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Le brossage des dents à l'école n'est pas obligatoire, précise Québec: la levée de boucliers prend de l'ampleur

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La grogne concernant le brossage des dents quotidien à l’école prend de l’ampleur alors que des représentants des parents considèrent aussi que cette pratique n’a pas sa place dans le réseau scolaire. Or les écoles ne sont pas obligées d’implanter cette pratique même si elle est recommandée par la Santé publique, précise Québec.  

• À lire aussi: En pleine pénurie de personnel, des profs et des éducatrices superviseront le brossage des dents

Le Journal rapportait jeudi qu’un programme de «brossage supervisé des dents» élaboré par le ministère de la Santé commence à se mettre en branle dans certaines régions du Québec. 

Selon les directives gouvernementales, les enseignantes de la maternelle superviseront le brossage des dents de leurs élèves chaque jour, pendant au moins deux minutes, alors que les éducatrices devront faire la même chose avec les élèves qui fréquentent le service de garde. 

En pleine pénurie de personnel, des syndicats et des directions d’école s’opposent à cette nouvelle mesure, tout comme les représentants des parents. 

«Je ne pense pas que ce soit le rôle de l’école. C’est important, le brossage des dents, mais je pense que c’est une responsabilité qui appartient aux parents», affirme Kévin Roy, président de la Fédération des comités de parents du Québec. 

Le son de cloche est le même du côté du Regroupement des comités de parents autonomes du Québec. «J’ai été abasourdi. C’est quoi cette idée?» lance son porte-parole, Sylvain Martel. 

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«Il y a quelque chose de très malsain dans le fait de favoriser la déresponsabilisation des parents. À un moment donné, il faut que tu fasses ta job de parent. On ne peut pas tout garrocher à l’école», dit-il. 

Plutôt que de vouloir implanter un programme quotidien de brossage supervisé des dents sur les bancs d’école, les autorités de santé publique devraient faire davantage d’efforts pour sensibiliser les parents à l’importance du brossage des dents à la maison, ajoute M. Martel. «On dirait qu’ils s’attaquent aux symptômes plutôt qu’à la cause», laisse-t-il tomber. 

Les critiques sont aussi venues jeudi de partis d’opposition à l’Assemblée nationale. «C’est un excellent exemple [qui démontre] que les ministères ne se parlent pas assez. La priorité en éducation, en ce moment, c’est de s’assurer qu’il y ait assez de personnel et qu’il y ait de l’eau potable dans chacun des points d’eau de chaque école, bien avant de rajouter le brossage des dents», a affirmé la députée solidaire Christine Labrie. 

La députée solidaire Christine Labrie
Photo d'archives, AGENCE QMI
La députée solidaire Christine Labrie

Sur une base «volontaire»

Au cabinet du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, on précise que ce programme a été élaboré en 2017 et que son implantation se fait sur une base graduelle, «mais surtout volontaire». 

«Il appartient aux équipes-écoles de choisir ou non d’y participer. L’objectif est de sensibiliser et de favoriser une bonne hygiène dentaire chez nos jeunes. On veut prévenir au lieu de guérir», a précisé son attachée de presse, Audrey Noiseux. 

Dans le réseau scolaire, des éducatrices et enseignantes ont entendu parler pour la première fois de ce programme il y a quelques jours, notamment dans les régions des Laurentides et de la Capitale-Nationale, où les autorités régionales de santé publique veulent l’introduire cette année dans le réseau scolaire.  

À la Fédération autonome de l’enseignement, on considère aussi que son implantation est tout à fait irréaliste, surtout considérant la lourdeur du programme, qui est détaillé dans un document de 46 pages. 

«C’est la première fois que l’on entendait parler de ce programme, et ça nous a sidérés de voir que c’est sur une tablette depuis 2017. Ça aurait dû y rester d’ailleurs», laisse tomber sa présidente, Mélanie Hubert. 

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