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Quand Montréal menait le Québec

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Aux abris! Commotion à Montréal! La vague de la CAQ porte au pouvoir un parti qui n’est pas omniprésent sur l’île. Des voix montréalaises crient au scandale, voudraient annuler l’élection ou changer tout notre système politique. Ces voix s’expriment amplement dans les médias montréalais et irradient tout le Québec de ce message d’inquiétude.

Remettons les choses en perspective. La CAQ a deux élus sur l’île de Montréal, pas zéro. En passant, un vieux routier de la politique montréalaise faisait remarquer hier que les quatre partis représentés à l’Assemblée nationale ont des élus dans la métropole. Diversité.

Fausse inquiétude

Lors de la formation du cabinet, Montréal sera donc représentée. Non seulement par des élues montréalaises, mais aussi par des élus de Laval et de la Rive-Sud. Soyons sérieux : plusieurs députés de la CAQ, représentant des banlieues, proviennent du monde des affaires et ont passé leur carrière dans le centre-ville de la métropole.

Ils connaissent Montréal, comprennent ses besoins et sont en contact avec les leaders de la communauté. Ce n’est pas un hasard si François Legault a attiré la plus grosse foule à la Chambre de commerce de Montréal lors de son passage. Son parti est connecté dans ce milieu.

En somme, il n’y a pas vraiment lieu de s’inquiéter d’un abandon de Montréal par le gouvernement ou d’une déconnexion entre l’équipe Legault et les besoins du cœur économique du Québec.

La vérité est ailleurs. Dans le Conseil des ministres de François Legault, il y a aura des hommes et des femmes de toutes les régions. Québec, l’Abitibi, l’Estrie, l’Est-du-Québec, le Saguenay–Lac-Saint-Jean, le pouvoir exécutif sera éclaté entre toutes les régions. Personnellement, je trouve cela très rassurant.

Les voix qui se disent aujourd’hui outrées de la déconnexion montréalaise étaient bien silencieuses lorsque des régions entières du Québec étaient exclues du pouvoir. Sous Philippe Couillard, 90 % du budget du Québec était géré par des ministres regroupés dans l’ouest de Montréal et quelques comtés adjacents.

Sans blague, presque tous les ministères importants se retrouvaient entre les mains d’élus regroupés dans un périmètre de 15 km sur 15 km. Vous aviez notamment dans cette zone restreinte les ministres des Finances, de la Santé, de l’Économie, des Ressources naturelles, des Transports, de la Culture et le président du Conseil du trésor.  

Qu’on le veuille ou non, un ministre est aussi un député. Lorsqu’il représente une circonscription où les francophones sont en minorité, cela influencera ses sensibilités. On peut donc dire que les intérêts de la majorité francophone étaient mis à risque par cette concentration du pouvoir dans l’ouest de Montréal.

Normal

Pourtant, je n’ai pas souvenir d’avoir lu ou entendu des Montréalais décrier une concentration géographique excessive du pouvoir. Quand Montréal mène tout, c’est comme normal... Eh bien non, ce n’est ni normal ni automatique!

Montréal n’est pas négligée, ni mal aimée, ni abandonnée.

Mais Montréal ne mène plus le Québec.  

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