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Le PLQ acceptera-t-il de se tirer dans le pied?

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Il est évident que l’idéal voudrait que toutes les formations ayant pris part à la campagne électorale puissent avoir un droit de parole suffisant et un budget adéquat pour faire leur travail à l’Assemblée nationale.

Il est évident qu’il y a un important déficit démocratique qui nous a sauté aux yeux lundi soir. Mais soyons bien clairs, la seule et unique manière de régler cette situation une fois pour toutes, c’est d'entamer une réforme de notre mode de scrutin.

La reconnaissance des différents groupes parlementaires à l’Assemblée nationale ne peut être une solution à long terme, ni une solution tenue pour acquise. Il ne s’agit que d’aménagements ponctuels que certains partis acceptent le temps d’une législature. 

Au-delà de l’idéal démocratique, stratégiquement, la reconnaissance de Québec solidaire et du Parti Québécois comme groupes parlementaires revient, pour le Parti libéral du Québec, à se tirer dans le pied. Voici pourquoi:

  1. Cela a été fait lors du dernier mandat. Résultat: Gabriel Nadeau-Dubois s’est imposé comme une meilleure opposition que les libéraux. 
  2. Le temps de parole accordé à QS et au PQ vient uniquement de celui des libéraux, pas du gouvernement. 
  3. Cela permet à François Legault de maintenir une opposition fragmentée, empêchant une opposition de se distinguer comme réel adversaire. 
  4. Cela ne réglerait pas le fait que le Parti conservateur du Québec ne pourra pas jouir d’une telle exception de toutes les manières.
  5. Cela donnerait une faveur à François Legault, en renvoyant la réforme du mode de scrutin aux calendes grecques. 
  6. Aucun électeur qui a voté pour les libéraux le 3 octobre dernier ne l’a fait parce qu’ils avaient reconnu QS et le PQ lors de la dernière législature. Ces électeurs n’auraient donc absolument rien à gagner, au contraire, ils perdraient du terrain à l’Assemblée nationale. 
  7. QS n’a pas hésité à faire fi d’une règle non écrite voulant que les caravanes électorales ne s’arrêtent pas dans les circonscriptions des chefs de parti. GND est allé quatre fois dans Saint-Henri–Sainte-Anne, le comté de Dominique Anglade. Cela a peut-être sonné la fin des bonnes manières...

La classe politique a beau s’offusquer du potentiel refus des libéraux de reconnaître les deux partis, de dénoncer le fait que le parti qui a eu moins de votes que les autres décide de leur droit de parole et de leur budget, et de dire qu’ils devraient se garder une petite gêne puisqu’ils ont un score anémique auprès des francophones, la vérité c’est que ces reconnaissances seraient injustes. 

On ne change pas les règles du jeu lorsque le résultat nous déplaît. On les change pour s’assurer que les prochaines fois, ces distorsions n’aient pas lieu. 

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