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Raymond Rougeau: «Je n’ai jamais consommé de la drogue, des stéroïdes ou de l’alcool»

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Photo d'archives Raymond Rougeau devant l’hôtel de ville de Rawdon.

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Le spectaculaire lutteur Raymond Rougeau est né à Montréal sur la rue Boyer pour ensuite aller au 50 de la rue Notre-Dame à Saint-Sulpice, et finalement la famille a déménagé à Rawdon. 

Raymond a fait carrière dans l’arène comme lutteur professionnel durant 18 ans, a été conseiller municipal pendant 20 ans, puis est devenu le maire de Rawdon le 7 novembre 2021, fonction qu’il occupe encore aujourd’hui.

Raymond a vécu une enfance de rêve à Saint-Sulpice avec ses parents, Jacques Rougeau et Virginia Mitchell, ainsi qu’avec ses sœurs, Joanne et Diane, et ses frères, Armand et Jacques Jr. Ils ont passé d’agréables moments dans la piscine familiale, se sont baignés dans le fleuve Saint-Laurent et ont fait de l’équitation et du ski nautique.

Son père était son ami, son partenaire d’affaires et son idole de jeunesse.


Est-ce que c’était difficile de faire partie d’une famille où ton oncle Jean « Johnny » Rougeau et ton père, Jacques, étaient de grandes vedettes québécoises ?

Il fallait connaître bien mon père, car jamais il ne s’est comporté comme une vedette. Alors cette pression, je ne l’ai jamais ressentie.


À l’école, est-ce que les jeunes voulaient se battre avec toi ?

C’était plutôt l’inverse. Les seules batailles que j’ai eues, c’était au tir du poignet, et je me débrouillais assez bien, surtout contre mes professeurs à l’école secondaire Jean-Baptiste-Meilleur, à Repentigny. Cependant, je jouais au hockey, au ballon-balai et à la crosse.


Tu as fait un exposé sur la lutte en 5e année.

Le lendemain des combats de mon père, les élèves aimaient se réunir avec moi pour discuter de ses combats et en profiter pour connaître les autres lutteurs.


Est-ce que tu connaissais les rudiments et la tradition de la lutte ?

Pas du tout. J’étais comme eux, c’est-à-dire en maudit et furieux contre le lutteur qui malmenait mon père dans une arène de lutte.


Tu détestais Abdullah the Butcher.

Lorsqu’Abdullah sortait un objet qu’il avait caché pour assommer mon père, je criais très fort à mon père pour l’avertir. J’étais tellement furieux que je voulais m’en prendre à ce méchant lutteur. J’avais à peine 10 ans.


Ton père perpétuait le mythe de la lutte une fois à la maison ?

Il était incroyable. Il respectait tellement son métier que s’il s’était supposément blessé à une jambe, il boitait pendant quelques jours à la maison afin de ne pas briser le mythe de la lutte.


Tu as apporté la ceinture de championnat de lutte de ton père à l’école.

À la fin de mon exposé sur la lutte, j’ai sorti la ceinture de championnat de mon père. Spontanément, mes collègues de classe se sont levés pour se diriger vers moi, car ils voulaient toucher à la ceinture, mais surtout, la porter autour de leur taille.


Tu aimais faire de l’équitation avec ton père.

J’ai passé tellement de beaux moments avec lui à faire des randonnées dans le bois ou sur le bord du fleuve, lui sur son cheval et moi sur mon poney qu’il m’avait offert quand j’avais 8 ans.


Tu gagnais à peine deux dollars par jour.

J’étais tout jeune. Avant de devenir camelot, je récoltais des légumes sur la ferme des voisins et, pour chaque manne que je remplissais, j’étais payé la merveilleuse somme de deux sous, pour un total d’un peu plus de deux dollars à la fin de la journée.


Tu voulais faire de la lutte.

Pas du tout. J’avais une passion pour les avions. D’ailleurs, aujourd’hui, je possède ma licence de pilote. J’ai commencé à faire de la lutte pour faire plaisir à mon père. Sans aucun doute la meilleure décision que j’ai prise.


Ton père dirigeait ton entraînement.

J’avais 13 ans. Il m’avait dit que si je suivais ses directives, je lutterais professionnel à l’âge de 16 ans. Pendant 365 jours par année, sauf une journée, je m’entraînais après l’école à la maison ou à l’école de lutte de Lionel Robert avec des lutteurs, dont Gino Brito, avec qui je communique encore aujourd’hui.


Pourquoi sauf un jour ?

Chaque matin, mon père me demandait comment avait été mon entraînement. Je lui avais dit que j’avais eu de la fièvre, alors je ne m’étais pas entraîné. Sans aucune hésitation, il m’a dit que j’aurais dû trouver du temps pour m’entraîner. Il a toujours nié cet incident, mais moi, je m’en souviens encore.


Ton père a-t-il tenu parole ?

Trois ans plus tard, à l’âge de 16 ans et un mois, j’ai fait mes débuts professionnels à Joliette dans une salle comble, car mon oncle Johnny s’était assuré de lutter dans la finale.


Comment se déroulaient les discussions politiques à la maison ?

Mon oncle Johnny était très proche de monsieur René Lévesque, et mon père était solidaire envers monsieur Lévesque. Cependant, pour taquiner ma mère qui était anglophone, il lui proposait de lui donner 20 $ si elle votait pour le PQ. Elle lui répondait qu’elle n’avait pas besoin de son argent afin de savoir pour qui voter.

« Nous parlions le français et l’anglais à la maison. » – Raymond Rougeau

Tu n’as jamais consommé d’alcool.

Ma mère m’a toujours dit que je suis venu au monde vieux. Au lieu d’aller dans les bars à l’âge de 16 ans, j’achetais de l’immobilier résidentiel, et mon partenaire d’affaires, c’était mon père.


Ta première voiture.

La voiture usagée de mon oncle Johnny, une Thunderbird 1970. Je ne roulais pas trop vite, car je craignais de l’abîmer.


Quelle personne aurais-tu aimé rencontrer ?

Il visitait souvent les lutteurs dans le vestiaire, mais je n’ai pas pu le rencontrer : Elvis Presley, un fervent amateur de lutte.


J’ai tellement d’autres questions, mais l’espace me manque. Parle-moi de ta conjointe et de ton fils, Félix.

Je connais une vie de rêve avec mon fils tout comme celle que j’ai vécue avec mon père. Aujourd’hui, il vit la même vie avec sa fille. Ma conjointe de 25 ans, Louise Daoust, pensait que je voulais qu’elle se promène avec des pancartes pour indiquer la ronde, avant que je lui explique que c’était à la boxe, les rondes. Pour notre première rencontre, je l’ai invitée à faire du bateau, et le tour ne s’est jamais terminé, car nous sommes toujours ensemble.

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