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Les souvenirs d’Eugène Lapierre: quand Kyrgios et Wawrinka ont dû être séparés

Les souvenirs d’Eugène Lapierre: quand Kyrgios et Wawrinka ont dû être séparés
MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

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Eugène Lapierre en a côtoyé de grands noms du tennis au cours des 21 dernières années. Témoin privilégié de l’arrivée du «Big Three», de l’ascension au classement de Félix et Leylah, de la croissance phénoménale de son sport favori à travers le pays, l’ancien directeur de l’Omnium Banque Nationale a raconté au Journal quelques anecdotes et moments marquants de ses deux décennies aux commandes du tournoi.  

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La réputation de Kyrgios n’était pas surfaite

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Ce ne fut sans doute pas le moment favori de M. Lapierre, mais il fut tout de même mémorable dans ce sport où les rivalités ont désormais tendance à s’éteindre une fois la poignée de main au filet passée. En 2015, le Suisse Stan Wawrinka et le «bad boy» australien Nick Kyrgios s’affrontent sur le central, dans un match de deuxième tour disputé en soirée. Lors d’un changement de côté, Kyrgios lance à son adversaire qu’il est cocu. Selon ses dires, l'autre joueur, Thanasi Kokkinakis, «a couché avec sa copine». 

«Wawrinka n’avait pas entendu, mais les propos de Kyrgios étaient passés à la télé en raison des micros sur le terrain, explique M. Lapierre. En conférence de presse, un journaliste l’a mis au courant de ce qui avait été dit. Wawrinka était en furie! C’est comme s’il venait de perdre la face devant tout le monde. Il était vite descendu au vestiaire, où Kyrgios se trouvait encore. Il avait fallu les séparer, car ça risquait de dégénérer rapidement.» 

  •  Écoutez l'entrevue avec Eugène Lapierre, Ancien directeur de l’Omnium Banque Nationale sur QUB radio :  

Nadal, la super vedette aux bonnes manières

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Les trois membres du «Big Three» ont chacun marqué Eugène Lapierre à leur manière. Selon l’ex-directeur, l’Espagnol Rafael Nadal n’est pas seulement spectaculaire sur le terrain. Il l’est aussi par «son humilité». 

«C’est vraiment impressionnant, souligne M. Lapierre. Il fait attention avec les bénévoles, avec tout le monde. C’est le gars qui pouvait entrer dans un building, voir des gens derrière lui, puis attendre afin de leur ouvrir la porte et les laisser passer. Je trouvais sa candeur très intéressante. C’est un gars ordinaire et impressionnant en même temps.»

La perfection existe et s’appelle Federer

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L’aura de perfection qui a entouré le Suisse Roger Federer tout au long de sa légendaire carrière n’était pas surfaite, estime M. Lapierre. 

«Federer, c’est seulement de la grande classe. Il se rendait compte de l’impact et de la portée qu’il pouvait avoir auprès de tout le monde. Il ne faisait jamais de vague, de demandes particulières. Il était très heureux de venir à Montréal, il était toujours très gentil. Avec lui, il n’y a pas un cheveu qui dépasse, comme on dit! C’était très suisse comme attitude. Un gars parfait, qui était aussi parfait sur le terrain.» 

Djokovic est vraiment le «Djoker»

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Le surnom de «Djoker» dont a hérité le Serbe Novak Djokovic très tôt dans sa carrière lui va à merveille, selon l’ancien grand manitou de l’épreuve montréalaise. 

«Il veut toujours plaire au public de différentes façons, se remémore-t-il. Il danse avec les chasseurs de balles sur le terrain... À un moment donné, il m’a demandé si on pouvait lui trouver un Segway [un petit véhicule à deux roues], pour qu’il puisse se déplacer avec sur le site. On n’en a pas trouvé, et de toute façon, son agent a dit: «Jamais de la vie!» Il est très gentil avec tout le monde. C’est un boute-en-train qui veut toujours faire rire.»

La déclaration d’amour de Venus 

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Les sœurs Williams ne se sont pas présentées à Montréal avec une grande assiduité au fil de leur carrière, mais Eugène Lapierre se souvient très bien du passage de l’aînée du duo dans la métropole, en 2014. L’Américaine s’était alors inclinée en finale devant la Polonaise Agnieszka Radwanska.  

«Venus avait eu un kick incroyable sur Montréal!, lance-t-il. Dans son entrevue après son dernier match, elle avait fait un grand plaidoyer pour la ville. Elle avait dit qu’il y avait beaucoup d’endroits qu’elle avait aimé à travers le monde et que Montréal en faisait partie. Que c’était une ville incroyable, très amicale. Elle disait qu’elle devait avoir une âme québécoise. Je n’en revenais pas de voir cette grande joueuse américaine qui arrivait à Montréal pour la première fois et qui disait ça.» 

Shapo-Nadal, le changement de garde

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Deux matchs disputés à Montréal ont particulièrement marqué M. Lapierre au cours des deux dernières décennies et, chaque fois, ils mettaient en vedette Rafael Nadal. 

«On parle de changement de garde dans le tennis actuel, mais la finale de 2005, contre Andre Agassi, en était un aussi. Agassi avait la chance de gagner l’un de ses derniers tournois Masters et jouait en finale contre le jeune Nadal. Ce fut tout un match, en trois manches et Nadal en était sorti gagnant. Quelques années plus tard, en 2017, Denis Shapovalov signe sa fameuse victoire contre Rafa. Ça marquait le coup d’un changement dans le tennis canadien, dans le déroulement du tournoi. Ça montrait que nos joueurs pouvaient battre n’importe qui. Ce fut un match clé.»

Prêts à démonter le stade après la finale 

Eugène Lapierre a aussi été le témoin de quelques grands changements qui ont contribué à faire croître la visibilité du tournoi montréalais à l’échelle internationale. En 1995, M. Lapierre n’occupe pas encore le poste de directeur de l’événement, mais il travaille déjà pour Tennis Canada. 

«L’un des moments charnières, ce fut lorsqu’on a construit le gros stade. La dernière finale disputée dans l’ancien, ce fut entre Andre Agassi et Pete Sampras. Ce fut un moment mémorable, les amateurs avaient été bien servis. Après le match, l’ATP m’attendait à la porte afin de commencer à démonter les gradins. Le nouveau stade, qui n’est plus si nouveau, a changé énormément la donne.»

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