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Malgré les problèmes, Ricova restera à Saint-Michel

Malgré les problèmes, Ricova restera à Saint-Michel
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Bien que la Ville de Montréal résilie son contrat avec l’entreprise Ricova pour la gestion du centre de tri de Lachine, celle-ci pourra continuer d’opérer le centre de tri Saint-Michel, malgré un avis contraire du Bureau de l’inspecteur général (BIG).

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«Ricova a son propre modèle d’affaires pour Saint-Michel et la Ville n’a pas le plein contrôle sur ce site-là comme elle l’a pour Lachine», a justifié mardi, en mêlée de presse, Marie-Andrée Mauger, responsable de l’environnement au sein du comité exécutif de la Ville.

Depuis des mois, les reportages s’accumulent sur des controverses qui touchent l’entreprise. En mars, le BIG a d’ailleurs produit un rapport accablant, dans lequel elle recommandait à la Ville de mettre fin à ses contrats avec l’entreprise et de l’inscrire au Registre des personnes inadmissibles de la Ville de Montréal pour une période de cinq ans.

C’est finalement la menace d’un bris de service au centre de tri de Lachine qui a incité la Ville à résilier son contrat avec Ricova, en septembre, pour l’opération de ce site, tout en maintenant ses autres liens avec l’entreprise.

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En 2020, Ricova a récupéré la gestion des centres de tri d’une entreprise en faillite. Son contrat qui la lie avec la Ville pour opérer le centre de tri de Saint-Michel se terminera en 2024. Bien que le bâtiment appartienne à la Ville, les équipements sont toutefois à l’entreprise.

«Ricova est propriétaire de la matière. Ce que peut faire la Ville réellement, c’est de pousser l’entreprise à trouver des filières de valorisation et les inciter à investir. Il n’y a pas vraiment d’autres options que ça», a reconnu Arnaud Budka, directeur de la gestion des matières résiduelles de la Ville, qui s’exprimait dans le cadre d’un conseil municipal extraordinaire sur la gestion des centres de tri de la Ville.

Selon sa présentation, la Ville constate depuis le mois de mars plusieurs enjeux à Saint-Michel, notamment au niveau de l’entretien du bâtiment et d’une dégradation de la qualité des matières triées. La Ville aurait également observé des accumulations de matières à trier à l’extérieur depuis le mois d’avril.

«Il n’y a pas de plans de fermeture du centre de tri Saint-Michel. Actuellement, les opérations ne sont pas remises en question», a révélé M. Budka. La Ville table néanmoins sur l’idée que le marché «se structure» pour permettre une transition en 2024, à l’échéance du contrat.

Vendredi, notre Bureau d’enquête révélait que Ricova International et son propriétaire Domenico Colubriale sont l’objet d’une enquête de la Gendarmerie royale du Canada en lien avec du trafic de drogue.

Les activités de Ricova en Colombie sont notamment dans la mire de la police.

«Ces allégations-là nous préoccupent beaucoup et nous choquent, mais ce n’est pas sur la base d’allégation qu’on peut résilier un contrat», a réagi Mme Mauger.

Résiliation à Lachine

En septembre, la Ville a annoncé la résiliation du contrat de Ricova pour la gestion du centre de tri de Lachine. La Société VIA va en reprendre les activités à compter du 17 octobre prochain.

Questionné à savoir ce qui ferait en sorte que les problèmes connus par Ricova ne se répéteraient pas, M. Budka s’est montré rassurant.

«La Société VIA est une OBNL. Sa mission est de faire de la réinsertion. La mission même de l’entreprise est très différente, donc les opérations qui y seront associées seront différentes également», a-t-il soutenu.

«Le modèle du groupe Ricova est beaucoup basé sur l’exportation, alors que Société VIA travaille beaucoup avec des partenaires locaux. Ça améliore la capacité de répondre à un marché plus local et plus interactif», a-t-il ajouté.

- Avec la collaboration de Dominique Cambron-Goulet, Journal de Montréal

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