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La contre-offensive ukrainienne progresse dans le Sud

La contre-offensive ukrainienne progresse dans le Sud
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L’armée russe reculait mardi dans la région de Kharkiv (nord-est) mais aussi de Kherson (sud), selon des cartes présentées par le ministère russe de la Défense, illustrant les derniers succès de la contre-offensive ukrainienne dans les territoires annexés par Moscou. 

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Ces cartes, comparées à celle de la veille, montrent que les forces russes ont quitté un grand nombre de localités dans la région de Kherson, dont Doudtchany, sur la rive occidentale du fleuve Dniepr, alors que l’armée ukrainienne y mène une contre-offensive qui peinait à percer jusqu’à présent.

La carte de la région de Kharkiv (nord-est) montre, elle, que les Russes ont quitté la quasi-totalité de la rive orientale de la rivière Oskil, dernière zone de la région qu’ils contrôlaient encore.

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L’armée russe n’a pas pour autant annoncé de retrait, ni commenté ce recul visible sur les cartes.

Les autorités d’occupation russes dans le Sud de l’Ukraine ont appelé de leur côté à ne «pas paniquer», malgré une série de revers cuisants.

Le chef de l’occupation russe à Kherson, Vladimir Saldo, avait le premier admis une «percée» ukrainienne et notamment la perte du village de Doudtchany, avant d’assurer que l’aviation russe avait «stoppé» l’avancée ukrainienne, dans un entretien lundi après-midi publié mardi sur sa page Telegram.

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Selon des estimations occidentales et ukrainiennes, quelque 20 000 soldats russes seraient stationnés dans cette zone.

Les forces ukrainiennes ont concentré ces dernières semaines le feu sur les positions et entrepôts russes de la rive droite du Dniepr ainsi que les ponts enjambant ce fleuve afin de couper les lignes de ravitaillement russes.

À 75 km au nord-est de Kherson, le long du Dniepr, Nastassia Proudkoune, 75 ans, a vu la semaine dernière l’armée ukrainienne «pilonner quotidiennement» le barrage de Kakhovka entre les deux rives contrôlées par Moscou.

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Les Russes «ont construit un ponton sur l’eau, mais les Ukrainiens l’ont touché deux fois et détruit», raconte-t-elle au téléphone à l’AFP, laissant présager un retrait difficile des troupes russes, coupées en deux par le Dniepr.

Drapeaux ukrainiens

Kyïv garde cependant encore le silence sur ses avancées dans le Sud du pays.

«(Les Russes) abandonnent leurs positions et se retirent à une distance sûre, détruisent leurs stocks de munitions, tentent de détruire les ponts», a simplement écrit sur Facebook l’état-major ukrainien.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est de son côté borné à dire dans son adresse du soir lundi que «de nouvelles localités ont été libérées dans plusieurs régions».

En outre, depuis plusieurs jours, des vidéos de soldats ukrainiens hissant leur drapeau dans des villages du dord de la région de Kherson se sont multipliées en ligne.

Le chef de cabinet de la présidence ukrainienne, Andriï Iermak, a lui publié un message d’emoticons sur Telegram montrant des drapeaux ukrainiens et une pastèque, fruit dont la région de Kherson est une grande productrice.

Les troupes russes se sont emparées au début de l’invasion de l’Ukraine de Kherson, sur le fleuve Dnipro, la seule capitale régionale qu’elles ont réussi à conquérir.

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Après une série de défaites cuisantes dans le nord et l’est de l’Ukraine, la Russie a décidé d’annexer les régions de Lougansk, Donetsk, Kherson et Zaporijjia, qu’elle contrôle au moins en partie, et décrété une mobilisation de centaines de milliers de réservistes.

Mais dès le surlendemain de la cérémonie d’annexion, le président Zelensky annonçait la reprise de Lyman, nœud ferroviaire stratégique dans l’est de l’Ukraine, infligeant un nouveau camouflet à Moscou.

La mobilisation des réservistes en Russie s’est aussi avérée chaotique, l’armée essuyant des critiques car elle a convoqué nombre de réservistes qui auraient dû être exemptés pour raison de santé ou familiale.

Nouveaux «Himars» américains

Le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou a affirmé que, depuis l’ordre de mobilisation du 21 septembre, plus de 200 000 personnes avaient rejoint l’armée.

«L’entraînement du personnel des (nouvelles) unités formées est réalisé sur 80 terrains militaires et dans six centres de formation», a-t-il ajouté.

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La perspective d’être envoyé au front a cependant aussi provoqué un exode de dizaines de milliers de Russes, qui ont quitté le pays notamment vers la Géorgie, le Kazakhstan, la Mongolie et la Finlande.

En Russie, l’organisation de l’opposant incarcéré Alexeï Navalny a annoncé rouvrir ses bureaux régionaux pour lutter «contre la guerre et la mobilisation», malgré de possibles représailles judiciaires.

De leur côté, les Occidentaux ont juré qu’ils continueraient de soutenir Kyïv, notamment par des armes et munitions modernes.

Joe Biden s’est entretenu mardi avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, selon la Maison-Blanche qui a ensuite annoncé 625 millions de dollars d’aide militaire supplémentaire à l’Ukraine.

Cet envoi comprendra en particulier de nouveaux Himars pour l’armée ukrainienne. Ces systèmes de lance-roquettes très précis et puissants ont joué un rôle important dans les récentes avancées militaires ukrainiennes.

L’ONU, de son côté, a estimé que l’annexion des territoires ukrainiens par la Russie ne ferait qu’«exacerber» les violations des droits de l’homme commises par Moscou.

Les conséquences sur l’économie ukrainienne sont aussi considérables: le PIB devrait se contracter de 35% en 2022 selon une nouvelle prévision de la Banque mondiale.

Le président de la Banque centrale ukrainienne, Kyrylo Chevtchenko, a annoncé sa démission pour des raisons de «santé».

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