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Désespéré, Poutine va-t-il passer au nucléaire?

Lancement d'un missile russe Iskander
Photo d'archives, AFP Lancement d'un missile russe Iskander

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Le monde entier se pose cette angoissante question. Plus la situation de l’armée russe va se dégrader sur le terrain, plus le recours à des armes de destruction massive va lui paraître la seule façon d’éviter une défaite humiliante en Ukraine. Et Poutine subit d’énormes pressions des nationalistes russes extrémistes qui appellent à une nouvelle escalade du conflit.

Alexandre Gabuev de la Fondation Carnegie pour la paix estime qu'au cours des deux dernières semaines, la probabilité d'une frappe nucléaire russe est passée en pourcentage d’un chiffre à deux chiffres.

Les Russes cibleraient probablement une base militaire ukrainienne servant de centre de distribution des équipements et des armes que l’OTAN et les Américains fournissent à l’Ukraine.

La destruction et la radioactivité qui en résulterait dépendront de la puissance explosive de l'arme et des vents: des milliers de morts probables et la région inhabitable pendant longtemps.

La charge nucléaire serait probablement portée par un missile Iskander. Ceux actuellement déployés dans les zones de combat n’en sont pas dotés. Les armes nucléaires tactiques russes – au nombre de 2000 – sont gardées sur des bases en Russie.

Washington dispose des capacités de renseignement (observation de satellites et interceptions de communications) pour repérer la préparation d'une frappe nucléaire russe. Jusqu’à maintenant, rien n’a été détecté. 

  • Écoutez l'édito de Normand Lester à l'émission de Richard Martineau diffusée chaque jour en direct 9 h 48 via QUB radio :

Poutine aime faire peur au monde

Si les États-Unis découvrent que les Russes préparent une frappe nucléaire, l’annonceront-ils publiquement? Ils s'attendraient à ce que la Chine fasse pression sur Poutine pour qu'il y renonce.

Mais Moscou pourrait très bien aussi vouloir que le monde le sache. L'avertissement public déclencherait la panique en Ukraine. Et aussi en Pologne, qui pourrait être touchée par les retombées radioactives.

La radioactivité de la détonation d'une arme nucléaire tactique serait moindre que celle émanant de la catastrophe de Tchernobyl, où les radiations ont causé des milliers de cas de cancer et transformé des hameaux en villages fantômes des kilomètres à la ronde.

  • Écoutez l'édito de Normand Lester diffusé sur QUB radio:

La riposte de l’OTAN

Le ministre polonais des Affaires étrangères, Zbigniew Rau, a déclaré que la riposte de l'OTAN à toute utilisation d'armes nucléaires en Ukraine devrait être non nucléaire, mais «dévastatrice».

Washington a précisé en privé au Kremlin quelles seraient ses réponses: « [...] toute utilisation d'armes nucléaires aura des conséquences catastrophiques pour la Russie».

Les États-Unis pourraient autoriser Kyïv à cibler le site ou l'unité responsable de l’attaque nucléaire, même en Russie. Le Pentagone considère fournir à l’Ukraine des missiles ATACMS avec une portée jusqu’à 300 km.

Avec ces missiles, l’Ukraine aurait la capacité de couler toute la flotte russe de la mer Noire, estime le général à la retraite et ancien directeur de la CIA David Petraeus.

Moscou a averti: «Si Washington décide de fournir des missiles à plus longue portée à Kyïv, alors il franchira une ligne rouge et deviendra une partie directe du conflit».

Nous vivons à une époque intéressante, pour reprendre l’antique malédiction chinoise.

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