillé avec son équipement de hockey, ses patins à la main », a lancé Lacroix en riant.

« Mais c’était ça, l’AMH, a-t-il ajouté. Il y a eu des hauts et des bas. »

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