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Annulation du défilé de la Fierté: le DG mis au courant après le SPVM et les médias

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L’annulation du défilé de la Fierté a été le résultat d’une «série d’échanges chaotiques», dû à un manque d’organisation, conclut le rapport indépendant mandaté par la Ville.

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«C’est un déplorable quiproquo. On se demande qui a éteint la lumière? Impossible de le savoir, la lumière est éteinte», a illustré, Philippe Schnobb, dans son rapport d'analyse.

Pour rappel, le 7 août dernier, Fierté Montréal devait tenir son traditionnel défilé annuel. Or, le matin même, l’organisation a annulé la marche. Pour cause, elle aurait «oublié» d’embaucher du personnel pour encadrer la marche.

De nombreuses personnes avaient fait part de leur mécontentement quant à la situation. Et malgré l’annulation, des centaines de personnes avaient envahi la rue de manière spontanée.

Quelques jours plus tard, la Ville a annoncé la tenue d’une enquête indépendante, sous la supervision de M. Schnobb, pour faire la lumière sur les événements. Son rapport propose une série de 13 recommandations, touchant autant la gouvernance que la gestion de l’événement.

«C'était essentiel pour notre administration de nous assurer que Fierté Montréal dispose de tous les outils nécessaires pour assurer le succès des prochains du Défilé de la Fierté», a expliqué, par communiqué, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, qui estime que le rapport contribuera à rétablir la confiance du public envers l’organisation.

Manque d’effectifs

Fierté calculait qu’environ 200 personnes étaient nécessaires pour assurer la tenue de l’événement.

Des difficultés de recrutement ont fait en sorte que l’organisation comptait 89 bénévoles, auxquels devaient se joindre 96 agents d’accueil.

Le matin même, l’organisation a toutefois réalisé que ces personnes n’avaient pas été recrutées.

«J’ai tenté de comprendre comment on avait pu «oublier» d’embaucher 96 personnes. [...] Les agents d’accueil requis n’apparaissent pas au budget et auraient donc été bénévoles, mais aucune requête n’a été transmise à la personne responsable du recrutement des bénévoles», est-il noté dans le rapport de M. Schnobb.

Il révèle par ailleurs que la personne embauchée pour coordonner le défilé a été congédiée à la fin juin, sept semaines avant l’événement.

En parallèle, deux semaines avant la date du défilé, la personne responsable du recrutement et de l’encadrement des bénévoles est partie en congé de maladie «et n’est jamais revenue».

«La surcharge de travail d’une personne clé qui doit assumer plusieurs fonctions explique vraisemblablement l’oubli de prévoir le recrutement des 96 personnes et la difficulté de garantir la présence des bénévoles», est-il fait remarquer.

Devant le fait accompli

Selon la ligne du temps établi par M. Schnobb, à 7 h 46, l’organisation a réalisé que les «96 agents d’accueil attendus ne se présenteront pas parce qu’ils n’ont pas été recrutés».

À 8 h 03, «une conversation entre deux personnes clés est un point tournant. Un quiproquo pousse une de ces deux personnes à annoncer l’annulation du défilé à l’externe, considérant le manque d’effectifs».

Informé de la situation, le directeur général de Fierté, Simon Gamache, donne la consigne, par téléphone, de rester en «stand-by».

Malgré cette consigne, l’annonce de l’annulation du défilé a été transmise vers 8 h 12 au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), qui a démobilisé ses effectifs. À 8 h 41, la nouvelle est également reprise à la radio par les médias.

À son arrivée sur les lieux à 8 h 43, M. Gamache a été mis devant le fait accompli.

«Pendant son déplacement, il ignore que le SPVM a été informé de l’annulation du défilé, il ignore que les effectifs policiers et les bénévoles ont été démobilisés et il ignore que la nouvelle a été diffusée à la radio», est-il noté dans le rapport.

À 8 h 53, il donne l’autorisation de confirmer la nouvelle qui «circule déjà abondamment».

Revoir la gouvernance

Dans son rapport, M. Schnobb estime que le fonctionnement de la gouvernance de Fierté «n’est pas clair» ce qui crée de «l’inconfort».

«J’ai été étonné de constater que l’assemblée générale de Fierté Montréal compte moins de 20 membres qui élisent sept administrateurs responsables de la gouvernance d’un des dix plus importants événements dans le calendrier événementiel de Montréal», a observé M. Schnobb.

Il propose à l’organisation de réviser ses statuts et règlements pour permettre d’élargir le «membership».

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