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Pendant la guerre: Jason Demers raconte son expérience dans la KHL

Le vétéran de la LNH ne juge pas les joueurs canadiens qui demeurent dans la ligue russe

Pendant la guerre: Jason Demers raconte son expérience dans la KHL

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Si le gouvernement incite fortement les hockeyeurs canadiens qui jouent dans la KHL à revenir au pays, le défenseur montréalais Jason Demers comprend ceux qui continuent à porter les couleurs d’équipes de la ligue russe. 

«Je ne peux pas les juger. Ils font leur job, plusieurs d’entre eux ont une famille. S’ils se sentent en sécurité, je ne peux pas les convaincre du contraire», a commenté le vétéran de 34 ans, qui a été invité au camp d’entraînement des Oilers d’Edmonton il y a quelques semaines.

Cette saison, 46 joueurs canadiens – dont sept Québécois – jouent dans la KHL. Demers, quant à lui, portait les couleurs du Ak-Bars de Kazan quand la Russie a envahi l’Ukraine, à la fin février.

L’ancien des Sharks, des Stars, des Panthers et des Coyotes a accepté de se joindre à l’équipe afin de se préparer pour les Jeux olympiques de Beijing. Blessé avant le début de la saison 2021-2022, Demers n’avait pas obtenu de contrat dans la Ligue nationale.

Demers est ensuite retourné à Kazan pour terminer la campagne et prendre part aux séries éliminatoires. Au total, il a disputé neuf rencontres avec le club.

«Je me suis servi de la dernière saison comme d’un camp d’entraînement pour celle-ci, a-t-il expliqué. Aussi, j’avais été invité au camp de l’équipe canadienne en prévision des Jeux olympiques, et la direction m’avait dit que ce serait bien que je dispute des matchs avant.»

«Notre but, c’était la coupe»

Le vétéran aux 699 matchs dans la LNH a donc vécu le début du conflit de l’intérieur. Kazan, ville de plus d'un million d’habitants, est située à quelque 700 kilomètres à l’est de Moscou, la capitale russe.

Mais, dit-il, les joueurs étaient tellement concentrés sur leur boulot que tout cela paraissait bien loin d’eux.

«C’était un peu, comme on dit, out of sight, out of mind [loin des yeux, loin du cœur]. Si on n’avait pas regardé les nouvelles, on n’aurait rien su. En Russie, le hockey est super populaire aussi. Notre but, c’était de gagner la coupe [Gagarin]», illustre Demers.

«L’une des premières choses que l’on a faites, avec les autres imports [l’expression utilisée pour parler des joueurs étrangers dans la KHL], c’est qu’on s’est parlé pour s’assurer que l’on était tous en sécurité, a-t-il ajouté. On se sentait en sécurité. Si la situation s’était aggravée encore davantage, on aurait pris la décision de partir», souligne-t-il. 

Demers dit aussi que rien n’a changé au sein de son équipe quand la guerre a éclaté, mis à part que les dirigeants ont assuré aux joueurs qu’ils étaient en sécurité.

«Les équipes ont continué à nous payer, poursuit-il. Nous, on se disait qu’on avait une job, et quand quelqu’un te paye pour faire une job, il faut que tu le fasses.»

Pas certain qu’il y retournerait

Des agents à qui Le Journal a parlé mentionnent qu’il est de plus en plus difficile pour les équipes de la KHL de recruter des Canadiens. Notamment ceux qui ont une jeune famille.

En raison de la guerre, évidemment, mais aussi parce que plusieurs ont vécu des expériences désagréables au fil des ans: salaires impayés, difficultés liées à l’intégration, etc. 

S’il affirme avoir toujours été bien traité par le Ak-Bars, Demers n’est toutefois pas certain qu’il retournerait en Russie si jamais son essai avec les Oilers s’avérait infructueux.

«Je vis dans le moment présent, a souligné le Montréalais. C’est ce genre de mentalité que tu dois avoir quand tu obtiens un essai avec une équipe. [Aussi], j’ai lu des articles ici et là, mais je ne sais pas vraiment comment est la situation là-bas en ce moment.»

«Mais j’ai parlé avec des joueurs qui sont là-bas, ils vont tous bien et ils restent en contact.»

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